LIVRE VIII
franchise à 1 égard du roi, de la gouvernante et de Granveile. Qui aurait pu douter de son orthodoxie ? Il affectait de pratiquer publiquement le catholicisme ; et à cette époque même, il faisait publier dans la principauté d'Orange de nouveaux édits , plus sévères , contre les hérétiques : il informait le pape qu'il avait d^noé ordre de punir de proscription et de confiscation des biens tous ceux qui enseignaient contre la doctrine catholique '. Cependant Granvdie n'était pas entièrement rassuré quant aux conséquences du mariage, alors irrévocablement décidé. « Dieu, disait-il, en tirera peut-être quelque avantage pour son service ; mais s'il ne faisait pas un tel miracle, je crois bien que , au lieu de relever Téelat de sa maison (but auquel il prétend viser exclu* sivement), le prince ne se voie plus tard plongé dans de graves embarras , ainsi qu'on le iui a souvent et amplement donné à entendre '. » Ces paroles étaient prophétiques.
Le 43 juin, Guillaume de Nassau informa Philippe II que ses iieces seraient célébrées à Leipzig le d5 août, et il le priait d'y envoyer quelque personnage de sa part afin de faire connaître aux priooes et seigneurs, qui seraient là en grand nombre, que le roi d'Espagne lui était un bon maître. Philippe H répondit, le 28 juillet, qu'il accueillait favorablement cette demande ; et, en effet, il chargea la gouvernante des Pays-Bas de désigner un chevalier de l'ordre de la Toison d'or pour assister aux noces du prince d'Orange et présenter à l'épousée , de la part du roi , une bague de 3,000 écus. Marguerite choisit Floris de Montmorency, baron de Hontigny, qui eut aussi la commission de remettre à la princesse un collier de perles de la part de la r^cnte des Pays- Bas. Guillaume aurait voulu se foire accompagner de tous les
» Archives de la maison d'Oranye, t. !•', pp. 93- H 8. ' Lettre de Granveile au roi, du <2 juillet 1861, dans les Papiers d'État, t. VI, p. 333.
Ll^S rÂYâ-PAS SQV^ ^HlLiin'a IL
gouverneurs, ses collègues, mais la dtiohessc tj^ Porm^sy op- [josa^ préiexLorU ies besuins du pays el la siiuatjQQ dt; la Frîiiicç'. Le iirinœ éUli, m surplus, chargé d'unu mi^Ioii dipîomalir j que i il devait tenir noie de^ dispûsitions que les prioces tlâ j TEmpira feraient paraître conceruaut Ja dignité de roi des Ho^ mauis, toujours désirée pr Philippe 11 \ si on niellait eo avaai MuKimilien d'Autriche ^ roi de Bohéma, il devait pourtant s& gurder de combattre sa candidature, afin de uo pas laisser 60Ui>- ^wuier qu il y eût mésinteïligeoce antre \e$ ûmx branches de la maison d'Autriche^.
Au jour fixé, ccst-à-dire le âa aeât , le mariage de Guillaitiiit' de Nassau et d'Anne de Saxe fut célébré solenoellemcat duos ï'fglise de Saint-Nicolas de Leipzig, et les fêtes se prolongèrent pemliint huit jours à l'hdtel de ville. L'électeur Auguste était U'nu avec tout(î sa c<iur et plue tle quinze cenls che%'aujL: k prJnotï d'Orange avec une nombreuse suite de noUes des Pays- Baf4 et du comté de Nassau et plus de mille clievsuaL. Le nombre des invites s élevait à plus de cinq mille : on y remarquiiît dix-S6[)t princes parmi lesquels le roi de Daneuiark, les électeurs du Br^jridebourg et dé Cologne, les ducs de Brunswiei et de Clèves. Le landgrave de liesse avait demandé qu wi m linvitàt ni lui ni ses fds; caperHlant il no tarda point k ^ railnij* eir, et il envoyai uoe chaino d or à la princesse '. Pendant les ^îi*reuionies du nuuiage, le prince avait gardé la même réserve
lilillt, *- Elle écrivit notâtnmontau cotnte d'Arenberg» qui lui avuii mulult'sk! fialcnlJOli d'accompagmir le prioco d'Orango^ qu'dJe &v*ut ré&oùj de ne douuer cougé à aucun des gouvemeunst si ce n'étitit npi^ avoir prO- \enu le roi et entendu «^on bon plaisir. DocumentM historiques, U XI [Arcrh*ves dvi 1 Élaty.
