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rances à Tépoux de Marguerite, daos la persuasion, oomme dit Strada, que la plupart des hommes s'attachent plus fortement par un bienfait qu'ils espèrent que par plusieurs qu'ils ont reçus. Ainsi, la nouvelle gouvernante so trouva dépendre entiè^ rement du roi, et quoiqu'elle fût née dans les Pays-Bas et taa* riée à un prince italien, elle était réputée presque tout à fait Espagnole ^
Philippe II avait chargé expressément GranveUe de lui proposer des candidats pour les gouvernements des provinces et pour les places vacantes dans l'ordre de la Toison dV>r; il iui avait recommandé aussi de s entendre avec son confesseur pour aviser aux moyens de prévenir non-seulemcnt les hérésies, mais aussi d'extirper celles^ déjà si nombreuses, qui existaient dans les Pay&-Bas. Il protnettait de le seconder de tout son poiH voir et voulait que ce fût la première chose dont on s'oocupAt avant son départ, comme étant la plus importante *. En effet, les progrès de la réforme ne s'étaient point ralentis depuis Tabdidation de Charles «Quint. Récemment: encore, ie.duc de Savoie, en sa qualité de gouv^rneur^énéral, av^ertissait les magistrats d'Anvers que Les sectaires avaient tenu des conveiiticules près de cettd ville et dans la ville même ; il y avait envoyé en consé-^ quence un conseiller ainsi que le procureur-général de Brabant pour informer contre les hérétiques, et il avait été enjoint à la magistirature communale de* leur prêter aide et de faii^ bonne garde, surtout la nuit, p«ur empêcher de semblables réunions. A la suite de cet avértissemeol, Jean Ducamp, anabaptiste, saisi à Anvers, avait été •exécuté parie feu ^ '
Granvelle n'était pas, comme le duc d'Albe, un agent inflexible
VSTftADtAf lih; I. T- Bêlationê de BentivogliOf p. 5S. * PiÊipimw,d'ÉtatdM.09trdfyial(b<Mrttnvélk, t; Y. p. 594. ' Maïuiseritdela.bkbliQlAèquede Bourgogne, n* 46075.
lEA PAYS-BAS SOUS l>ftlUPPi: IT.
de fa politique espagnole, un fanatique déterminé à briser par le glaive toutes les résistances. lî dtait ambitieux, maïs il n*ét*iit pas encore cruel ; il aimait le pouvoir^ et, pour fe conserver paisiblement, il aurait voulu tout à h fois ménager les prijlenrions de Philippe II el se concilier Ja noblesse des Pays-Bas, qu'il pr^ ferait incontestablement aux grands d'Espagne, dont le nouveau roi s'entourait. Pour se forlifier dans h faveur royale et affermir sa propre auloriU^, i! eiiaaya de rendre la noblesse docile (lar Kappa t des récompenses, el en quelque snrle inoffensive par la snppression des éinlB généraux ^ oïi le [louvoîr de l'aristocratie pouvait rivaliser avec celui du prince. C'est pourquoi, adversaire lui-même des assemblées délibérantes, il entretint et accrut par ôes conseils la n^pulsion presque instinctive que Philippe îl éprouvait pour une prérogative qui lui portait ombrage K Mais les circonstances étaient telles que le roi ne put se dispenser d avoir encore recours h une réunion générale des députés da<î provinces,
La pacification de Càteau-Gambrésis n'avait pas rempli le trésor publie. Il était dû aux gens d'armes allemands au delà de i ,600,000 florins ; et il fallait, en les licenciant, ou solder leur compte, ou bien se3^[KJser aux plus fâcheux désordres. Phiiipj»e avait voulu éviter de recourir à une assemblée générale en con^ vnquant les états dans leurs provinces respectives, au mois d'avril 1559, pour leur demander une aide de 956,000 florins h repartir entre les diverses parties du territoire. Toutefois il dut bientôt reconnaître que^ pour combler le déficit, l'interventiou des étals généraux était nécessaire. Ils se réunirent h Bruxelles
* Vingt ans après, en IflSI^ Oranvelîe était loin d*avoîr changé d'avis : « Je cognois, disuit-il, l'humear des cstat^i et que, si tin ange du ciel y ■ venoîtT ilseroit impossible qu'il y demeura loniçuemeaL au coiitenfemvnl * de tous» * Arfhmsdt ùt wtfî«oji d'Omnfji^NajuKtu, t. VU, p, tt33
uvj^E IV (1559). U9
