‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 133 sur 198 · LIVRE Vil (1624—1565). â9i · texte numérisé non relu

LIVRE Vil (1624—1565). â9i

rouge sur la manche droite de sa robe. Du reste, les inquisiteurs nommés en 1524 n'avaient pas attendu la promulgation du nouveau placard pour déployer leur zèle contre les hérétiques. A cet égard, Tinquisiteur Coppin se signala particulièrement; car, en la seule année 1527, plus de soixante personnes furent, pour cause de religion, traduites en justice à Bruxelles, et condamnées les unes à la mort, les autres à faire pénitence ^.

Les doctrines anarchiques préchées par les anabaptistes et les excès auxquels se portèrent ces fanatiques , allaient provoquer un redoublement de sévérité de la part de Charles-Quint. Le défenseur de la foi catholique devait naturellement avoir à cœur d'extirper , par tous les moyens, des doctrines que les luthériens eux-mêmes qualifiaient d'horribles ; il devait se montrer impitoyable à l'égard de ceux qui se révoltaient tout à la fois et contre la société et contre l'Église. Mais avant de rappeler les mesures spécialds qui furent dirigées contre les anabaptistes, il convient d'indiquer succinctement Tappui qu'ils trouvèrent et les désordres qu'ils commirent dans les Pays-Bas.

Si ces provinces n'avaient pas produit Nicolas Storck et Thomas Muntzer, les premiers chefs des niveleurs du xvi* siècle; si Conrad Grebel et Félix Mans, qui dès 1592 introduisirent les ckctrines radicales dans la 8uisse , n'appartenaient pas non plus aux rives de l'Escaut et du Zuyderzée , une large part cependant revenait à ces contrées dans la formation et les progrès des anabaptistes. David George, de Delft ; Jean Mathieu ou Mathysson, de Harlem ; enfin Jean Buchold , de Leyde, celui qui fonda le royaume de Munster, exercèrent incontestablement une influence puiaaanle sur les masses en prenant la direction d'une propagande qui embrassait la Suisse, l'Allemagne et les Pays-Bas. D'un

' HomRus , Mémorial , chap. IX, § 81. — Memorieboek der slad Gheut (publié par la société des bibliophiles flamands), p. 75.

LES PAVS-RAS SOCS FHI LIPIDE li*

pendus, ou noyés, ou roués et brûlés tout vifs. H rcstilte encore du icmoignage des écrivains catholiques que ia pEupart allaîotîl au siippfioe et oiouraîcnt avec une oonsLaTice, qu on ne poavaîi pas s'eni pécher de regarder avec admiration. Beaucoup âBSei passaient d'un lieu à un autre pour évitar lo supplice; mafa souvent ils étaient arrêtés au passagn, et lorsqu'on leur demandait où ils allaient, ib répondaiait : « Vers le pays que Dieu nous >< montrera, et où il veut nous conduire. »* Le 10 mai 1535, une secofidê attaque fut tentée contre Amsterdain et faillit réus* sir. Elle était dirigée par un homme aussi astueieui que vaillant, Jean Van Geelen, nommé général des anabaptistes de tfollande par le prff'tendu roi de Munster. Les anabaptistes s'emparèrent de rhôlel de ville et s'y défendirent jusqu au lendemain contre les bourgeois, qui s'étaient armés. Déj^ Jean Vun Geelen s'attendait h devenir maître de la cité lorsqu'on amena quelque pièces do canon, qui brisèrent les portes de lo maison communale. Les î5ectaîres furent repoussï^ jusqu'au fond derhôtel, puis arque* h usés de tous cètés par les bourgeois qui^ è Laide d'échelles, étaient entrés par les fenêtres. Jean Van Geelen, retiré au haut ile la tour, se montra aux assaillants et fut tué d un coup de mousquet. Ceu% qui tombèrent vivants entre les mains das Ixïurgeoîs eurent à subir une mort plus cruelle. On las étendit sur des bancs de bouchers, on leur arracha le cœur, puis on les écartela. Jean Van Kampen, que les anakiptisles a%^aienl établi évéquc d'Amsterdam, nia, maign* la torture â laquelle il fut soumis, qu'il eût eu aucune part à la rébellion. Ce|jendant on I exposa h la vue du peu[tlo avec une mitre sur la téte^ puis on lui coupa la langue, le poing et la tèiep et Ton brûla son corps K La sédition des anabaf^tisles d'Amsterdam et les sauvages doo-

¥^ * Hiëioirf^ 'frh' nnahaptUtta, parkï P. lUmoi', fmasim.; Biunct, H^péfr

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