LITRE V
MaHoes était aussi te chef-lieu d'un petit État indépendant. Ancienne résidence de Marguerite d'Autriche, siège permanent du Grand Conseil, la ville était h la fois une forteresse et une cité princière; ses palais, ses hôtels, parmi lesquels on distinguait ceux de Nassau et de Hooghstraeten, annonçaient le luxe et l'aisance. Parmi ses nombreux édifices, on distinguait la cathédrale de SaintpRombaut et le couvent de Pitzenbourg, qui appartenait à Tordre Teutonique. La fabrication des draps et des toiles enrichissait la bourgeoisie. C'était à Malines que se trouvait la fonderie de canons et que l'on gardait dans la Maison de la munition Fartillerie du souverain. Cette ville contenait aussi le plus célèbre béguinage des Pays-Bas .* il était bâti en forme de forteresse près de la porte Sainte-Catherine et renfermait presque toujours plus de douze cents nonnes.
-. Terminons ce tableau par la description d'Anvers qui, dans sa q>leodeur étonnante, résumait en quelque sorte la prospérité de toutes les autres provinces et villes des Pays-Bas.
En effet, pour se rendre compte de l'immense mouvement industriel et commercial qui vivifiait les Pays-Bas à cette époque, il faut se représenter l'opulence et l'activité de la reine de l'Escaut. Anvers était alors la première ville commerçante non-seulement des Pays-Bas, mais du monde. Elle avait supplanté Bruges ; elle édipsait Venise. L'ambassadeur vénitien Marine Cavalli écrivait en 4550 : « 11 se fait dans cette ville tant d'affaires de change et « d'autres sortes de marchandises que j'en ai été étonné et émer- ^ « veillé, voyant que, sous ce rapport, Venise même était sur- « passée par elle. »
Le berceau d'Anvers fut le Bourg, dont on voit encore quelques vestiges; il comprenait l'église de Sainte-Walburge, la Vierschare ou maison de justice, et la prison publique (hetSieen)- La ville ne s'agrandit que lentement; sa première enceinte fut
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LIS nivâ-vAS sous i^HiurpË ii.
construite en lâûf ; la seconde en <3U; la troisième en 1513. En 14ii, on n'y voyait que six bateaujc, employés uniquement à la navigation des rivières. Ce fut vers cette époque qae la compagnie des marckawis de la confralBniiié qmii^ Middelbôurg et transporta à Anvers son commerce maritime qui embrassait les faines, les draps, les plombs, les cuirs, rétain et autrr's marchandises d'Angleterre. L institution du consulat en U85 atteste l'importance croissante d'Anvers, Une ordonnance du 5 mai de cette année établit une société mercantile, gouvernée par quatre pci'sonnes et dont les membres devaient contribuer â fornner une èow^se cùmmunep afin de pouvoir par ce moyen « poursuivre «i dûment toutes les provisions, restitutions, réparations, récom- « penses, et établir les autres remèdes nécessaires contre les « prises, dommages, préjudices, injures et torts qu'on pourrait Il leur avoir faits, soit en particulier, soit en commun, et contre^ Il les charges nouvelles qu'on voudrait leur iniposer malgré la M coutume du pays *. » Les deux foires, établies à Anvers durant le XV" siècle, contribuèrent aussi à attirer les marchands étrangers dans cette ville : chacune de ces foires durait six semaines ; pendant ce temps de franchise^ il était loisible à tout marchand de venir et de séjouruer dans la ville, puis de s*en retourner avec sa marchandise, sans qu'on pût l'inquiéter au bi^ de ses dettes* Un autre app^^t pour les étrangers, c était la préf**"^ gative dont jouissaient les femmes d'Anvers de sauver leur dot des débris de la fortune de leurs maris et d'être préférées atii autres créanciers.
Au commencement du xvi* siècle, le commerce occidental^
I Les marcbAnds se plai go aient partie uTièremeat des eiLactions qu'ils avaient à stipportûr en Ûostlandef Norw^e, Angleterre, Ecosse, France et Alîemagne. Voir BEirPENB^ac;, Mèmoirf svr fétat du eammeref, etc (/uni (e$ Fu^'Baê au \v* H uu jtTi* Siècles^ p. 113,