Iq 3Q juio^ i'organe du gouverDeinent leur fit savoir que la plupart des «fis^ipblées provinciaJes avaient beaucoup tardé à voter sur les demandes proposées à Arras ' ; que la dépense s'était augmentée par ce délai, puisque Ton avait été obligé de retenir plus longtemps les gens de guerre ; que le roi avait été forcé d'employer au licenciement d'une partie des piétons allemands SOOyOOO florins, qu'il avait reçus d'Espagne pour la dépense de «a maison et la solde des troupes espagnoles ; qu'il restait à licencier plusieurs r^;iments allemands qui causaient de grands dégâts au pays ; enfin, que lé roi était disposé à y consacrer encore 600,000 florins qu'il prendrait à sa charge, mais que, pour lesuiptus» il comptait sur le secours des états. On avait cru que l'irapét sur le sel mettrait la recette au niveau .de la dépense ; maiS: aucune résolution n'avait encore été prise pour sa perceptioD| quoique plusieurs provinces y eussent consenti. Le roi désirait enfin que les états généraux délibérassent immédiatement sur cet objet ; il demandait aussi que les états provinciaux vendissent à son profit des rentes héritières, « au rachat du denier douze » jusqu'à concurrence de sommes désignées *.
1 Voir ci-dessus, p. 83.
* GicflAfto, Des anciennes AssembUes nationales de la Belgique, §[1I. — DaDS sa Justification, le prince d'Orange évaluait à 40,000,000 de florins la part contributive des états des Pays-Bas dans les dépenses de la guerre sottlMiue , pendant dix ans, contpe la France. Grande ChroniqMS de Hoir lande, etc., t. II, p. 477.— La situation financièrede la France était moins brillante encore. La dette publique, à la mort de Henri II, s'élevait à.36 ou 38,000,900 de fr., c'est-à-dire à plus de 4 4,000,000 d'écusd'or. « Les richesses des particuliers, s^joutait Tambassadeur vénitien Giovanni M ichiel, ne sont pat moins épuisées, notamment celles des nobles et des paysans. Les nobles ont été obligés de suivre k roi plusieurs années de suite en France et au dehors dans une guerre désastreuse ; puis ub grand nombre d'entre eux, qui ont été faits prisonniers, ont payé des rançons énormes, non pas de deux, ^ de quatre , ou d» six , mais de dix , vingt , trente , quarante , cinquante ,
LUS FAYS^BAS SOU£ FltrLlPPt: If.
Les assemblées provinciales, saisies de ces nouvelles |iro| lions par les députés qu'eJl^s avaient envoyés à Bruxelles, en firent Tobjet d'un examen qui parut lasser la petienoe du roi, dont fe désir îe plus ardent était de l'etourner promptemnnt en Espagne. Wjk la fiotte, qui devait le transporter, t'attendait en Zélande. Il avait d'ailleurs quitté Bruxelles et s'était rendu h Gand, dès les premiers jours du mois de juillet, afin d'être plus près du Heu fixé pour rembarquement. Il convoqua les états générauîÊ dans la capi^ïe de la Flandre pour îe dernier jour du mois, et, en attendant, il mettait Ta dernière main h la nouvelle ôrganinalbn administralive des Pays-Bas.
Le vendredi, £7 juillet, opi*è3 avoir fait célébrer les obs*qu^ de Henri 11, mi dt* France, Philippe, suivi de toute sa cour et de ses gardes, se rendit iVchcval au-devant de Marguerite de Parme. désigna pour flre investie du goi ive m ement général de® dix^sept provinces. Ayant reneontré sa sœur à un quart de lieue da la ville, le roi mit \m^ à terre, raccueîlUt avec de vives démoosrrolions d ^amitié, et la conduisit ensuite en grande pompe jusque rhôtcl qui lui avait été préparé ',
Le lendemain , le descendant des ducs de Bourgogne présida^ dans l'église de Saiat-Bavoo, le vingt-troisième et dernier chapitre général de l'ordre de la Toison d'or. De riches tapisseries
ftoixtiute, tvni milJe ffant^T comme le duc de ïxngueTÎtte, et mèfùé deux cent mille frftiic^, camino h coûnélable, qm cependant n^n ptija que ïa moitié, car le re^te luf fut remis. En len nTunissant toutes uns^ttible, L'Ues Quraient stifli pour soulenîr la guerre pendant une année. Les pey- «ins, ïiL'C^iblés de corvées et rhnrgès d'impôts continuels dans plusieurs des principales pravint&#, telles quêta Normandie ai la Picardie presque tout entière, fwronl forc^^s ûa quïttcr leur pays ^ tant th se tfou^'nietil misera^ lïles. « Bêlât tous dts ambtiss(ufeur» vénitietix $ur hê o/fntrês éc Frmttt im ivi» xiéek, i. L p. 409.