' Afçhiii^s t(i' t<^ mmatm rlOiia<tiqrt^ t. k^, p, ilJ.
' th , l \'f, p, 1*5,
uvR£ viu (i5$l). 547
quant à ses sentiments religieux. L'électeur de Saxe, sans doute pour donner quelque satisfaction à ses coreligionnaires , avait fait proposer au prince, lorsque Tépousée fut couchée publiquement près de lui, selon la coutufloe du pays, qu'il trouvât bon qu'elle continuât Texercice de la confession augustane» Mais GuiUaame répliqua d'une manière évasive qu'il agirait de sorte k pouvoir répondre à Dieu et au moode ' .
Le 48 octobre, la duchesse de Parme informa le ro4 que Guillaume de Nassau était revenu d'Allemagne avec la princesse, sa compagne ; et que, suivant sa promesse, il avait veillé à ce qu'elle lui fût délivrée sans la maison qu'on lui avait formée dans son pays. Un grand nombrç de seigneurs étaient ailés visiter le prince d'Orange à Breda ; ils mandèrent à la gouvernante que déjà la princesse entendait tous les jours la messe, et que,, suivant toute apparence, elle vivrait dans la religion catholique, dont te prince s'était toujours montré si grand observateur v Peut-être Guillaume de Nassau ne se scntait-il alors qu'une iodiflérence profonde en matière de religion, bien qu'il ne fût point partisan des rigueurs que l'on déployait contre les dissidents ; peuU-étre aussi, suivant la remarque d'un de ses apologistes, téchait-il d'être bion avec tous les partis, vivant en catholique romain, accueillant les protestants, montrant, selon tes cii'con- «tanoes^ du zèle pour TÉglise romaine et de la commisération .pour les hérétiques ^
La prophétie de Granvelle devait d'ailleurs s'accomplir : lo mariage de Guillaunoe de Nassau avec Anne de Saxe ne fut pas heureux ; la conduite de la princesse, d'abord étrange, finit pai
' Lettre de Lazare de Schwendy à la duchesse de Parme, datée de Dresde, le 43 septembre 4561, dans la Correspotniance de GuUlaume U Taciturne, t. IL p. 377.
" Correspondance de Mat^uerile de Parme, p. 287.
» Archives de la maison d'Orange, t. I«% prolégomènes, p. 203.
5i8 LES PAYS-BAS SOUS PHILIPPE 11.
devenir coupable. L*accord ne régna pas longtemps entre les époux. Anne de Saxe se noontrait mélancolique et bizarre, tandis que, de son côté, le prince, malgré ses préoccupations politiques, menait cette vie bruyante et dissipée, qui était alors dans les mœurs de la haute noblesse ^
Pendant que le prince d'Orange se trouvait en Allemagne, le comte d'Egmont s'était enfin résolu à envoyer à Madrid, par un courrier exprès, la lettre secrète du 83 juillet. Il Tadressa au conseiller d'État Francisco Erasso, ennemi irréconciliable de (iranveile, le priant de remettre lui-même ceiie réclamation ao roi et de rassurer, de sa part et de celle du prince d'Orange, qu'aucune passion particulière n'avait déterminé leur démarche, et qu'ils n'y avaient été portés que par leur zèle pour le Bervice du souverain. Erasso s'acquitta ponctuellement de la commts^n dont on le chargeait, et remit lui-même au roi la lettre des deux seigneurs. Philippe la lut en sa présence avec beaucoup d'attention, et y fit aussitôt, c'est-à-dire le 29 septembre, une réponse bienveillante, mais vague. Il ne doutait pas que ce ne fût leor zèle pour son service, qui les avait déterminés à lui écrire, et il les en remerciait. Le comte de Homes, devant partir prochainement pour les Pays-Bas, leur transmettrait la résolution qu'il croirait devoir prendre sur l'objet de leurs plaintes. En attendant, il leur recommandait la bonne administration des provinces confiées à leurs soins, et il les chargeait surtout de veiller au maintien de h religion et au châtiment de ceux qui agissaient contre elle. Il n'y avait rien, disait-il, en quoi ils pussent lui faire un plus grand plaisir.
