‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 58 sur 198 · LIVRE m (1558). i · texte numérisé non relu

LIVRE m (1558). i

avait épousé son cousin , l'archiduc Maximilien d'Autriche , roi de Bohême, et dona Juana, veuve de l'infant de Portugal. Il laissait, en outre, deux enfants naturels : Marguerite d*Autriche, épouse d'Octave Farnèse, duc de Parme, et l'adolescent réservé à une si brillante célébrité sous le nom de don Juan.

Marguerite avait vu le jour cinq ans avant le mariage de Charles-Quint avec Isabelle de Portugal. En 1521, l'empereur, étant venu à Audenarde pour se rapprocher de son armée, descendit au château de Bourgogne oii logeait le gouverneur de la ville, Antoine de Lalaing, comte de Hooghstraeten. Il remarqua, parmi les suivantes de la comtesse, une demoiselle d'une grande beauté, Jeanne Van der Gheenst. Elle appartenait à une famille plébéienne; son frère, Baudouin, et une de ses sœurs, nommée Agnès, vivaient du travail de leurs mains, car ils exerçaient la profession d'ouvriers en tapisserie.

Des amours de Charles-Quint avec la suivante de la comtesse de Hooghstraeten naquit une fille, à laquelle on donna le nom de Marguerite K L'empereur reconnut son enfant ; mais, par une singulière contradiction, alors qu'il élevait Marguerite jusqu'à lui, il laissait retomber dans l'indigence la femme qu'il avait aimée. Jeanne Van der Gheenst se vit réduite à épouser le bailli du village de Heuverhuys , et elle eut de lui un fils qui devint licencié es lois. Gouvernante des Pays-Bas, Marguerite ne voulut ou n'osa jamais rien faire spontanément en faveur de son

' Voir une notice de M. Serrure » dans le Messager des sciences historiques de Belgique, t. IV. Uauteur de celte notice réfute l'histoire romanesque propagée par Strada et Leti ; et il démontre l'origine plébéienne de la mère de Marguerite de Parme, en s'appuyant sur un acte de notoriété, délivré le 29 octobre 4561 , par l'autorité municipale d'Audenarde Cet acte était probablement destiné à servir de pièce à Tappui d'une supplique que l'oncle et la tante (Baudouin et Agnès) de la gouvernante des Pays-Bas lui adressaient pour obtenir d'elle quelque secours.

LES PAVSHlAâ âUUâ PUJLIPP£ U.

frère utériD Eq 1aô4, Grufjvelïe demauda au roi, pour ce frère, qui se irouvaiL daos uDe extrême nécesâité, une pension do quatre à six cents florins : ia duchesse, disdt-il, n'a jamais rien osé faire pour lui, de crainte d'être accusée d avoir employé son pouvoir au profit des siens '* Il semble qu'il n'obtint rien de la munlficence royale, puisqu'on le voit réduit à exercer, après son iJère, la charge de bailli do Ileuverhuys,

Après avoir été reconnue par Churles-Quinl, la fille de Jeanne Van derGheenst fut enlevée à sa mère et confiée suceessivemeol à Marguerite d'Autriche, duchesse douairière de Savoie, et à Marie de Hongrie, pendant que Tune et l'autre gouvernaient les Pays-Bas. La jeune princesse prit pour modèle cette vaillanle sœur de Gharles-Quint à Jaquelle le peu|jle, admirant sod habi* leté dans l'équitalion et sa passion virile pour la chasse, avait donné le surnom ûeChmsensse; Marguerite s'endurcit aussi dans cet exercice, et elle n avait pas encore atteint l'âge de dix ans qu elle suivait sa tanle dans les forêts \ Charle^-Quint voulut bientôt se servir d'elle pour alTermir sa domination en Italie. Par la paix de Barcelone de i5^U, il avait été stipule qu'il y aurait jïaix et alliance perpétuelles entre Je pape Clément VÏI et lempereur i que Marguerite , tille naturelle de Charles-Qulnt, époulierait Alexandre de Mèdicis, que l'on supposait Ûls naturel de Laurent de Médicis, mais à qui d'autres attribuaient une origine encore plus illustre ^ ; qu'en considération de ce mariage et pour le repos de l'Italie, l'empereur mettrait Alexandre en (lossession de lautorité dont la maison de Mcdieis avait joui à Floreace

i Conrapotidamtt de Philippe // ntries affaires des Pa^$-UaSt pMiùe d'après 1^ origmuux conservés dans les Archives royales de Slmancii^t par M. Gacu4»i> tBruxdles, I84S, ïn H t- ^"f PP- 297 et 3ï3.

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* On tenait pour car taiti, dit uu coLttemporiiitijqu'AlexHtidredcMudictô ctiiil fll^du [wi>eCloiricQt, Mfm. de Bt^nvenuiv CcHmit cUap. V*

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