TBE VIII (l5Gâ).. S
duc à la justice, et à aniener Gnalement la sabversion de TÉtat, Pour prévenir les desseins hoBtiles que l'on pou^^ait nourrir contre les Pays»Bas, dont la prospérité avait toujours exdté Tenviode leÉlrs voisins, la gouvernante^ s'appuyant de i'avis des seigneurs, demanda que les états des diveorses provinces nommassent des députés avec pouvoir de lever sor ieut* crédit, le cas de néceastlé arrivant,^ telle Somme qui serait jugée nécessaire. La profiositioD particulière fuie à chaque Réputation indiquait le taux de la somnie que reo attendait de ses commettanits. Les provinces; du moitts la plupart d'entre elles, se conformèrent à la tlemande de la régente ^.< î : . > ,
Cependant: Philippe II» loin d'envoyer des troupes dans les Pays'^S pour les protéger contre la Franccy venait d'ordonûer à lai duchesse de Parme de faire marcher deux mille hommes des bandes d'ordonnance au secours des catholiques français et même de renforcer ce secoura si Catherine de Médicis.et J^s princes de la maison de Guise en exprimaient le désir. La ?goi|vemante, ayant communiqué les dépêches du roi au oonat^ il'État, n'eut pas de peiné à reconnaître qu'elles contrariaif'nl îles sentiments de tout le monde \ Du reste. Granvclle avait* déjà averti Gonçalo Perez que les seigneurs et le peuple des Pays-Bas ne verraient pas de bon œil que l'on secourût les catholiques de France, ni que le roi voulût les entraîner dans une noifvclle guerte, japrës qu'ils avaient tant souffert des luttes |>assées V Le prince d'Oraogq et jle comte d'Egmonl déclarèrent que les bandes d'ordonnance étaient entretenues |ar les provinces danç Tin- (érétdu pays ; partant, quil fallait allendre le consentement des
1 D$s anaenhes a^'iMées ^mt^onai€s, § 11. -, . rSTRiDA* lib. lU. r ! ...
'.Lettre du 42 mai I.Sfiî, dan% J^ Correâfondqncedf PlikUppê ,U,\.l»^, p. W.
LES PiVS-tiS sous PIfflLiPPE 11.
provinces pour les (aire sortir des Pays-Bas, mais que c'était mie affaire de longue rr^solnlian et qu'il y avait danger d'essuyer un refus dans un temps surtout où iï convenait plufAl d'augnienter les forces du pays [*ar des forces étrangères que de ïe dépoudler fî^s siennes. Peut-être avaient-tfs un autre motif. On crorîiil qn'à h sollîcttatîon du prince de Condé qttelques princes protestants d'ANemagne avaient menacé d'attaquer les Pays^Btis, si Ton donnait secours à la maison de <*uise *. Celait \k un bruit qui n'était pas sans fondement et qui s'était répanctu en Franciî et même en It^ilie '. Le prince d'Orange, en s'oppo^nt an départ des bandes d*ordonnanœ. vouîait-îl plutôt favoriser Ic^ huguenots de France, le parti de Condé? Toujours est-il quil fui rendit un service indirect. En r^umê, la duchesse de Pamie ninsista que faiblement sur la demande du roi, suit jjuVIk di^espérât de vaincre la résistance des provinixïs, soit qu'eWi* craignit également et du cèU de l'Allemagne et du côté méuM' des Pays-Bus. Tl est certain que beîiUcou[ï de nobles ou autres, qui inclinaient vers les nouvelles doctrines, suivaient avec une sorte d'anîiiété les mouvements des huguenots; qu'ifs étaieiji comme à liiffùt, eppéraul le succès ^, t.a régente écrivit m
I SiRâDA , Ijb. m.
^ Lettre de Prosper de SiuuLe-Crou, évêqae dWïm et nonce du \^pi' 1 la cour de France, ati cardinal Itorroinée, du iOjuiUel I56i, -^ UMr&iki comte de Scliwûrt?;botirgau priiire d'Orange» dans les Archivée tk ia i ,^n d'Orange-Nttismtt, i. I", p. 158.
