LIVRE VII (i
trioes mises en pratique à Munster par JeaD de Leyde portèrent au comble l'irritation de Charles-Quint contre ces sectaires. On peut dire qu'il ordonna leur extermination par l'édit général qu'il publia contre eux le 10 juin 1535, quelques jours après la prise de Munster. L'empereur établissait, comme règle, que tous les anabaptistes, kurs adhérents ou complices encourraient la fourfaicture de corps et de biens et seraient vpués au dernier supplice, sans rémission. Devaient être condamnés au feu ceux qui s'obstineraient dans leurs erreurs, qui les auraient propagées, qui auraient rebaptisé, qui auraient pris le nom d'apôtres, de prophètes ou d'évéques; ne devaient pas être exempts delà mort ceux même qui, après avoir été rebaptisés ou avoir donné asile aux anabaptistes, auraient renoncé à leurs erreurs et manifesté un vrai repentir : mais, en ce cas, la décapitation serait réservée comme une faveur pour les hommes et le supplice de la fosse pour les femmes. Il était expressément enjoint à tous les sujets de dénoncer les anabaptistes, sous peine d'être punis comme leurs complices ; le dénonciateur avait droit au tiers de la somme à provenir de la confiscation des biens des accusés. £nûn , défense était faite, sous peine de correction arbitraire, de poursuivre ou de solliciter aucune grâce, pardon ou rémission pour les anabaptistes, attendu que l'empereur déclarait ne point vouloir les recevoir en grâce ».
Lorsque, en 1531, £harles-Quint eut appelé d'Allemagne sa sœur Marie d'Autriche, reine douairière de Hongrie, pour lui confier le gouvernement des Pays-Bas, il ne laissa aucun doute sur sa résolution immuable de continuer, par le fer et par le feu, l'extirpation de 1 hérésie. La reine, qui s'était paguère entretenue des nouvelles sectes avec son frère, avait laissé entrevoir la crainte que sa propre orthodoxie ne fût suspectée. « Si j'avais à cet
1 Voir le texte de cet ôdit, dans les Placards de Flandre,
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égard le moindre sou|>i?on, lui écrivit l'empereur, non-seulement jenc voua confierais point le gouvernement des Fiiys-Bas, mais je ne sais si je saurais ou pourrais encore vous aimer duo umour fraterneL '> Il avait donc pleine conOance en elle, maisJ non, disoit-ij^ en ses serviteurs, qu1l l'engageait, au surplus, ki laisser en Allemagne. « Là, poursuivait-il, on souffre et on Uenll jjour léger ce qui parait fort grave dans les Pays-Bas et ce qu'oa^ ne peut y souffrir : les nouvelles doctrines n y ont été extirp*^ ou contenues qu'à force de châtiments. Or, si^ d'aventure, vous y ameniez des gens infectés d'hérésie et que Ton suspendit lesj punitions, vous auriez toute la responsabilité '> *«
Loin d'être suspendue, la répression de J'hérésie continua sans relâche, et provoqua, de i 534 à 1550, des édits tout aussi sévères, tout aussi cruels, que les [premiers.
Les dispositions du placard du \ 4 octohje 1529 furent d'abord confirmées par Tédit promulgué le 7 octobre 1531, avec le consentement des états généraux et de Tavis de tous les conseils des Pays-Bas '. On y ajouta la défense absolue d'écrire et d*im primer, ou de faire écrire et d'imprimer aucun nouveau livre, sans en avoir obtenu des lettres de permission et en outre l'autorisa* tlon de l'ordinaire, sil s'agissait do matières ecclésiastiqttes, « sous peine d'être mis au pilori et marqué d'un fer chaud sous V forme de croix si profondément qu'on ne pourrait plus en effa- *« cer la marque, ou bien d avoir un oeil crevé et une tuaio M coupée, à la discrélion du juge, qui devait faire eitécuter la « sentence sans délai et sans miséricorde. »
Un édît spécial du 17 février 1535 eut en vue les religiouï apostats et fugitifs : il était ordonné de les oppréheoder et ih
^ Cetto lettre eai insérée dans les AtmkcUs beigiqms, p, 381 ^ — Voir, IM) surplus, tiolte Vie di* Marie ût^ fiongnû, cliùp. 4«^ ^ Hofpçnvs, l0€. ett.f - Conrspondançi de Phitippe il, t. IL p- ul