‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 139 sur 198 · LIVRE Vil (1521- 15C · texte numérisé non relu

LIVRE Vil (1521- 15C

extrêmement restreinte, car elle ne consistait qu'à pouvoir librement quitter le pays où un autre culte était dominant. En règle générale , c'était le sentiment de la plupart des princes qa*une seule république ne doit avoir qu'une seule religion, comme un seul corps ne doit avoir qu'une seule àme '.

La liberté d'examen et la tolérance n'existaient encore que dans les écrits ou dans les vœux de quelques penseurs éminents, tels qu'Érasme, et plus tard, le chancelier de l'Hospital. Mais ces précurseurs de la tolérance politique formaient une infime minorité. Un des hommes les plus célèbres du xvi* siècle, Thomas Biorus écrivait : « Le supplice du feu infligé aux hérétiques est « légitime, nécessaire, juste, conforme aux intérêts et aux droits « d'une sage et prévoyante politique. » Paroles barbares et imprudentes, opposées plus tard à leur auteur lorsqu'il fut lui-même condamné à mourir sur l'échafaud !

Si l'on considère uniquement les faits, il faut bien reconnaître que les réformateurs religieux n'étaient pas moins exclusifs que les catholiques. Luther n'avait-il pas fondé sa doctrine sur une prédestination providentielle ? Et Calvin, outrant encore le dogme de la grâce, ne l'exagéra-t-il point jusqu'à une sorte de fatalisme? Ainsi, la liberté d'examen était répudiée et par les luthériens et par les calvinistes. Quant à la tolérance, on verra tout à l'heure comment Calvin la pratiquait. Luther, en proclamant que le Saint-Esprit supposait à ce quon brûlât les hérétiques, avait protesté, à la vérité, contre les doctrines des conciles, si menaçantes pour lui-même; mais comment se comportèrent les luthériens à l'égard des anabaptistes? Un seul témoignage sulBra, celui d'Érasme. « Ils soutiennent, disait-il des magistrats de

I Cesl aijisi que la conduite de Cbai las -Quint est expliquée par des écrivains protestants. — Voir Grotws, lib. 1, et Gboen VA^ Piumstuer,

Archives delà maison d'Orange-Nassau, t. l'r, p. igR.

LEb PAts-BA^ ^ôus rniLirrE ri*

Zurich, qu'on ne (loiL pas punir de mort lea hérèliqucs , et, cqKîadant, ils fout mourir les tinabaplbtes. i*

La pîipauto donnait à Honte I exemple du ne répressioa violeD de ïliérésie, et Jos smiYcrains catholiques smvaient son taipulâiôn, Fnmçois 1^^ lultart de sévérité avec ChaHes-Quiot. Ua coaiempoTtun affirme qu il faisait d'abord brûler tous ceux qui Liaient convaincus d'hérésie ^ pub, ayant appris qu'en Flandre on ne fes cotidamndil pas tous indistinctement à ce supplicu, il | fonsentil à réserver le feu pour Jes sacra mentaires seulement K Les progrès des cidvinistes, en qui il voyait tout autant des ennemis de la monarchie absolue que de la foi cathodique, le portèrent ensuite à multiplier les condamnations et les supplia*^. n I emporl^îi certainement sur son rival lorsque, dans la grande salie d(* l evéché de Paris, il déclarait au parlement, au clergé et à la noblesse que, pour conserver le surnom de roi très-chrétien, il ïfacrilierail lui-même ses enfants s il les savait Infecté» du venin de l'hérésie. *« Quant à moy, qui suis vo6tre ray, disait-il, si je « sçavois l'un de mes mcmbrea maculé ou infecté de ce détcs^j » table erreur, aon-seii hument vous le baillerois à couper, maisll L davantage si j'apercevois aucun de mes enfants eut^ichés, p \f « voudrois moy mesrae sacrifier ', »

" Relation de Marîiio GiiKstinfanô (*53îj}.

* Histoire de la vie, dcê ouvrages et des doctrines de Cahnn, par Auront rliap. VIL -* • Ce jour même ou le lendemiiin, dit cet hMorieD, cm drc^a?a flans Pétris des bûchers où [iiontèronl en chanlaEit Barlbelemy Klito, cot' tkmnier , Nicolas Vaîeloii , Jehan de Bourg , revendeur , Heu ri Poilk * iiiij^^oQ. ÉlteDfiediî laFtirge, tnarclMind. n - Voirsussii^ dans R^inmc (l/iWitnriï df France, t. h*, p. 147), le récit de Texéculion de l^uis de Berqtiin ' Déjà, dit- il atlleuri, sous ce prince, ro^ de la civifisation, et qui metlail F^on bODoeur à œ que le song de ^es stujeb ne fût pas rép;indu, on en vint ;i d'afîreuscs cxécutiona, dans lesquelles de» rom m unes entîèi-es d# Vaudoi^" innorenls furent f^gorgés.,,».. »

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