‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 69 sur 198 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

écoutaK et se laissait diriger par eux, car, tandis que l'empereur se guidait en toutes choses d'après sa propre opinion, Philippe, à cette époque du moins, suivait encore celle des autres *.

Le conseil suprême de toute la monarchie, qui se réunissait une fois par semaine sous la présidence du roi , ne renfermait aucun personnage des Pays-Bas. Les Nassau, les Lannoy, les Buren, les Croy , les Beaurain , qui tenaient la première place aux côtés de Charles-Quint, étaient remplacés pardon Ruy Gomez, chambellan-mayor , le comte de Feria, capitaine des hallebardiers espagnols, don Bernardine de Mendoça, don Antonio de Tolède et don Juan Manrique. L'évéque d'Arras, en qualité de Franc-Comtois , formait une exception ; mais il eût été difficile de se passer d'un homme, élevé en quelque sorte dans la chancellerie de Charles- Quint» au courant de toutes les questions et doué d'une aptitude spéciale pour les résoudre.

Toutefois ce conseil ne pouvait intervenir dune manière directe dans l'administration intérieure des Pays-Bas qui , en vertu de leurs privilèges, conservaient une organisation politique entièrement distincte de celle de la Péninsule.

Cette organisation était un mélange de monarchie , d'aristocratie et de démocratie ; mais ces éléments étaient si bien juxtaposée qu'aucun ne prédominait réellement au détriment des deux autres. L'autorité du prince se trouvait limitée par les privilèges des provinces et des communes; d'autre part, le pouvoir souverain était assez grand pour servir de contre-poids à l'aristocratie , dont l'influence se manifestait et dans les conseils auxiliaires du gouvernement et dans les assemblées pro-

> Les principaux éléments de ce portrait ont été puisés dans les relations contemporaines des ambassadeurs vénitiens Mari no Cavalli , Federico Badouaro et Michèle Suriano, ainsi que dans les précieuses lettres de Setiastien de rAubespine.

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