‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 161 sur 198 · LIVRE vni · texte numérisé non relu

LIVRE vni

«( lettre et qu'il ne doutait point qu'ils n'eussent donne cet avis t( en vassaux fidèle», mais que, puisqu'ils n'alléguaient {)oiht de « raison particulière peur feirc ^éloigner Granvelle des Pays-Bas, « et que, d'autre part, le* voyage qu'il se proposait de faire dans « ces provinces pourrait encore éprouver quelque retard » il • exprimait le désir que quelqu'un d'eux trois fit le voyage u d'Espagne afin d'être miem instrmt de bouche des niotifè de a leur démarche; l'affaire était trop importante pour qu'elle pût « être éelaircie convenablement par correspondance ' . » En même temps, Philippe II, désirant que ce Mt le comte- d'Egmont qui ae rendit à Madrid, lui adressa une lettre autographe pour lui foire savoir qu'il serait bien aise d'apprendre de lui les raisons doQt il ne lui avait pas donné connaissance par sa requête. H informa la gouvernante de ces réponses, mais en exprimant le désir qu'elle feignit de les ignorer jusqu'à ce que le comte d'Bgmont lui en parlât et lui demandât la permission de venir en Espagne, permission qu'elle devait lui accorder. Le but de Philippe il en cela était de diviser les trois sdgneurs et de gagner du temps ; il lui paraissait d'ailleurs que le comte d'Egmont, séparé des autres, serait plus traitable et plus fadte à mettre à la raison '. Dans la soirée du 29 juin, le comte d'Egmont vint trouver la régente et loi communiqua la lettre par laquoild le roi l'invitait à se rendre en Espagne. Il lui dit que, quoiqu'il eût résolu de ne pas quitter les Pays-Bas, cependant il ferait volontiers ce voyage po^ aller baiser les mains du roi ; mais que d'aller à la cour pour rendre compte des affaires du pays, cela ne dépendait pas de lui mais des seigneurs, comme du prince d'Orange, du

I Voir le texte de cette lettre, dans la Correspondance de GuUiaume le Taciturne, t. lî, p. 41. — «• Mauvaise et froide repente, •> écrivait Louis de Nassau, le 8 juillet, au laudgrave Guillaume de Hessc. Archives de ta maison d'Orange-Nnssav, t. I, p. 16i.

» Strapa, lib 111.

LES PA¥S-*Biâ sèuS mil^PPE IK

comte de Honics et des autres, s'excusani en cofi3éi|uence mUni qu il le pouvait. La gouvernante ne négligea rien (lour ïn faire , rlkingerde r€*solulion, mais ce fut sans succès* Egniont reviotj au palais, le H juilîet, avec le prince d Orange et le comte dtl Uornes, de retour à Bruxelles depuis la veîJle. Il dit à If] gouvi-niûnto que to roi ayant ré^jondu à Ik lettre queui trois lui avaient éerite, Uint en leur nom qucn celui d'autres sei* Joueurs tic Tordre de la Toisou doreL de gouverneun»d<>s pro-^ vlnce.^, ij était convenable qu'ils convoquassent et consultassenl sur la rêi>onse î* tiire à S. M. les méinL^ personuaiç^es; quils avyieîit voulu en îrifûrmtT la duchesse et qu'ils lui demand^iient son autorisaliou à cet effet. La duchesse repartit qu ils pou* valent traiter la chose par corre^spondance, que cela ne fer»U |ias tant de bruit -et déplairait luoius au roL Kgmont n^pliqiti que, si la réunion des seif^ncurs à Bruxelles était desagréable ;i la duchCî?so, cette asscniblée pourrait avoir lieu ailleurs, mais qu'il était im)iossihle à eux trois de re}Mindro au roi. sans la pariîcipation de ceux qui avaient concouru à I envoi de leur pn'* raière lettre. La régente ^ voyant l>ien que rassemblée do :^cj^neurs sv. ferait sans son consen tondent, si elle le ref usait J préféra lautoriser à Bruxelles même, parce qu'elle ^lourmill mieux pénétrer ce qui se traiteriiit en cette viJle qu'ailleurs. Ce (Kiint ayant été arrangé, la duehasse leur demanda s il n'y avatt pas quelque moyen traccoramoder leurs dilTérends avecGrauvelle. Le prince d Orange ré|H>ndit aussitôt qu il n en voyait aucun, (% le comte d'Hgmont t^rla dans le même sens. Elli- domandii ensuite qu'un d'eux se rendît auprès du roi pour lut exposer eu détail toute l'a (Ta ire Là-dessus le comte (te Ifornes voulait prendre la parole, maïs Kgmont IVn empi^ha, en se plaignant que la réponse du roi eût tant tardé K

Cûrrtspondûna de Philippe lï,i l*f, p 151.

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