* Anne de Saxe était quelquefois quinze jours sans vouloir sortir de sa chambre et voir compagnie; pendant le jour, ses fenêtres restaient fermées et elle ne souffrait d'autre lumière que de la chandelle. Ces faits, qui se rapportent aux années 1564 et 1565, sont consignés dans les Archives 'le In maison i'Oraiig^, t. l«"^ pp. 257 et 386
LivM VIII (1561). 319
En donnant avis de cette réponse au comte d'Egnoont» Erasso llnforma en outre, que le roi écrirait de sa main à la duchesse de Parme afin qu'elle poun ût à Tobjet de leurs plaintes. Il croyait toutefois que Granvelle s'efforcerait d'y mettre empêchement; car son caractère, disait-il, avait toujours été de prétendre que tout lui fût soumis et de vouloir être le monarque du monde. Il rengageait néanmoins à entretenir de bons rapports avec le cardinal, dans l'intérêt du service du roi. Par une seconde lettre du 45 octobre, il annonça aux deux seigneurs que le comte de Bornes était porteur de la résolution du roi, écrite de la maio de Sa Majesté, sur l'objet de leurs représentations ; elle était conçue de lelle mamëre, disait-il, que les affaires se traiteront à l'avenir tout différemment que par le passé K
Le comte de Hornea ne tarda point, en effet, de rêveur à Bruxelles; le roi lui avait conféré la dignité de conseiller d'$tat des Pays-Bas, et il siégea pour la première fois, en cette qualité, le 6 novembre. Granvelle n'avait pas vu d*un œil favorable te retour de ce personnage, de cet ami du prince d'Orange et du comte d'Egmont ; Timpatience avec laquelle l'attendait un grand nombre de seigneurs lui avait semblé suspecte ; il n'ignorait pa^^ non plus que le comte de Homes s'était exprimé dans un sens très-défavorable aux nouveaux évêchés» Les dénonciations que Granvelle lui avait adressées itérativement contre Homes * déterminèrent Philippe II à donner de sérieux avertissements h ce seigneur, et à lui exprimer son expresse volonté au sujet de la religion et de la réorganisation ecclésiastique. Il lui avait aussi refM'ocbé, avec une extrême irritation, son inimitié injustifiable contre Granvelle et lui avait prescrit de mettre plus de réserve
> Correspondance de Philippe II, t. I", pp. 495-498. * Lettres de Granvelle au roi, du 42 juillet et du 18 octobre 4561, dans les Papiers d'État, t. VI, pp. 334 et 386.
mi
tm TAYS-OiS SOtlS l^ilUrPE II.
diinssa conduite et dans ses paroles*. Le corn le , eiia>re mm] rimpreesïoii de la colère de Pliilippe II, ^ surveilla davantage, ; D'après te témoignage do Granvel le lui-même, ij s'exprima tt, eâ 1 pubHc^ de \a manière la plus conveaable sur les affaires ; il avait | l»arfiîitement reni|ili les intentions du roi, tant au sujet de ia religion que des nouveaux sièges épiscopaux, soit en présence â^ \a duchesse de Parme^ soildans ses entretiens avec les membres du eonseif d*État*. Mais cette coopération apparente au% fiesseins de Philipfïe 11 cacliail une profonde irri talion ; au fond, le comte de llnr nos était revenu ulcéré contre Granvelle, qu il accusait d'avoir usé de son influence à Madrid pour Tabreuver do dégoûtai H M imputftit aussi le tort qui lui était fait par h
* Philippe IJ t>cHvaU à Gran'veHe, le H novembre 4564 . * .,..* fl ert vrai M que M. de Homes a témoigné du méconleoUimeot peudani qç^lquis « joursi nmî^ ce nimee esi dissipé, à ce que j'ai apprïa, et il s*eii «^( » retour né satisfaît. j*espère mèm*? q\ï\\ me rendra dans le^ Paj^s-te •^ toutes sortes de bons services, s'il n*ùublip pns ce qii*iï m*n promis, prin- « cipalement en ce qui eonceme la religion et les nouveaux évèchés : Je f> lui ni parlé à ce sujet d'une manïeri^ bien formelle, et II iii*a parti eûm- " prendre porfaitement raffaire. « Papièrg d'État, t. VI, p. H9* — Oti trouve ûtllours des di^tailâ eattrêmemeot intéreaàaDlssur la doralère aa^ ^liencc accordi^ i)At Philippe 11 au comte de Homes. Cm détails, roftl^ d^abordjs gorets, furent révélés, en «564, au cardmal de GraDvçJte et à ses amis, par le secrétaire Bave qui tes topait dç son ne^eu Candiano, au service du roi d'Espagne. Philippe lï, en très-grande colère, aurait dit sa comte de Hornes : « Quoy, malheureux* Vous vous plaignes totts de c«4 bommè', et n^jf a personne, quoi que Je demande, qui m*en soch« dire In c-Quse! i^ £t se monta tant S. M,, que lodit seigneur de Homes sortu m étonné et changé de couleur que a peine i^avort-il trouver le ctiecntu pour sortir ; ce qu'il a bien caché par deçà, k Le secrétaire Bave et le prévût Morillon h Granvelle, U et 19 octobre 4564, dans les Papiers d'État, l. VIII, pp. 1Î3 etU3,
* Lettre de Granvelle au roi, du 1& décembre i5Q\ , ûam J<^ Fafjft'n iI'Éiat,\. VI, p. 453. -' •m
u\nt VIII (4561). 551
suppression du traitement annuel de trois mille écus d'or qu'il tenait du roi '.