^ Granvetifj eu rar» 12 mars I5<ît, dans les Amhhcs dw im li'Omnge-Nmiau, t, I, p. iW.— Dans ooe lettre précédente du (Sdéetffl hre IMl , ég:ilement adressée an rot, GranvcUe s'exprîmail en ce.^ teimcs m r$à sous les yeux certaines gens qui afTectent un enthousiascm? exlraor- « diuairë pour toutceqiit se fait chez nos voisins, le^ élevant jusqu'nut •« nues et nou5i rabaissant dans la même prfîpor lion , ils cherctient à è^mcr • lf*« craintes et mm disent abandonnés de tout le monde Je pitrs m
uvAE Yiii (156^). 359
roi qu'il lui peinait dans l'àme de n'avoir pu exécuter ses ordres; mais que le service même du prince et la conservation des Étals qu'il avait conGés à son gouvernement avaient dû être sa règle. Granvelle disait, de soq cêté, à Gonçato Perez que les Pays-Bas n'étaient pas comme l'Italie et le Milanais , qu'avant d'y envoyer des ordres aussi absolus, il fallait y prendre conseil sur ce qu'il était possible d'exécuter. Il écrivit au roi lui-même que les états ne payeraient pas im maravédis aux bandes d'ordoonance si on voulait envoyer celles-ci en France '. Arrivèrent alors des lettres plus pressantes par lesquelles Philippe II enjoignait à la gouvernante que, sans délibérer davantage, elle envoyât en France les bandes d'ordonnance des Pays-Bas. Kn recevant cette dépêche, la duchesse de Parme se trouva dans la plus grande perplexité, ne doutant pas de l'émotion qu'elle causerait. En effet, l'ayant communiquée au prince d'Orange et au comte d'Egmont ainsi que la copie de la lettre écrite par le roi à son ambassadeur à Vienne , ils s'en montrèrent étonnés et consternés , s'imaginant que tout se faisait pour leur attirer la disgrâce du souverain, puisque l'impossibilité de donner secours au roi de France était notoire, à moins qu'on ne voulût |a perte et la ruine totale des Pays-Bas. La duchesse les engagea à y réfléchir pour que la chose se traitât le jour suivant 4 août au conseil. Ils assistèrent l'un et l'autre à cette séance, quoiqu'ils eussent dit qu'ils n'y viendraient pas. Granvelle, le comte de
• tromper, mais je conBklèro leurs liaisons comme suspectes » Papiers
d'Éiat, t. VI, p. 458.
> Correspondance de l*hUippe 11, t. I. p. 206. — • Il e.Hl impossible, écrivait-il au roi le 46 janvier 4562, de déterminer les gens d'ici à porter secours aux catholique de France : ils craignent d*eatrer par là en guerre
avec les Allemands, et ne le veulent pas On parle avec une telle liberté,
qu'il est à craindre, à tout moment, qu'on ne provoque le soulèvement du peuple r ibûf., p. 199.
