LIVRE V
coiQwenoe h déserter Bruges pour affluer à Anvers. £n 4503, les Portugais, ayant occupé Calicut, «ipportent Jes épiceries des Indes dans leur pays et de là aux foires d'Anvers. Un facteur du roi de Portugal vient se Qxer dans cette ville pour soigner les intérêts de ses compatriotes. Les épiceries des Indes étaient conduites auparavant par la mer Rouge à Beyrout et à Alexandrie, de là à Venise, d'oii les Vénitiens les répandaient en Italie, en France et en Allemagne. Lorsque les Portugais eurent choisi Anvers pour leur entrepôt, ils furent suivis peu à peu dans celte viUe par les principaux négociants de la Germanie ( les Fugger, les Welsers, les Osteters). Nicolas Bechtergem fut le premier, suivant Guicciardin, qui acheta des épiceries du facteur portugais, et qui en aiVoya directement d'Anvers en Allemagne. Gomme 00 ignorait encore dans cette contrée la nouvelle conquête des Portugais, les Allemands furent tellement émerveillés qu'ils craignirent quelque fraude, parce qu'ils étaient accoutumés d'envoyer eux-mêmes d'Allemagne dans les Pays-Bas ces mc^mes épiceries, qui leur venaient par terre de Venise.
1^ décadence du comptoir hanséatique de Bruges suivit le déplacement du grand entrepôt des denrées coloniales. Plusieurs causes déterminèrent cette décadence ; la principale fut la lotie engagée entre l'ancien despotisme de l'étape, qui avait fait la force de la ligue hanséatique, et la libre concurrence, qui voulait maintenant se substituer au monopole. Dès l'an 1507, le comptoir de Bruges demandait aux diètes hanséatiques que àéteme fût faite aux Hollandais et aux Brabançons de vendre puUiquement, au marché d'Anvers, du cuivre, de la cire et du goudron ; ce négoce, disait-il, devait être exclusivement réservé aux marchands de la Hanse, et il fallait interdire en outre aux villes hanséatiques d'expédier directement leurs marchandises ^^es marchands qui n'appartenaient point à la confédération. En 4547, des plaintes plus graves parvinrent à Lubeck • des
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LES PAV^-BAS SOl'iî PltrLlPI^E 11.
lïîmséates avaient été nialtrailés à Bruges ^ le iir position n'était [Ans tenabledans cette ville ; ils demandaient en conséquence de pouvoir transférer leur comptoir à Anvers Mais la diète lijouma ^a décision sur un point aussi important * .
If importe de remarquer que ce fut vers 11316, suivant Guicciardin, que les autres marchands étrangers, à l'exception de quelques Espagnols, vinrent suoceesivemeiit se fixer à Anvers^ on distinguait surtout les maisons italiennes des Gualterottj, des Bonuisî et des Spinoli.
Indépendammenlde ce mouvement irrésistible qui entraînait vers Anvers tout le commerce de IKurope occidentxife, d'autres causes liâtaient la décadence du comptoir de Bruges, f^ discorde, qui affaîblî.ssaît et dceonsidi^rait les villes de Ja Hanse, s'était communiquée aux particuliers, et la ligue était tombée dans le mépris aux yeux des peuples et des souverains des Pays-Bas Cependant les Brugeois, voyant décliner leur prospérité, voulurent s opposer au départ des hanséates. Ils leur offrirent tous les genres de satisfaction et, en 1530, députèrent à Lubeck deui de leurs magistrats pour que la diète enjoignit aux hanséate^ de retourner à Bruges, Lm députés promet taient l'abolition de tous les tonlieux auxquels étaient soumis les bières et les vins débiK^ en Flandre par les Osterlîns. Le bourgmestre de Rambour^ Bt remarquer que ie commerçant voulait être à Anvers et non à Bruges , et que le comptoir se transporterait de lui-même dans ta première de ces villes, si on ne l'y autorisait point. Il fut maintenu à Bruges, h condition que cette ville ferait respecter les anciens privilèges de la Hanse. Toutefois la question de ta translation du complôir fut encore traitée dans la diète de LaoetKvurg de 1ë:i5 et dans celle de Liibeck de 4545; les opinions
df îa décmhnrf tl\i œmptnir hfiméaiiquf de Brugeê, par