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tm PAYS-BAS mvs phimpfe m.
l'avts do conseil tlctat et du conseil privé j dans Jes matières financières, elle devait f^gaïement suivre l'avis du canëêiJ des finances. Par ses patentes, elle avait le potivoir de dtsfioser de tetjs bénéfices et ofScas : le mi subordonnait ce pouvoir, quant aux bénéfices, à tin r61e qu'il lui laissait; quant aux dignité abbatiales , elle |>ourrait conférer celles des monastères de femmes , à l'exception des abbayes de chanoinesses séculières , et des monastères d'hommes valaot moins de trois mille livres par an. Le roi se réservait les autres ainsi que la 'disposition des gouvernements de provinces et de Famirauté; il se réservait encore la nomination des gouverneurs et capitaines des villes d'Arras, de Béthune , de Sainl^mer, de Hesdin , de Bapaume , de Cam^ brai, de Landrecies, du Quesnoy, d'Avesnes^ de Bouchain, de Charlcmont, de Phïlippeville^ ainsi que des cliàteaux de l'Écluse et de Lille ; la nomination des chefs de tous les collèges de justice et des bailliages de Uaînaut, de Gand ^ de Bruges^ celte des capitaines d'hommes d'armes, enfin les grâces concernant le crime de lèse-majesté, les concessions do pri villes perpétuels sollicités pour les villes, les communautés ou les particuliers. L'autre instruction enjoignait expressément à la gouvernante de faire exécuter les édlts en vigueur contra les bérétiquas h sans infraction , altération ou modération ^ n elle devait aussi veiller à ce que les inquisiteurs s'acquittassent bien de leurs fonctions et q\ï\ls fusst^nt régulièrement payés afin qull n'y eût pas de délai ni dlntcrruption dans les procès qu'ils étaient chargés dlastruire '.
«;i l^ commissIoQ de Margui^rlte de Parme alusl que les dcui. instrae- Uoos an al y ^s ciHlesiUs oat été publiées dans la Corre^ponflanee de Philippe U, appendic* du tome II, p. ^-67-477, Voir mm un manuscril de l'ancienne bibUoLUèque de Baurgogne, n^ I637G. — Le trailemeot de ta driehcs^^e de Parme fut Ûxâ à 70,0(10 florins par an : 3^,000 Ûorim de triit^raetil ôrdiaajre et a4|00u florias commi' traîtemeot ext4iiordiiiaire. Lu
Ltvns IV (1559). 161
Le conseil d'État restait composé de la manière suivante : Granvelle, évéqued'Arras; Ciiarles, baron de Berlaymont, chef an conseil des finances ; Viglius, chef-président du conseil privé ; Guillaame de Nassau , prince d'Orange ; Lumoral d*Egmont, prince de Gavre; Philippe de Stavelc, seigneur de Glayon, grand maître de l'artillerie, et Simon Renard, ancien ambassa* deor en Angleterre. Il était statué d'ailleurs que tous les cheva-^ liers de la Toison d'or auraient entrée au conseil d'État lorsque, se trouvant à Bruxelles , ils y seraient appelés par la gouvernante ; les membres du conseil privé et ceux du grand conseil de Malines auraient le même privilège pour les affaires judiciaires ' .
Cependant la gouvernante avait aussi reçu des instructions siBcrètes qui lui traçaient la conduite qu'elle aurait à tenir dans ses rapports avec le conseil d'État. Pour prévenir des divisions intestines, donner plus de liberté aux opinions et rendre en même temps tous les membres solidaires, elle devait les obliger, alors même qu'ils n'auraient pas été de l'opinion qu'on avait suivie, de la défendre hors le conseil, comme la meilleure qu'on avait pu adopter. Si , d'autre part, la gouvernante voyait se former, au sein du conseil , des coalitions pour faire passer l'une ou l'autre mesure, elle était autorisée à se contenter de l'avis d'un comité intime ou consulte, que Phiilppe composa lui-même de Tévéque d'Arras , du baron de Berlaymont et de Viglius. Les propositions relatives à-la collation des offices et bénéfices devaient être réservées exclusivement pour la consulte seule. Ainsi le voulait expressément le roi , afin de soustraire à l'influence
doc de Savoie recevait 36,000 florins, comme traitement régulier, et une indemnité extraordinaire de 30,000 florins. — Archives de I*audience, carton n* 21 .