^ Néft^r fat îom, etr,, ûc S^ba?tïçn de l'A'ïbcspini' p. ï^-^, '
UVftE IV (152^); 151
cç>uvraient leg murs ; les staliee du chœur, surmontées des armoiries des chevaliers, étalait recouvertes de velours cramoisi, «t. la place réservée au roi, pomme grand maître de l'Ordre, marquée par un drap d'or. Le clergé alla chercher processioni)eUenhent les chevaliers, réunis avec lé souverain dans nne des ^alloa de la coUr; Précédés des trois officiers de TOrdre, le chan- .çeiier, le trésorier et le greffier, les chevaliers, présents en Belgique, suivirent le clergé, vôtùs de robes et de manteaux.de salin cramoisi ; seize marchaient d'abord deux à deux ; puis ^eoait le roi seul ; 'il était suivi de. trois autres cbevahers à cheval, Après avoir assisté aux vêpres célébrées par l'évéque de Tournai , Philippe ouvrit le chapitre K II s'était proposé de faire accepter par les dhevaliers présents des mesures qui tendraient à échauffer leur. zèle pour la religion $ mais il fut mortifié de ht xésistaj^e qu'il rencontra. .
.Le même, jour , il écrivit à l'évéque d'Arras cette lettre digne jde remarque : « J*ai proposé au^ membres de Tordre les articles « 4ressés par le chancelier et qui renferment les trois points sui- « vants : A"* n'élire jamais qu'un catholique. à l'abri de tout soap- « çon en ce qui concerne la pureté de sa foi; f* veiller avec le K plus grand soin-, maintenant et à l'avenir, au soutien de la reli- ^ gion dans leurs terres , et à la. répression des délits commis «contre elle; 3^ entendre la messe chaque jour autant qu'ils « pourra faire sans notable inconvénient. Bien que ayant juré le «( -secret sur cette matière, ainsi que l'jexigeait le service de Dieu, « cependant, oonuhe je suis sûr que vous le garderez aussi de M votre c&lé, je vous en donne communication, vous priant aVec M instance de ih'envoyer votre aPvis. Dés trois points ci-dessus, le tt premier a été accepté presque à Tuttatiimité ; le seoond à arrêté « plusieurs d'entre eux qui disent qu'étant déjà astreints à ce
I Journal mantscHt de VARDBifBsaE.
LES PiYS--BAS SOUS FHILIPPf lU
rap" ,
« devoir parles placards, souâ peine deooiifiscatbn de le * et d'autres châlinienls, il n'est pas nécessaire de leur en rap- « peler une seconde fois 1 accompïissemeot. Quant au troisiè « artioEe. il est devenu Tabjet de œntmdictions plus vives enooi^ « ils prétendent, en efîcl, y être déjà tenus comDie chrétiens < M qu'on leur fait tort en les exposant, par Tinfraction du serment « qu'ils prêteraient , à ajouter un nouveau péché à celui qui « peut résulter déj;"! de l'omission de leurs devoirs sous ce rapn port. Quelques-uns d'entre eux, dailîeurs en petit nombre, i« ne me semblent pas animés d'intentions bien droites ; quant K aux autres opposants, ils s'imaginent peut-être , quoique bien n è tort, qu'on leur impose des obligations excessives '. » t^H Jemïemcdn, dimanche, les chevaliers entendirent ensemble ^i messe qui fut célébrée dans la même église, puis ils se rendirent à l'hétel de ville, où leur banquet fut