LIVRE VIII
« en6n à rompre le silence et à s'exprimer librement. Aussi (( espéraient-ils que le roi recevrait cet avis , exempt de toute 4« passion, avec la bénignité et la gratitude que méritait le zèle K qu'ils avaient pour son service. Lorsque tant de personnages « principaux d^ Pays-Bas s'élèvent contre l'autorité du cardinal u de Granvelle , c'est qu'ils entendent clairement que toute la « puissance est entre ses mains. Cette opinion est si profondé- «( ment enracinée dans l'esprit de tous les Belges et des signa- «( tairas, qu'il ne faut pas espérer de l'en effacer tant que le car- « dînai demeurera parmi eux. Ils suppliaient donc le roi, comme » vassaux fidèles, de considérer combien il importait à son « service de remédier à un mécontentement si général. Le roi « devait être persuadé aussi que les affaires ne prospéreraient « jamais tant qu'on reconnaîtrait que celui-là en est le maître à «< qui on porte tant de haine. C'est pourquoi , si le roi désirait le u bien des Pays-Bas, ils le priaient de nouveau de remédier au K mal quils lui signalaient. Ily a urgence, poursuivaient-ils ; M cette affaire ne souffre plus ni délai ni hésitation. Si le roi ne u voolail pas adopter le remède indiqué, la ruine des Pays-Bas « était imminente. Au contraire, si le roi daignait faire droit « aux justes demandes de tant d'affectionnés serviteurs au lieu M de les mécontenter tous pour satisfaire un seul , ils avaient le « ferme espoir qu'il reconnaîtrait bientôt le fruit de ce changeu ment et l'affection que tous , seigueurs , états , peuple avaient « pour son service, sa prospérité et sa grandeur. Loin de se « plaindre de la gouvernante, ils ne pouvaient que grandement « se louer d'elle. Ils déclaraient ensuite que, par leur démarche, « ils ne tendaient point à mettre le pouvoir entre leurs mains : « ils demandaient d'être même éloignés du conseil d'État; aussi «f bien les intérêts du prince et leur propre 'réputation ne pou- « vaicnt leur permettre plus longtemps de se trouver dans ce «c conseil avec le cardinal. Us suppliaient enfin le roi de prendre
am LES PAi's-04s soiTs vmuppu ru
«« leur requête de bonne part^ car elk oê procédail que dû 1| *^ fidélité qu'ils lui .ivau'nt juriH^ et de la crninte qoe leur sUen - lie Wl un jaur jugé criminel, s il arrivait quelque oalamiti u datiK les Pays-Bas '. ^
Tisnacq présenta cette requête à Philippe U, sans savoir «' qu'elle contenait, mais en disant que le comte d'Ëgmont lui avait rceommandé de Ja remettre en &^ propres mains.
Quoique le baron de Monligny et le marquis de Berghes msr sent conduit toute cette intrigue, ils n'avaient pas voulu apposer leurs noms au bas de ia remontrance, mais ils avaienl donné iiux iroi?^ signataires une déclaration conleoutil la promesse d approuver tout ce qu'ils auraient fait. Le seigneur de Glayon, dont riutLTvciiition avait été plus grande encore, n'avait pas non plus voulu donner son nom , bien qu'il fût conseiller d KLat. Cette abstention étrange avait indisjiosé contre lui ses trois collègueâ et avait été cause que, pour ne pas se rencontrer avec eux, il n avait plus assisté aux délibérations du conseiL Du reste, 1^ trois signataires de la lettre avaient pris ta résolution secrète de s absenter de la cour jusqu'ri ce qu'ils eussent la réponse du roi ; si cette réponse était fa\ orablo k leurs prétentions 5 ils y reviendraient, mais^ dans le cas contraire^ ils continueraient de
L Cette lettre se trouve dans le Supplément a Stradu^ t . IL p, f70, et plu^ correctement dâiis la Con^spondance (te GuiUaume fe TacUHra^^ t. Il, pp. 3f^3[^. ^On remarque dans k* Stippiément au3^ archive iU ta maiion d'Orange- Nassau, p. SO, une note écrite par Guitlûtime ûe HâSMU à cette époque même : elle ladiquetirièvomerit ïgs motifs qui rav^iicnt eupgè a sfgiiûr la lequel e tiu iî mara. U ^e |>roiK>sail, eu jè^umè, de tléjootsr mm combinaison qui tendait à coacenirer toute l*^ a ton té effective entre les mains de Granvelle par la nullité du rûleauqud on uvnil réduit les pnn* cij^u\ sefgueurs et pdr la iiuspcnsioti ûi3s éi'M& générausc Lui et le combe d'Egmont ne voulaient plus, ]>ar li?ur prt^uce au conseil, avoir Tdlr d*>p~ prouver des ordonn noces et des fois auxquelles ils n'aTaiont point parltcipi et dont ilf- n'aviticnl m^roe pîis coaniii^^iicc.