■ Recueil et mémorieU des iroublei des Pays-Boê du roy, par Joacoim HoFPiBVt (dans les Anafecta Delgica, de Hotnck Van pAPEnotECHT, la - Haye, 4743, in-4»), t. IV, p. 49.
LES PAVS-llAâ soirs PUîLiPPB n.
des seigneurs la partie la (>lus délîcata du gouverRomeiit. De même, dans les circonstances urgentes et qui ne permcHaienl point d'attendre une réunion générale, il était encore permis à Ja gouvernante de sV^n rapporter h son conseil secret \ Telle fut la combinaison qui^ en éveillant à juste titre Ja jalousie et 1^ défiances des seigneurs principaux, devint le prétexte d'un mécontentement qui devait se traduire ensuite en opposition flagrante.
Les gouvernements des provinces furent , d'a|>rès les indications deGranvelïe, répartis de la manière suivante :
La Flandre et l'Artois, au comt^ d'Egmont ;
La Hollande p la Zélande et la province dlUrechl, à Guiltatime de Nassau, qui reçut encore plus tard le gouvernement du comié de Bourgogne ;
La Frise orientale, l'Over-YsseJ, Groniogue et Lingheo, h Jean de Ligne, comte dArenberg ;
Le comté de Namur, au baron de Berlaymont ;
Le Luxembourg, au comte Pierre Ernest de Mansfeld;
Tournai et le Tournaisis, à Florts de Montmorency, baron de Montîgny ;
Lilte, Donai et Orchies, c'est-â^ire la Flandre gallîcana, à Jean d e M 0 n tmo rency , ba ro n de Co u rrières ;
Le Hainaut, avec Vaienclennes et ta citadelle de Cambrai, à Jean de Lannoy, baron de Molembais^, qui , mort rannée buu vante (1560), eut pour successeur &on gendre, Jean de Oljines, marquis de Berghes-oi;-Zoom-
Tous étaient chevaliers de Tordre de la Toison d'or \
i Strjioa, tib. !. Voir aunssi, en re qui concerne la conmiite^ un i de Granvelle, éati^ les IttiHetint ife ta ComvtUsion irhislmre, L IV (1» rie), p. H 5.
^ Liih gouvi^rnementR d<^^ provînca^ ptJitisat £:«D£i4!$ conférés à vit^. Cet
UYiB IV (1559). les
Lorsque le roi fut parvenu à la souveraÎDeié des Pays-Bas, il avait désigné le comte de Bornes pour le gouvernement du duché deGueIdre et du comté de Zutphen. A la veille de son départ, il le nomma amiral de Flandre , mais en lui retirant sa charge de gouverneur, ce qui blessa le comte au vif. Le duché de Gueldre et te comté de Zutphen furent conGés à Charles de Brimeu, comte de M^bem et S^ d'Humbercourt, descendant de l'infortuné ministre de Marie de Bourgogne.
