‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 91 sur 198 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

|)érité. Aucune autre ville de Flandre ne la surpassait en étendue ni pe J*éclipsait par le nombre de ses habitants. Les tisserands étaient toujours à la tète des cinquante-trois métiers; car la fabrication des toiles demeurait la source principale de la richesse de la ville et de la province. Indépendamment des toiles, la tisseranderie embrassait les draperies, les serges, les tapisseries, le satio, etc. On poursuivait alors à Gand la construction de 1 hôtel de viUe, dont la première pierre avait été posée en 1481 , et qui ne devait être complètement achevé qu'en 4580.

Le fief principal du comte d'Egmont était situé à trois lieues <le Gand : c'était la ville de Gavre, qui renfermait un château avec le titre de principauté.

Bruges, autrefois la résidence favorite des comtes de Flandre £l des ducs de Bourgogne, était une cité admirable par la régularité de ses rues, la grandeur et la somptuosité de ses édifices ; mais c'était une ville déchue depuis que le commerce européen avait fait d'Anvers sa nouvelle métropole. Charies-Quint avait vu avec regret la décadence de Bruges, qui portait comme l'empreinte de la magnificence de ses aïeux et de Tantique prospérité de la Flandre. Désirant, en 1544, y attirer de nouveaux habitants, il avait ordonné que tou$ les gens de métier qui voudraient s'établir à Bruges, pour y prendre bourgeoisie, y seraient reçus, sous condition de payer, pour tous frais de réception ou d'admissioni la somme minime de cinq sols. Mais l'émigration des marchands étrangers , à l'exception des Espagnols , ne se ralentit point. Bruges conserva seulement l'étape des laines d'Espagne et, après la prise de Calais , les Anglais y transportèrent aussi, pour quelque temps, l'étape des laines de leur pays *.

* La première était encore la soarce d*iin grand revenu puisque, en 4550, Brages tirait annuellement d'E^gne pour plus de 350,000 ducats de ces laines. Beiaiim de Marino Cavalli.

1§6 LES PAVS-BAS sors PBILIPK II.

Les contestalkHis comnierciâles, qui surgireol vers 1559 el qui ne tardèreol point à s^eoTeniiDer, eogagëreol les Angiais à transHérer ensuite cette étape à Emden. Une guerre de tmh s*était engagée entre les deux peuples, et continua pendant plusieurs années en s'aggravant , aucun ne voulant se relâdier de ses prétentions. Enfin les Angiais, trompés dans leurs espérances, consentirent à conclure, le 24 décembre I56i, un accord qui rétablit l'ancien état des choses. Puis, en 1566. un congrès composé de représentants des deux pays et assemblé à Bruges décida que provisoirement il y aur^t liberté de commerce entre la Belgique et TAnglelerre el que , si les deux gouvernements ne voulaient plus s*en tenir à ïenireco9tn condu , en 1495 , entre Philippe le Beau et Henri Yll, on devrait des deox côtés en avertir le commerce quarante jours d'avance, pour éviter toute surprise. L étape des laines anglaises fut alors transiérée à Anvers, mais en 1569 , des événements plus graves détenumèient son établissement à Hambourg.

On trouve sur les longs dilCéreods, qui s'élevèrent entre les Pays-Bas et {Angleterre, des détails d un grand inter^ dans une dépêche écrite par Granvelle , le i8 mai 1564, à don Diego Gusman de Stiva, nommé par Philippe II son ambft«95adeur près la reine Elisabeth.

Gran%-eUe eiposait d'abord l'état des contestations : « La plus < grande affiire. disait-il, qu'on ait ntaintenant avec les Anglais, « est celle des dommages que, sous prétexte de la ^erre avec « la France, ils ont faits aux sujets du roi : des impœsil&oos nou- « velles et inaccoutumées qu'ils ont établies, contraireioent aux

• traités : de Fédit qui a pour but de leur assuner le monopole « de la navigation, à I exduâîon des autres poiâsaoces. ei d'em- « pircber qoe les produits des manufoclures des Pays-Bas ne « soiect importes en Angleterre, afin d y attirer ee^ ixivners de

* c^< provirb>=s. Du oicè du roi. on a «se de repcesyàlles ; on a

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