Après le retour du comte de Homes, la duchesse de Parme, obétesant à un ordre du roi, assura le prince d'Orange et le comte d'Egmont que rien ne serait plus désormais soustrait à leur connaissance. Mais ils ne furent pas longtemps sans s'apercevoir que les choses continuaient comme par le passé. Nicolas de Courtewille, Ton des secrétaires du roi, avait quitté Madrid vers la même époqfnë que le comte de Homes, avec une rtiission secrète relative atox affaires de France ; et il lui avait été expressément recomttiandé par Philippe II de ne communiquer les points prhicipaux de cette mission qu*à ta duchesse de Parme, au cardinal dé GranveHe et au préaident Viglius. A eux seuls il devait feiire osnimltre tes liaisons du roi avec les €uises et Tintention oii il^écail de cheix^her à marier la reine d'Ecosse, leur nièce, avec «fi prifitié de la mcason d'Autriche afln de faire réussir les prétetittoés- dé Marie Stuart sur l'Angleterre ; eux seuls aussi devaient d<)ftner un avis sur les personnages-qu'ii faudrait employer IM><eas de guerre dans Fintérét des catholiques français. On devait se contenter d'entretenir, encore avec une oertaîtié réserve, les seigneurs du conseil des besoins financiers de l'Espagne et des autres ÈLais de Philippe II ' .
La duchesse de Parme n*eut garde d'enfreindre ces recommandations. Du reste, elle pouvait allouer que lé roi n'avait pas réroqué Finitmction sécrète- qu'il avait laissée, ^ quittant les P&y9-Bas, et par laquelle îMuî avait priescrit décrie consulter.
' Voir la Déduction de tinnocence du comte de Horneê; p. 73 à 76. — Le comte aitrlLuait cette animosité au refus de donner sa sœur en mariage à Thomas de Ghantonay, frère du cardinal, malgré rinierveniion de plusieurs personnages puissants et même celle de Tempereur.
' Prtpten d'État, t. VI, p. 431 à 443.