Le roi répartit aussi entre les principaux seigneurs les qua* torze compagnies qui formaient les bandes d'ordonnance de$ Pays-Bas. Elles reçurent pour chefs : le duc d'Arschot, le prince d*Orange , le comte d'Ëgmont , le marquis de Berghes, le comte de Homes, le comte de Boussu, le baron de Berlaymont, le comte de Booghstraeten, le comte du BobuI}^, le comte d'Arenberg , le comie de Mansfeld, le comte de Meghem , le baron de Montigoy
usage ne pouv9i^ sa concilier avec la défiance et les idées monarchiques de Philippe II. 11 s^en était préoccupé depuis assez longtemps et avait même coDsalté Granvelle sur lo point de savoir si, conformémi9nt à une propositien qa*)l avait entendu faire par la reine de Uongrie, il n*y aurait pas lieu de rendre les gouvernements temporaires Granvelle avait répondu lo 47 décembre 4558 : « Quant à ce que V. M. rapporte du désir manifesté
• ci-devant par la reine Marie de voir les gouvernements des provinces
• rendus temporaires, le fait est vrai, et je me souviens qu'elle en fit ]^
• proposition ; mais, après mûr examen , nous avons reconnu les incon>
• vénients de cette mesure. Les seigneurs, en effet, s'en trouveraient
• offensés comme d*une marque de défiance et n'accepteraient probable- « ment aucun emploi dans un tel ordre de choses, attendu surtout qu'il
• n*est et n'a jamais été pratiqué dans aucun autre pays. » Malgré ces dgections, le roi déclara qu'il inclinait toujours pour Topinion de la reine Marie au sujet des gouvernements temporaires des provincos, ce parti lui aemhlant le plus favorable à la bon ne administration. Cependant il ne donna pas suite à ce dessein. Voiries Papiers (i*Élat du cardinal de Granvelle, LV, p. 395 et 401.
LES PAIS^BAS S0I7& PHILIPPE It.
et h comte Henri de Brédcrode. Ces seignears avaient sans eiix des lieutenants K autres officiers, choisis également dans k\ noblesse \
Granvelle plaça auprès du roi, comme conseiller d'État des Pays-Eos et garde de^i sceaux ^ Charîes de Tisnacq , une de ses créatures '. Le comte de Homes qui, en sa qualité d'amiral , allait également accompagTjcr Je monarque en Espagne, y fut retenu pendant deux ana sous prétexte d'y exercer la charge asse^ vaine, tout au njoins purement honorifique, de superinkndanl des alTaires des Pays-Bas '.
Cependant l'organisation ecclésiastique du pays avait été, de la}îart de Philippe II, l'obJL't d'une sollicitude plus grande encore.
Les Pays-Bas ne possédaient jusqu'alors que trois évéchés: Tournai, Arras et Utrecht. Dans la plus grande partie du pays, la juridiction ecclésiastique était exercée par des évéques étrangrr^. Les évéques de Liège et de Cambrai se partageaient l'auto* rite spirituelle dans le duché de Brabanli la juridiction du premier s'étendait, en outrCj sur la comté de Namur et ta presque totalité du duché de Gueldrc -, celle du second sur la seigneurie de Malincs, le comté de Hainaut et quelques lieux de la Flandre. Une partie de cette dernière province dépendait de Tévéché de
' Les baiïdes d*ordoiin!mre, disFémioées en divers lieux ûm Pays*Ba$, lormaient un effectir de trois mille cavaliers , Jeà uns ârméa do toutes piôoDs commo hoîiïtna^ d*aTme>-t t>t tes autreti, les archers, iWiuipi's pîuâ légèremetit. Ce? troiit miUc niViiUerfî formaient six cents tune^ê^ car on comptail cinq hommes à obev^il pour chattue lance. La compagnie Ist plus nombreuse était de cinquante lances, et lu moindre de trente. FdJirt.GticcuaoïN, fol. 4Sp
' Granvelle parait avoir choisi TJsnaeq « parce que c'esloU un homme assez douK et qii*il lui sembloit pouvoir f^'a^^urer qu'il feroit bieu sa besogne et raidaroit h maiiiUîuîr bod crwdit on lotîtes oeciirrences et l'avertii* de toutes choses ^ m Grande chi*onlqut* df HoUmiikt I. H, p. 38.
> Mémmial de HoppEtts, chap. l.