présidé par le roi, assis sous un dais très-riche, ils allèrent ensuite, vêtus de velours noir, ouTr les vigiles pour les chevaliers trépassés. Le jour suivant, aprfe le service funèbre également célébré pour les chevaliers trépassés, les membres de l'Ordre dînèrent de nouveau ^i rhôlei de ville sous ta prèsidenee du roi« Enfin, le 1^ août, apil^l une dernière messe, les chevaliers se réunirent en chapitre pour' réprimander les membres qui n'avalent pas observé les statuts et pour pourvoir aux places vacantes. Le comte de Meghem et cemie de Mansfeld furent les seuls chevaliers présents qui rent une réprimande t le premier pour quelques écarts dans ses mœurs et particulièrement pour avoir contracté lliabilude do jurer ; le second, pour avoir dit des injures à un officier de justice du grand conseil de Malines et à ua bourgeois de Bruxelles, qui le venaient interpeller |jour le payement de quelques detlesi
et ^j
'i^ «en 1
I Papiers d'État du cardinal tîv Cranvede, l. V, p, Gî8 ctsuiv,
' ^o Ji r/ï<i ; d 0 V AN D EFE sfiÈ . Gon r ÏÏiêtoirâ d§ l'ordre di la Toison ef or, p . t î 5
uvac IV (i5S9). 155
Les chevaliers admirent enamte dans l'Ordre : Marc AnUHOie Colonoa, ducd'Urbio ; le seigneur d'Achioourt, de la maison de Monlmorency ; le marquis de Benty, de la maison de Croy ; le prinoe d,e Solmone, de ia maison de Lannoy ; le seigneur de Terooin , de la ihéme maison ; le comte de Ligne ; Antoine de Labdng^ oomte de Hooghstraeten» et Floris de Montmorency, sogneor de Montîgny. Ces deux derniers, pour lesquels Philippe témoignait de la répugnance, durent leur admission à l'inter- TeDtkm active du prince d'Orange qui, au risque de mécontenter Ie;8onverain, sollicita en leur faveur les suffrages des chevahterSf ses confrères '. Philippe sentit le coup : « Nous avons tenu «adaellement le chapitre, écrivit-il à Tévéque d*Arras, et les K trois points ont été adoptés, sauf quelques modifications faites « aux deux derniers, de manière que la chose est en bon train. « On a élu quelques jeunes gens, quoique je leur eusse dit de • n*eD*rieQ faire; mais ces nouveaux membres de Tordre pourc ront passer à la rigueur ; je n'en vois qu'un seul qu'on eût dû « laiaser de côté. Auparavant je les ai présentés à madame la « duchesse de Parme, et j'ai traité en sa présence avec eux et « elle les afbires de la religion ; ils m'ont répondu de manière à « me satîs&ire , quoique en se plaignant un peu de mon silence « précédent, qui semblait indiquer de la défiance de ma part; je « leur ai certifié qu'il n'en était rien. Quant aux autres points, « ils ne m'ont rien répondu et semblaient agir avec quelque con- « trainte ; et conmie j'insistais pour avoir une réponse, ils m'oot « fiait observer qu'ils n'avaient autre chose à me dire, sinon qu'ils « étaient disposés à exécuter mes ordres '. »
Les états généraux, convoqués pour le 31 juillet, se réunirent enfin le? août. Philippe était présent et avait pris place entre le
^ StKàDA, iib. 11.
' Papiers d'Étal fiu cardinal de Granvelle, t. V, p. 634 .