560 LES PAYiS-ftAS SOin> PUILiPPE II.
Homes et le président Viglius s y trouvaient aussi. On repit^senta de nouveau les inconvénients qu'entraînerait Tt^xécution des ordres du roi. Oh ajouta que, pour faire marcher les bandes d'ordonnance, il faudrait l'agrément des états^;' que la réunion de ceux-ci eiigehiitau moins âmx mois, et que leur réponse |)ourrait être négative. La duchesse, désespérant de surmonter cette o)>posit«on, erot devoir se rendre aux raisons émises dans le ronsetl. Kilo an)ma toutefois les seigneurs b consentir qu'un secours en nrgont fàt donné au roi do France, au lieu d'un si!Cdurs ffi hoAnmes. Cb-subsidç fut âxié ù lo somniei^e 50,^60 ecus'i
Philippe, en a|>prenani ce qui s'était passé;: fut très-iiiécont«nt fie l'opposition des sctoneursi itiais Hcrbt devoir diàsiomlidrson ressentiment. Adoptant la propésitlun âc lu gouvernante, il résolut d'envoyer au roi de Fran^ un secours de 30,000 écus \m mois, et' il ordonna, de plos, que Charles IX ftkt secouru de 1 ,500 chevau*légeri3 du côté de i'iraiie au Itou de S,000 chi^vaux des bandes des Pays-Bas *. .i •
I! est d'ailleurs avéré'que le prince de Cofidé négocîmlavec fes Allematids d la reine d'Angleterre, alors que le ducde(ioùio réclamait l'assislimct^ do Philippe II i>n faveur dts eathol(()ues français: « Il est bon, disait Granvello, que le roi sontieniie h's «< oalholiques de œ royaume. Il y va do la con.servaliiw (Je « la foi r;itholi(|i!(» noii-spulcrnent clans (n^ P«*y^. nmis aux Pw- •t Bas, car, ii'i, il ne se jHirlo d'autre chostî (luc de cf»s uiouve- •< monts de Franco, et de telle manière qu'on voit clairement « qu'il y on a beaucoup auxquels il ne déplairait pas que l<s « choses loumassonl mal ; ot, si cola arrivait en Franco, bien-
ï Lotlre de la duchesse au roi , du 6 août 4562* Con'cspon<ia»ci: ^^ Philippe II, {.yxtlW.
^ Lettre du roi à la duclie^se de Parme, rtn 23 dé< emhi-e 1:î€2, dan^'^ Con't'.^ponfinnrp (fe Philippe 1!,,^ I" p. :\'^l. *
Lftn'E VIII (1562). 5«i
»r tôt nous en verrions autant ici. Ce qui nous a sauvés, c'est « qu'aucun cfe ces seigneurs ne se soit déclaré : car, si qudqu^un «d'eux te faisait, il n'y aurait que Dieu qui pourrait empêcher •» que l'exemple de la France ne fttl imité en ce pays '. « La txHhilledë'iyreutv qui assura \û triomphe du duc de Guise, tint CHftti mettre ^t\ terme afuk anxiétés p^^oduites par les troubles de France;'- • ■ ^
Mais cette crise avait '^^ pour effet de donner plus d'animation à (a 'lutte engagée contre r^utoritédoht jouissait le cardinal de brénvi^He. 'Quand iesgotivernéurs des provinces et tes^rhévalîei% de Ta Toison d'ôr eorf«nt été convoqués à Brôxelles, ils profitèrent de 'cette occasion pour conspirer plas afctivèment eônire le principal ministre. Indépendamment des réunions qoi avaient iieii sous la présidence de là gooverniante pour y concerter les nrayens dé venir au secours du roi de France, il se fei^ait, eomme on l'a vu, chez le prince d'Orange, des conseils secrets oà l'ott cherchait les moyens d'abattre la puissance de Granfelte. Là, Guillaume de Nassaii. le comte d*Egmont et le marquis de Berghes surtout- se plaigrialent des soupçonS' inspirés au roi sur leur fidélité et de leur éloigtiement du conseil secret , ils attribuuient la défiance du prince aux mauvais: cortseils et dux dénonciations de Granvéllé. Ils lui reprochaient d'avoir é^rit au roi que jahiais il ne serait maître ab^lu qtfif'n'eflt fait tomlter cinq ou six télés des^rinciptelles du pays, et sil tic faisait passer dans les provinces une armée rédoutêrble pour leëitenir ffi're«^pect; ils lui reprochaient encore d'être l'auteur •de Tùugnvenlation des évt^chés et d'avoir voulu par ce moyen l'introducfhn de llnquisitibn rn^spagne. Berlaymotit; soit par dévouement au roi, soit por tout autre motif, crut devoir rapporter
» Lettre à Gonçalo Percz,du 1 \ décembre 156Î, dans la Cwreêpomiancc de Philippe //, 1. 1»"', p. 230
tES FATS-»AS SOUS puiurr'E ir.
i) b dtichcssc de Viwme les discours entetiduâ jmr lui dans les
iODcilbbijîcs iiu\queti> il avait assisté* Du vesie, il déclara francliemçnt au (irinct: d'Ûrtmge les révélations qu'il avuit faites I* la gouvernarUe* Lr prince n'en témoigna point de reâseuliment parce quH s imaginaU que ces pUiinles, ayant été rap- (lortées comme émanant de rassemblée des chevaliers, ne pourraient Uii être particulièrement imputées et qu'elles aa:iucrraieût même pïus de force par cette circonstance.
