LIVRE Vin (1560). 3il
pas de suite. Le landgrave de Hesse s'opposa tout à coup au mariage de sa petite-fille, sous prétexte que le prince d'Orange, encore papiste, entendait la messe et que sa conduite privée n'était pas exempte de blâme ■ . Mais le motif réel de son opposition dénotait moins de rigorisme : il était blessé que le prince n'eât pas accepté la main d'une de ses propres filles, bien qu'il eût autorisé celle-ci à embrasser la foi catholique. Quand, ponir vaincre son opposition , le duc de Saxe lui rappelait cette dernière circonstance, Philippe le Magnanime répondait qu'une considération semblable ne devait pas arrêter un père qui avait plusieurs allés, pa^oe qu'alors on cherchait à les établir le mieux qu'on pouvait , mais que la fille unique d'un électeur ne devait recevoir la loi de personne *.
Tout en attendant avec la plus vive impatience une réponse du roi, le prince s'était rendu en Allemagne (k>ur régler les affaires de la succession de son père. A son retour, il eut connaissance d'une nouvelle lettre dilatoire de Philippe II : le roi se bornait à dire qu'il n'avait aucune réponse à lui faire, dans la persuasion qu'il |)*était déjà plus question de cette alliance. Mais, objecta Guîllaome, les négociations sont aussi actives que jamais; seulement, avant de rien conclure, je veux absolument savoir des parents de la jeune princesse quelles sont ses intentions au sujet
< Le landgrave faisait sans doulc allusion à Justin de Nassau, fils naturel de Guillaume, né en 4559. Sa mère était Eve Eliver, marié^plus tard ai» secrétaire de la ville de Hul^t. Justin de Nassau devint gouverneur deBreda et amiral de Zélande.
' En faisant connattro au roi les moti(s véritables de l'opposition du landgrave de Uesse , Granvelle ne perdit pas cette occasion de rabaisser les chefs du protestantisme. • II est facile de voir, disait-il, quel fond Ton peut • faire sur les convictions religieuses des princes d'Allemagne, guidés uni- <* quement par Tintérét et l'ambition. Ea matière de foi , ils ne croient « véritablement presque à rien. » Papiers d'État, t. VI, p. 199.
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fie la religion \ BÎDntét Je priooe fil urï secocuj voyage c*fi Allénuigne pour a*?sistcr aux nr^m du comte Gimthêr de SchwarUhjurg avec sa sœur, Gatheriue de Nassi^o. Ces ooces lurenll
liHébrées t© 48 iiuvembro en présente d'un grand nombrc^do] gentilBhotntïies des FVij s-Bas.
Qiiolfliio temps auparavant » P}iUi{)pa i*vait dûtiae, ityrts ii tx>iitïi?-rœur cL avec tuuie sorte dti roLioeiiees, lautoriâation si impalipniTnent altendifi' il avait écrit à Granvdle le 5 octobre
'tu Uans Tune de vm dernières lettres, vous seoibltes ispérerqae
'h ie mariage du prtnee d Orange n'aurait ptis di! suite. &taprès u cette pensoe, et voyant qu'on ne tn éenvait plus rien but octte •t alliance » je oonsidérui comme certain que lo projet en avait u été abandonné , ce qui me causait un plaisir bien sensible 1* car m serait eflfectivement le metlleur et ce que je déairerats
" u le plus, Mais midiitc^nant qu» l'afTaire parait décidée, je ne sak m pins qa'erï dire ^ et ne vois rien de mieux pour f instant que it de m'en remettra! à ma soeur, qui, p«ijr être plus au courant N« de ce qui se ni^oeie à ce sujet , verra mieux le jiiirti qui reste
i.4« i prendre, et s'il est imcore quelque chance de s'y opposc^r avec « sucf es, l>ans te cas ex^n traire , il faudra bien donut*r i au ton- ^ siilîon demandée (ïour ce mariage- mais s il y avait moyen de i^ i empêcher, il ne fat»drait j^as hésiter a s'en prévaloir ; car je *i no puis concevoir que le prince d^Orangc songe à épouser la H ftlle d'un homme qui s'est conduit à logard de renî[»ereur,
, il mou pèrCj comme Tu f^iit le duc Maurice '. <i Bu ré}H>ndant Hu T^i, Granvelte convenait que le mariage du prince ôtaîl une ehos^e bien fâcheuse; maiB, ajoutait-il, il y aurait autant dincon*
' Venîcnts'È refuser l'autorisation qu'à raccorder. Le but essentiel •iu prime dans cette alliance était l avancement de la maisnn de
' Pmpwn frÉfal, i. Vt, |>, \m
■^ ih , t. VI, p nn.