nm
mtupn îu
sur la collation des chaires, offices r*l bénéfice*?, que GranvHIe, Bortaymont et Vîgtins • A cetto époque, la durhease de Parme prenait avec éoergie la défense ûe Granvelîc et se montrait pleîtie dirritatum contre les seigneurs dont les doléances lui avalent été communicfuées. w II n'est ni de notre intérêt ni de notre hoiïi M neur, disait-elle au roi, que chacun sache tout ce qui se passeï H et que les nécessitiïs, les dangers et les craintes où je me trouve' *i souvent, soient connus de certaines personnes, qui sûrerapn* *i en feraient usage pour leur profit, au détriment de TÉtat. Kl le eifâlUnt U loyauté de firanvelle vi faisait planer le^ plut] I4rave-s soiipç*ofm sur ses adversaires ■ « Le cardinyl de Granvell^ « disait-eiie, est attaché au service de V. M* et sert I jttat avi H zèle et en toute droiture : je ne puis nVemp^her de lui tout M communiquer, car il est trop éclairé pour ne pas donner de *y bons conseils* Je n'en puis dire autant du prince d'Orange eî Il du comte d'Egraont, car c'est ranibition qui les guide; ils ne *< consultent que leurs intérêts et ne cherchent qu'à aaiiâfaire ii leurs passions et à faire éclater leur haine contre la personne «I dcGranvelle. S'ils savaient les secrets de l'Étal, ils pourraient *< Ben servir pour traverser nos desseins et faire tk^houer le»,^^ '^ aiîaires les plus importantes *. <• ^^M
Un fiut récent avait démontré d'une manièm flagrante la mé^intenigence qui existivit onlre les principaux seigneurs et le c^irdinal de Granvelle* Lorsque celui-ci alla prendre posse^&ion de larchevéché de Malines, le 22 décembre 156!, aucun des grands, aucun des chevaliers de l'ordre de la Toison d'or ne fr trouva dans la ville métropolitaine pour raccueillir. Ils allégaaîenl qu'ils n avaient pas été convoqués, et le cardinal disait, de son
* Notice sur la chute du cardinal de GraiiveUei par Gachai^d, dam ksi fiuHvtiti9 ffe l'Académie roifak de Bfipqut; U XVL
Livut VIII (11i61~J5G2). 563
rôle, qu'il ne les avait pas inviic^s, pour ne ])as s'exposer à un refus*. :
L'état de la France vint augmenter les préoccupations de la gpuv^^nte dos Pays-Bas et réclamer topte la sollicitude de Philippe II ; caTi le roi catholique ne pouvait se diâsimuler la perturbation générale qui résulterait du triomphe des hugueoots français. E& France, oonune partout» les dissidents avaient puisé deftforces nouvelles daos la persécution. A la mort de François l\ trentorirois villes et dix-^sept provinces étaient remplies de réformés; on, IM4, deux a»^ après la naort de Henri 11^ leurs égllsi9$, soitfuWiques» soit particulières, s'élevaient dans tout le royamneà deust miUe cent cinquante» et ils avaient, diu-on, pour euK,. la sixième partie de :1a popufation; Us pouvaient armer deux millions dfbQmmes '. La. irahison ÛL échouer, k conjuration
I Jftfviort'a/dc^oprçRrs, 4r«>pprtie, chiip. !(!•
' " Il n'y a pas do province quj ue sojt infectée, disait dans sa rela-
Ifon'de 4564 ramy)assadèur Giovanni Michieî ; il y en a où )a contagion est rélpBtAftié iti^me dans l^'ciimpagnés, comme la Nofrnandië, là Bretagne pivAq^è entière ', la •Toaniitie ; 4e Poiida, lit Gu1eiin«,*ia Gascogne, une gniiide partie du Languedoc, do DaQ|ibiné. delaProtoDce,.el4e la Gham-^ ps^e^çeqpi fait.jpr^aque les Iroûs, quarts du Toy£|U|i9^. ëd; pi^aûMi epdroit les béréUqpes tien^pt leurp rcuoions f)^',il^ s^pe^iopl, flf^çjTibl^cs, où on lit, OD prêche^ on vit è la manière de Genève, san$ aucun égard pour ]es ministres du roi ni pour ses ordres. Tii contagion s*étend à Coûtes les cli^àet, et'fctiose étrange ! j même aux ecclésiastiques, aui prêtres, aux tMteB, èttxre44j|Mdë«»*, a«1ié ^uveuts presque enttefs, dont peu sont pui% deflfUe ptète; bvçh évêipics, et èibeaucoup des. ptincipaux préJatsv.... Les oob)€6 sont.efirioqt Çfoqlaoàiné^, et notamment qoux dont Tâge ne dépasse pas quarai^to ans. Plusieurs d*entre eux vont toi^ours à la messe , et observent les cérémonies catholiques, mais ce n*est que par peur ; et lorsqu'ils croient pouvbir lé faire sans qu'on le sache, ils renoncent à la messe
par-dé^cTs tout, et Ile évitentles ^'glises autant qu'ils le t)euvenl » Hela-
UùM ûek amitùêàiê^ertrn ^^nilievs . publiées par M N Tommaseo, t. i, p. 443.