Lorsque, sur la proposition du conseil dÈUki, le seigneur de
MonLigny eut été désigna [joui- faire connaître à Fhilip|)e II k
situation des Pays-Bas, la duchesse de Parme, par une lettro un
chîlTrcs du 1 4 juin, avertit le roi de son départ et lui rapporta tes
révélations qu elle tenait du baitîn de Berlaymont : « Il est vrai^
M dlsait-ëJle, que Granvelle s'est attiré ta haine et raversion de
« quelques seigneurs de la cour, qu ils ont même formé un parti
M considérable contre lui, mais la cause de cette haine et de
u Cette aversion vient de ce que le cardinal défend avec trop de
«« 2èle les intérêts de V* M. et qu'il soutient avec ardeur Je parU
(i de la religion *. » Granvelle lui-même écrivit au roi pour
le mettre en garde contre ta coalition formée contre lui \ur les
ennemis qu'il avait à Madrid et à Bruxelles. Le motif* disait-iK
, qu'ont le prince d'Orange et te comte d'Ëgmont de lui en vouloir
serait d'avoir reçu avis, par la voie de Lorraine, qu'il auraii
♦ ffcrit au roi que s'il ne leur coupait la tête, ainsi qu a d'aolres,
îiusquà une demi-douiîaine, le roi ne serait (mint seigneur des
Tays-Bas, et quCi pour éviter un soulèvement du i»eupla, il fMëii
les a]>i)eler en lv?pagae, oiihi chose s exécuterait plus fticilemeat.
- Ciranvelle attribuait cette grossière invention à Simon llenard,
:qui fréquentutt assidûment I hôtel dEgmont et qui assurait lui-
i giiuoà, lib. ill, — Correspondamt de Marguerite de P^rme, Irllre tf. — Corrésponfiana' de Phitippf II, t. !•', p, ÎOi,
Livite \m (I5G!2). 363
même aux seigneurs qu'on l'appelait leur œnseUler. Du reste, Granvelle saisit une occasion de s'expliquer avec le prince d'Orange et le comte d'Ëgroont, car malgré leurs différends, eux et lui se traitaient toujours avec courtoisie; même le prince d'Orange lui montrait encore un visage ami, tout en manifestant, hors de sa présence, un profond méeontenteikient. Le cardinal commença par plaisanter des desseins horribles qui lui étaient attribués méchamment ; il chercha ensuite à désabuser les deux sdgocurs du soupçon que c'était par son intermédiaire que le roi avait des intdiigences avec les Guises. Il les assura, ainsi qu'il pouvait le faire en toute vérité, que, depuis le départ du roi, il n'avait écrit aux Guises, ni directement ni indirectement, si ce n'était lors de son élévation au cardinalat. Lesfdeux seigneurs lui avaient également parlé de Finquisition ; ils lui avaient dit savoir de bonne part que lorsque le duc d'Albe fut h Paris, avant la mort du roi Henri II, il négocia avec loi pour l'introduction, en France et dans les Pays-Bas, de Finquisition d'Espagne. Granvelle leur avait répondu qu'il n'en savait rien et qu'il n'y croyait point; que cela n'était pas vraisemblable, comme ne l'était pas non plus ce qu'on publiait : que le confesseur du roi, évéque élu de Siguenza \ aurait dit, avant son départ des Pays-Bas, qu'il fellait ériger les évéchés dans ces provinces, comme acheminement à rétablissement de Finquisition. Granvelle croyait que la venue du roi était indispensable. Quant à lui, s'il ne préférait le service du prince à son intérêt particulier, il se retirerait à Malines, à l'abbaye de Saint-Amand ou en Bourgogne. Il promettait d'ailleurs d'user avec les seigneurs de toute la douceur possible, de leur complaire en toute occasion. La seule chose, disait-il, en laquelle il ne puisse céder est le maintien de Fauto-
I Don Diego Spinosa ou E9pino!<a, qui devint pins tard cardinal et président de Gastille.