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Thérouanne» auquel ressortîssait aussi la moitié de I- Artois. L'archevêque de Cologne avait juridiction h Nim^ue et dans quelques autres endroits de la haute Gueidre. De même, les évéques de Munster, de Minden, d'Osnabruck et de Paderborn, étendaient leur autorité sur certains cantons de la Frise, de l'Overyssel et des pays de Groningue et do Drenthe. Il y avait une province, celle de Luxembourg, qui se trouvait soumise à six différents prélats, dont aucun ne résidait dans le pays : les archevêques de Cologne et de Reims, les évêques de Trêves, de Liège, de Metz et de Verdun. On a dit, avec raison, que les inconvénients de cet ordre de choses étaient très-graves ; les évêques étrangers et leurs oflBciers se permettaient souvent des abus de pouvoir, au préjudice des droits des citoyens et des libertés nationales, même au détriment des prérogatives et de la dignité du souverain. D'autre part les intéressés, dans les causes ecclésiastiques, devaient se pourvoir en appel devant des tribunaux éloignés et situés hors du pays, recours difficile, et même périlleux, en temps de guerre. Mais cet état de choses était plus préjudiciable encore aux intérêts de la religion. L'étendue des diocèses (dans celui d'Utrecht on comptait près de 4,400 églises et plus de 200 villes fermées) empêchait les éyéques de diriger et de surveiller convenablement leur clergé. Il en résultait que les ecclésiastiques s'acquittaient de leurs devoirs avec négligence, que le relâchement s'était introduit parmi eux, et que ce désordre favorisait les partisans des innovations religieuses '.
Déjà Philippe le Bon avait songé à augmenter le nombre des diocèses dans les Pays-Bas * < Charles-Quint au&si s'était convaincu, dès les premières années de son règne, de la nécessité
> GAcnAnn, Correspondance de Philippe II, t. \ (iniroducl.), p. xcni et suiv.
' Strada, lib. L
LE$ FAVS-BiS SOUS J'HJLirpE if.
(fofiéîLT ui»e réforme dans l'organisation ecclésiastique de tM [vrovinces ; et chaque fois qu'il s'était trouvé en bonne înteiligenotJ avec le saint sîége, if avait fait ouvrir des négociations à Romii pour cet objet. Lorsque Adrien Florent, son ancien précepteurii eni été élevé au pontificat, Tempereur chargea leviee-roida Naples, Charles de Lanîioy, et te duc de Sessa.son ambassadeur h Home, de soiUciler du nouveau pape une bulle qui înâtîtuât en Flandre les évéehés reconnus nécessaires. La brièveté du pontificat d'Adrien Vf ne lui permit pas do s'occuper de cette affaire Elle rencontra ensuite un autre obstacle dans I^ graves différends qui s élevèrent entre Charîes-Quint et Clément VK. Mais aprfe la récimcilialion drs deux souverains en f529, les négociations furent rt*prises. 11 sagissait alors d'ériger six nouveaux sièges, qui auraient été établis à Leyde, à Middelbourg, à Bruxelles, à Gaiid, à Ypres et à Bruges. Le duché de Gueldre et le conit^ de Zutplicn ne faisaient pas encore partie de^ États de Charly» Quint V Bien que l'empereur dt^irât avec passion d'exécuter cette cntre}>rîse/ 1\ fut arrêté dans son dessein par les guerres qui troublèrent sofi règne. Peut4tre aussi eraignait-il de diminuer, par l'établissement de nouveaux sièges, ta puissance et l'autorité de son oncle Georges d Autriche, évoque de Liège* Quoi qu'il en soit, entre les derniers avis qu'il don^a à rhUipi^Hï, soti dis, celui-ci était le premier. Le nouveau souverain ne le négligea point et agrandit encore !e plaii de son prédécesseur. It fut d'aulant plus puissamnïcut persuadé d'augmenter le nombre ée^ |Tasteuts que de jour en jour, disait-il plus fard, la population s'augmentait dans la Flatïdre; que riierésie, qui sortait des États circonvoisins, commençait à s y établir, et quil avait imprime dans sou âme le commandement de son père, aux yeux duquel e'était là le seul moyen d'assurer la religion dans 1rs Tay»-
* Gacrahi*, "per. cit., p icv.