L«S l*4VS-B4S SOLUS HIlLlPPe 11.
d' A inboîSÊ dirigée ï>iïr les dî«^fs du prtdeîitanlîsme contre laufurité |*res<|ue absolue des Guises, cH le t)rince de Condt*, Trèm du roi de Navarre, eût sans doute été livré au bourrenu sans h mort presque soudaine du jeune roi, François II. Catherine dt* Médiciss'empîire alors de la rr'^genoej au nom de Charles IX, enfant de dix ans et demi , et, fatiguée elle-même de l'arrog.itilif ( domination des Guises, elle prot^e le prince de Condê ol soi propose, pour assurer son prni*re pouvoir, de tenir I» bj|an€#«j i'*^i\\c entre les deux factions. Mai.s ce dessein trouve un obstacle j inaïtendu dans la coalition qui st* forme cntje le duc de Guise^ ie i^onnétablede Montmorency et le maréchal de Saint-André. L'Ëf^pagne protège ce triumvirat qui se voit égutçment appuyél par Antoine de Bourbon, roi de Navarre D'un caractèi^e faible 6lJ irrésolu, ce dernier s'était laissé séduire par les oiïros insidieuseiJ de Thomas de Chanlonay, ambassadeur de Philippe II, el avail^ atiandonné le parti dont le prince de Condé, son frère, était le chef, i Le massacre des protestants de Vassy, autorisé sinon commandé» l>ur le duc de Guise, donne enfin le signal dt* la guerre civile. I tiatherine de Mtklicis, elTrayée de la puissance croissante di^ I iriumvirs, appelle le prince de Condé à son aide -. le % avril i$ù% \t^ [jrotestants prennent les Brme^ et, en trois senfiaines, îM deviennent maîtres delà moitié des grandes villes du royaume^ La duchesse de Parme jugea nécessaire de prendre des pnl^i cautions pour le cas ou les huguenots français voudraient péno-i ircr dans les Pays-Bas et se joindre à leurs coreLigionoaires, Elit j convoqua , pour le 30 mai , un grand conseil auquel elle appdi j l(^s gouverneurs des provinces et les chevaliers de I ordre de li i Toison dor. Us obéirent à cet appel, car, indépendamment del (Iranvelle et de Viglius, on vit à cette réunion le prince d Orange, I le comte dEgmont, le comte de Homes, le duc d'Arscbolf k marquis de Rt^nty, le marquis de Berghes, tes comtes d'Arenberg^ , de Mansfvld, d'Overembde, de Boussu, de HootïhstraL^en de
Livne Vf II (i56â). 355
Ligne et de Meghem , ainsi que les seigneurs de Berlaymont, de Hachicourt, de Glayon et de Monligny. Viglius, requis par la gouvernante d'exposer l'objet de la convocation , dit qu'il convenait on premier Heu de s'adresser au roi et de solliciter de lui quelques secours, mais qu'il ne serait point sage de mettre toute sa con-fiance en autrui et que , en conséquence, le pays devait s*aider iuMnéme. Le moyen lé plus efficace d'ôter aux voisins l'envie • d'attaquer les Pays-'Bas était d'assurer la solde régulière des (ronpes et le bon entretien de l'artillerie et des fortifications des places frontières; il importait aussi de pourvoir au cas d'invasion soudaine, en tenant en réservé queiques ressources. Comme le concours des mandataires de la nation pouvait seul procurer ce résDitat, Viglius était d'o|)inton que, sans faire du bruit , on remontrât aux états de chaque province, en particulier, les dangers auxquels' le pays pouvait se trouver exposé d'un moment à l'au^^ tre^ qu^n leur rendit compte des démarches que la régente avait faîtes d^è auprès du roi et qu'elle allait renouveler; qu'on leur exprimât le désir, qui l'animait, de les préserver de tout incon* vénient, et la confiance où elle était que les voisins renonceraient à leurs projets d'invasion, s'ils en avaient conçu, du moment oii ils s'apercevraient que le pays était sur ses gardes ; que, on s'appuyant de ces coneidéraliona, en demandât aux -états une aide éventuelle qui resterait entre leurs moins, et dont on ne fenrait usage que dans un besoin pressant. Viglius préférait ce mode de communication avec les provinces à une assemblée des états généraux, cor, suivant; lui, tlonner un tel retentissement à la crainte que l'on avait des François, ce serait les encourager et exciter aussi ceux du pays qui voudraient les imiter '. La duchesse de Parme déclara qu'elle n'avait de sa vie entendu un discours plus éloquent. Cependant l'avis de Viglius ne prévalut
> Gachaiid, Des anciennes assemblées natiottahs tfe la Belgique, § II.