LES PAYS'&AS SOUS PliîUPl*E
rllé royale , paur ce dernier objet, il secritieiail m vie, sll en
îHiiit beaoin*.
Contre son habitude, le roi ne tarda [>oini h n^pondre. Le 17 juillet, U manda à ta duchesse de Parme cjuil iHait scandalisé d apprendre que les personoes qui devraient le plus aider la gouvernante des Pnys-Bas , non-seulement manquaient è c-e devoir^ mais donn*iicnl occasion à d'autres de répandre le trouble ft nnquiétudedans leseâprits. En ce qui cnncernnil les nouveaux évécbés/ le rai déclarait que jamaîe GranveUe na Jul en aviit Oûvtseillé rérection, qu'il en fit même dans le principe un myst^ au cardinal» et que celui-d n'en eut connî^issance que braque l'aHiiiro éUiiL déjà bien avancée; il assurait que le marquis de Bôrghes en fut instruit avant lui, durant le Séjour du roi esn Angleterre, et antérieurement â Tenvol de Sonnîus à RMie. Il ajoutait qu'il dut faire beaucoup d'instances è Grauvelle, pour que eelui"Ci consentit à accepter l'archevéclK* de Majinai. Il n était pas vrai que Granvclle eût écrit au roi que. pour assurer le re^jos des Pays-Bas, U faudrait couper une deoii-douzain^ dt^ têtes, « quoique^ disait Philippe, il ne iserait pout-ètre pas mal fit* recourir h ce tnoycn* •* Il témoignait son mik'onteatement d^ re qu'on blAruiU rinlervtiiition de Gninvefle dans les afTdirÊS^ tandis que. suus Churlest-Quint, lorsque le cardinal n avait pa^ encore acquis reipérience et l'habileté qu il avait aujourd liuL^ r?n ne dissait rinn Ce qu'on débitait sur l'intention du roi d'élabti^nf , âux^P^yi-Bas 1 iuquisitiiui dlispagne «fiait é^lenitmt faux ; inmaE 4^
■I,-: A 'ÏM;;!!- ♦: ' , ;^ \.. lî,' -I' M ■ , '
^ LeUycct ImpurturUe. <iq Gfttnvdfc au tqî du 14 juin iHû^», ÛBm I^^Hb* PapkrH (tÉtatr^' Vit p> ^^'* et sun\ Voir aussi Cotrettpumkmct de thilipiie iî, t. ïfrj p, 203. — Le comte dû nomes profila du départ ûf* £<iii frère lo HMguetir do Montigny pour repr^smitrr â Philippe M, S'*^' upe Fîupplïqur. qtjo sps vfîvd|i^r.'i l'avaient *^mletto, pI qu'il nvnii Umn^ ^^^ l>>ens fort diminués W tiTtauiNif qwçlqiio mfiv/ afiJ* <?** pOMi'iii mi^^n 5CrTirIf rai. Sappfé^mftiî fi Sfmffn, t If, p 17ft
LIYRB VIII (IMâ). 365
le cardinal n'avait fait cette proposition ni tai-méme n'y avait pensé ; d'ailleurs rinquisition des Pays-Bas était plus impitoya- Me que celle d'Espagne. Il recommandait à la duchesse de tenir les se^neurs divisés entre eux et d'empécbcr leurs assemblées ainsi* que celles des états. Il désirait aussi qu'on avisât aux moyens d'éloigner Simon Renard des Pays-Bas. 11 reconnaissait enfin que sa propre ' présence éans ces : provinces serait .éonvettaUe.^tmémenéoeéBaire; mais^,i|iOur quelle fût vérilablenent effiOMet^i il faudrait qu il eiU des. n>oyen^ pécuniaihes qui 4ui nt0i)cmaieii(;alor8! *.i : . . ; i .