LES PAVS-t4$ SOUS rtlllJ|>I>E II,
duc de Savoîc et la duchesse de Parnif. Granvêlie, de nouveau désigné comme l'interprète du souverain , expliqua , dans ûA long discours, les luotife pressants qui lo déterminaient à i touroer en Espiagne^ les raisons qull avait de compter sur J'assi^ïtance des *^tats généraux, et celles qui r'avaierit engagé à ooûfier le gouvernement des provinces à sa soeur, la duchesse de Parme. ïl dit que le roi éprouvait lo plus vif regret de s'éloigner des Pay§-Bâs, mais que sa présence en Espagne éiaît deveoue absolument indispensable ^ Tous ses efforts avaient été employés, a|outa-t-ll, pour décharger Je pays des gens de guerre étrangers ; il y avait consacré toutes les aides accordées par les états et pluï) de 4,100,000 florins tirés de lEâpâgne. Il restait cppéndaut encore une tro/onene allemande, à laquelle on devait une grosse somme. Cétail pour racquitier que la dernière aide avait été demandée, il annonçait ensuite la nomination de Marguerite d'Autiiche» duchesse de Parme, comme, gouvernante générale des Pays-Bas ^ en remplacement du duc de Savoie , que le dernier traité avait remis en po^ession de ses propres ÉlatSg
^ Selon Bcativogliû, il tuMll, d'un c^lé, pi^évenif les périls dont VËsps^m éUiii ineoaoét? par rtiéréaio qui Ht'f giismii Insenâiblement ; de Tsiutre, prendre dos précautious contif3 les MarosqueSi doiit elle était remplie et qui y ut»jieut su^ïpGcts, Ou cruigmiit» dit-Lit que si FËtat venait à être troubkpar quelques divisions Intestiac^, ils bq çherchaââent à en profiter* et ne îic réunissent avec ceux du coulttient de l' Afrique, Histoire desguerrtids Fianârv, liv. I*r — il est cei laJn, en effet, que Ja craiuie de voirTEspague sgrlàs par lea nouvel les doctrines religieuses cofitriïxia à hâter le dépaK de i^hjhpi:io. Dans une Jellre de Sébastien do l^Vubégpine , écrite de Gaod^ le 4 août, et a dressât ai^rcil deFrauce^ ou lit : <• Que les dernièref^ dépeecbes ^f arrivées depuis Irob jours d'Es^iagno cttaoloat que la religion €j trouble « de plus en plus, et niesmes à i*en droit ûm ptu^gmnd^, qui est bien, « avec les au tris Of. casions, Tune des pdricipales c^us^es qui font hdf^ter m ga Mfljeslé pour y remédier, et de bon ne heure pourvoir à d^ tNles cala-
el à défaiit'du prince d'Espagne, que le toi, malgré son désir, ii'avtil pii faire «veair dans les provinces belges. Philippe avait, selon iû discdors cffficielv porté son choix sur sa propre sœar, paroe'^'elle était du sang royal et' en considération de ramouf et de robéissanJée qu'elle ii*avait cessé de témoigner à feu Tempereiir ^ didi^^môme, en Considération aussi de là grande affection qMUe- avait toujours portée à ëon pays natal /où elle avait été élevée, et.enOn parce tpi'eile possédait les langues qui y étaient inMsédsi' Il lui avait donné une autorité aussi grande que ceHe dent avaient été successivement investis la reine douairïère de Hongrie et le duc de Savoie, «r Le roi vous ordonne, poursuivit • Tévéque d'Arras,- d'obéfr à sa sœur, de l'honorer et d'avoir 4t pour elle le respbct^ les égards que vous témoigneriez à la -li'pérSôûnè même du souverain, a L'orateur du gouvernement abëfdait ensuite la* question la.^lus délicate, la répression de rhérésie. Lé roi, didait-it en substance, désire écarter de tous ses pays lès mauir que càuJBent les nouvelles sectes, comme ses d&voimenvers Dieà^ ses obligations envers ise? peuples l'exigent, pdnque rexpérience des choses passées démontre qu uii change^ ijientde religion ne s'accomplit pas sans qu'il s'opèro en même temps un changement dans l'État, et que souvent aussi les pauvres* et les vagabonds saisissent cette occasion pour s'emparer des biens des riches. Décidé à suivre l'exemple de rerapereùr, 'êttù phe; ayant toujours présent à la mémoire ce que feu l'empereur lui avâiit prescrit dans^on testament et ce qu'il hii avait si expressément recommandé en abdiquant , le roi chargeait la gotiverhdnte d'employer ébn autorité tout entière à maintenir: les Pays-Bas dans l'union catholique ; il la chargeait aussi de faire ri^ureusement exécuter les 0dils de l'empereur, renouvelés par Je roi, eq ,4555,. pour l'extirpation de l'hérésie. Les gouverneurs, les. ooDseils de justice et les états devaient concourir tous au même but. Enfin, le roi, conservant le souvenir de tout ce qu'a-
iM
LES PA\S"Ï1AS SOUS PBtLtPPË II,
vaient fait les états pour ses prédécesseurs el pour luî-méme, pspérait qa'iis iui porteraient le même respeci en soa abstîïicû^ U c^rre^jpoaijrah» de son côlé, à ces sentiments, el assurait ses sujets des Pays-Bas que toutes les fois qu'il serait nécessaire, i| I les assisterait de sa personne et emploierait volontiers tout ce que Dieu lui avait donné de puissance pour leur bien, leur prospérité et leur repos •• Philippe II et le duc de Savoie dirent ensuite quelques mots pour prendre congé des représentants du pays; puis la duchesse de Parme déclara qu'elle acceptait le gouvernement.
