LIVRE viii (i5G
En vorlode raulorisalion donnée par la duchesse de Parme, le marquis do Bérghcs, les comtes de Meghcm et de Mansfeld, le baron de Montîgny, les comtes de Ligne et de Hooghstraeten âe réunirent à Bruxelles avec le prince d'Orange, les comtes d'Egmont et de Homes. Dans leurs conférenoes il fut résolu que personne ne se rendrait en Espagne et que les trois derniers, après avoir répondu à la lettre du roi, s'abstiendraient de paraître dorénavant au tfotiseil d'État.
Le 21 juillet, tous ces seigneurs se rendirent auprès de la gouvernante pour lui faire connaître leur résolution. Le prince d*Orange, portant la parole, lui dit qu'ils avaient résolu de répondre à la lettre du roi, sans envoyer à sa cour aucun d'eux, attendu qu'il ne convenait ni au service de Sa Majesté, ni à l'intérêt du pays, ni à leur réputation, qu'il se fit un aussi long et aussi pénible voyage pour accuser le cardinal de Granvellc; maiis que, pour baiser les mains à Sa Majesté et pour toutes autres affaires de sott service , non-seulemént' l'un d'^tix , mài^ tous étaient prêts à le faire. Ces paroles furent confirmées par le comte d-Egmdnt et par le comte de Homes. La duchesse leur exprima son regret de la résolution qu'ils avaient prise. Ils dirent alors qu'il leur suffisait, comme Rdèlés vassaux' et serviteurs du roi, d'avoir représenté è Sa- Majesté ce qui convenait fi son service ; qu'ils ne l'avaient pas fait par haine contre le cardinal on 'contre tout autre, mais uniquement dans l'intérêt du roi et pour le bien du pays ; que c'était à Sa Majesté maintenant à prendre les mesures que lui dicterait sa sagesse ^
H y eut une nouvelle entrevue, le 26 juillet, entre la duchesse
» Correspondance de Philippe II, t I"^ p. 258. — Suivant Slrada, les seigneurs ne pensaient pas seulement que ce serait faire trop d*honneur à Graovelle que d'entreprendre un si long voyage pour Taccaser, mais ils hésitaient aussi à se confier à la discrétion du roi.
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lie Tajnie el le prince d Orange, ies couiles (rKgmaut et tkl llorneâ, ie inaïquîs lie Berghes, les comtes de Mansfeld et de Mt'glieai (MûnUguy otail IndjsjKiâu)* Lo prioce , [K>rlant de iii^iJ*^ verni lu parala au nom de lous, lui adressa uîkî longue remmirance sur les dangers que ctiumt ta religioD, le niécootenlenienl t}m ressentaient lc§ gens de guerre du domlment dans lequel on \m laissait^ la néceasUé de satisfaire aux dettes que les receveurs i avaient contractt^es do lu purt du roi, enfin Turgence d'une «isseriK^ Née des (^tats géuérauji , qui devait être le remède suprême. Il attribua ù des mulifs irinténU (iersonnei loppositian que lec^r-^ dlnal deGrunveile el le t>aron de Berlaymont faisaient, daiis lu] conseil^ h la convocution des états, u Ces deux minisires, dit-il» ' alléguaient sans cesse le pn^udice qu avait mum au rt>ï iîissank hk^e peur faide novennale i mais ils sa taisaient sur les a\ autagef. qui en aaieiU résultes, car clic avait assure la conserva Lion d0 ces provinces. >* Mais Granvelle prétendait , de son ciité, que tvs ^ assemblées avaient porlé Jcs premiers coups ù l'autorité monarchiquCi en encourageant des tendances qui s'étaient dé^eto^i^i pécs gradiiellemcnt et dont le caractère ne i^uvait plus ^tre coik j leste. Le but de se^; antagoiiii?tcs, distiit-U ouvertement, ser^il de réduire le gouvernement à lu forme républicaine, où le roii n'aurait d'autix? pouvoir que celui qu'ils^ voudraient bien luildisaer '. De son cùte, le prince d'Orange déclarait que la détbnce qu'on montrait envers les états, produisfdl aussi la dérioiiee de , la nation envers le souverain. Il annonça ensuite Tintention farmelle des seigneurs de ne plus prendre part aux dèlibératioti!^ du conseil, puisque leurs avis étaient dédaignés, et que nombre d'affaires qu'on devait leur communiquer^ leur étaient cachées p^ir le fait du cardinal, H répéta enfin que les seîgnours n'agissaicnl
I LoUre de Grauvelle k (ion^^alo Perez, du 25r juillet 1l>6^, dan» le» PapietA tVÈtat, t. VU, p. 105