i-4j^ranifeUa»'étaii flatté que son entrevue amicale avec lé priqco d'iOraogetftt JecQipt0d'l£gmont, ainsi que l'intervention ide la gouvetn^Dle, -ayraient-iapiiisé ses «antagonistes. Go sont» disait-il, jakiiisifis et passions de jeunes gen^qoi, avec quelque peud'ambitîoDiionlia prétention de slivoir beaucoup ^ Mais laiOoalition foroHto centre lui prenait chaque jour une aigniCcation: plus grav/e^ Quapd'on demandait aux advensabes du cardinal, en quoi eeliiirçi les avait offeosés, et s il foisaift- quelque chose Gdntr6 le 90ri(ic9.iEli»'it>i,'et4e bito.du pays, ils répoiidaienb qu'il voulait délriiJreiii^Uni- privilèges pour auginenter Tautorité. du prince; que/ 4oaol à «eux, ils n'étaient appelés au conseil que t)Our la Ibrme^et lonsque les résolutions étaient déjà prisés ': fierlaymont venaii eosuile-effrayer la gouvernante par de neuvellea et incessantes dénonciations. Suivant lui, le phncc d'Orangé, leS'Comtes dïgnofH, de Hornea et de Mansfeld néxléfliraieilt ëulre chose que provoquer des troubles dans le pays 4i Du reste, Grauyellc
f^orrtspondance 4e Philippe //, t. W, p. 207,
' Letlre de Granvelle à don Alvaro de la Qoadra, évèquç d^Aquila, anibaissadeur de Philippe II cd Angleterre (mort à Londres le 34 août 4563)', Ja it jufilet fsèî. Côfreipoifidance de Philippe //, t. I", p. ilO.
•'Mif/./t. K p; 2t1;^ranvéllè àu roi (6àoût 4i$«2). • * " '*
* /^,.P'. ^6. La^o^'€^ÀenteauToi(34 aoét456fi).
mn
LKS PAVs^Biâ sors PHîLfprr n.
liii-nn^iur, irrité à(^ lilielles fan^cis contre m vie ùi ses jînit par dq^indrc ses advcrs^airps comme d<^ ii^itatcurs, eooime df^îmihiUeux rjul fnéUîndaieiiL substiluer Jeur influence àTautorilf^ du roi, l'eu dtHemî>s vivant fion entrevue avec te prince 4t Orange et le comte d'Kgmont , il les avait fcirmeliement dé- Ronm% à Philippe II comme des adversaires de sa puissance.
*» Grâce au reproche quo les âeigneufs me font de leur cache li l'état des affaires et de chercher à les desservir, ils en i M ^eniis, disait-il , h conspirer contre moi cl annoncent même ' *. hautemcnl qu'ils en %'eulcnt h ma vie; mais je redoute peu de M pareiHes menaces, et je les crois trop prudent^i pour tenter rien i de sf^mbtable , quoiqu'ils disent partout qu^ils ont formé uni V îigue entre eux. Ce qu'il y o de plus fâcheux dans tout cela/ »t c'est qu'ils* agissent sur l'esprit du f)ea[)le par les propos qti'lh " lîennenl <m publie et dans leurs banquets, m'accusani de votl ti loir réduire la population de^ Pays-Bas sous le régime d'un M monarchie absolue, de telle matKère que Votre Majesté poss - derait seule tous les pouvoirs; se plai.[rnant do plus &Mve pr\v{ u de toute influence, tandis qu'au contraire ils disposent de llj <L plus grande partie des emplois, et qu'ils jouia^nt d'une aui<Hl tt nié bien supérieure à celle qu'ont jamais possédée les gouver- Il nenrs particuliers des provinces, !l ne manquerait vriîiment » plus quo de voir Madame et Voire Majcislé figurer ici [lOur la « forme, laissant à ces seigneurs la puissance réelle ^ et qu'au M moyen de la libre disposition quils auraient des offlœB, Ils ti pussent manier à leur gré les noble-s et Je peuple. Tel est, en H effet, le but vers lequel lendenl tous leurs efforts, x Pour faire plus d impression sur Tesprit de Philippe li, Granveïîe ajoutait] que les seigneurs raccusaîerit également de vouloir confier auiti Esjïagnols seuls te gouvernement et radminislration des Pays- Bas, mesure qu'ils discutaient publiquement et qualifiaient d'invention ta plus nhominyble du momîe, afin de rendre ces mêmes