Toutes ces communications avaient été accueillies avec froi'- j ileur, car le eUangomenl qui K't*tait opéré à la cour depuis labdication de Charles-Quint avait prûfondément méeoo tante les grands seigneurs et la noblesse des Pays-Bas. Le prince dOrangef fe comte d'Egmont, le comte de Homes, même le baron de Berlaymont, si dévoué pourtant au pouvoir royal, voyaient avec une ' fieinc infinie leur exclusion des conseils intimes du monarque, liabituds aux préférences de Charles-Quint pour ses conipa* Iriotes, ils ne pouvaient supporter d'être maintenant suppliintés par les ïluy Gomez^ les d'Albe et les Ferla* Ils dissimulaient à peine leur jalousie, et elle s'était encore accrue depuis que te' bruit avait été répandu que lintenltOD formelle du roi était de laisser auprès de la duchesse de Parme un certain nombre d'Espagnols pour l'assister en toutes choses, et on nommait le comte de Feria» le secrétaire Erasso ainsi que Vargas^ naguère ambassadeur à Venisep Granvelle lui-même, quoique toujours
1 Ce discours ou proposition a <âté pohlié iaiçgralemeni par M. Gâcha rd« dans la CQUeciion dt9 documeiUs inëdils concernant i'hûtoive de ta Belgique, t. l*r, pp. 3l3-31i, Slrada dit positivemcot que T^v^ite d'Arras r^iM rordrede parler au nom du roi. On peut voir, d'oitleurs, daus les Papmr^ d'Étaidu cariihmt de Gratîvelie, L W p. «33, que Philippe II avait ctiarfé c^ deruicr de fuire la ptaposition ccmcorûant l'iOTi^stiturê di la dttehesBt dt Parai c\, tu ,'t^u*, » n, '«a "i un »•»!
uTftE IV (15K9). 157
ooDSultô par le roi, ne voyait point sans dépit grandir rinfluencé des E^gnols, car elle surpassait Tautorité que lui donnaient snfù expérience et ses talents éminents. La bourgeoisie aussi remarquait avec déplaisir la prédominance des Espagnols ; qûe^ ques-uoes des assemblées provinciales avaient même rëdamé déjà contre le séjour prolongé des troupes de cette nation dans les pisoes frontières '.
' Les dépotés aux états généraux se trouvaient à Gand depuis là fin du mois de juillet ; ils avaient eu le terâps de se commu» niqoer leurs plaintes et leurs appréhensions; ils avaient en outre subi rinfluencé de quelques seigneurs importants. U fut résolu, à rinsligation du prince d'Orange *, qu'une remontrance serait adressée au roi contre Timmixlion d'étrangers dans la garde et le goavemement du pays. Cette protestation écrite fut présentée le lendemain, au nom des états, par Borluut. pensionnaire et député de Gand. Les états exposaient respectueusement qu*il importait au repos et à la sûreté du pays que les frontières et les forts fussent gardés par des soldats nationaux» ainsi que cela avait lieu sous le règne de Charles-Quintet de ses prédécesseurs :
' Noos avons analysé une des dépèches les plas intéressanies de Sébastien de TAubespioe. Elle est datée de Gand , le 4 août , et adressée à François II. Après avoir fourni les renseignements résumés ci-dessos , Tam-
baïaadear ajoute : Rien n*est bien dict, bien faict ne bien pensé qui
« ne soit en espeignol et d*un espaigno). Cela, Sire, ramène les regrets da « feu empereur, de la royne de Hongrie, et, somme toute , aigrfst tant et
« tant ces peuples que chacun en espère mauvaise yssue » De même,
il écrit an cardinal de Lorraine et au duc de Guise : • Vous assurant bien • que tout le monde n^est pas content en ceste court, où il se prépare un « durdiangement, et avec un infini regret et malcontentement de tous les m snmds comme aussi de la noblesse, dont les apparences se montrent « (montreront) mieulx après le part^nent de Sa Majesté. » Négociatiotié, kUrtê, etc., de Sébastien de TAubespine, p. 75.
« &r»ADA, llb II.