‹ Histoire de La RochelleChapitre 10 sur 14 · III. e Lettre · texte numérisé non relu

III. e Lettre

«Nos instantes sollicitations ayant enfin obtenu un convoi de blés , biscuits , bière , chairs et autres provisions, il avait mis à la voile le dimanche trentième de janvier ("); M. Dehinsse, l'un de nous, l'accompagnait. Ce jour même, on fit rencontre en mer du sieur Gorribon, qui nous arrivait de votre part. Dans son voyage, il avait

De corsaires.

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aperçu , à la hauteur de Belle-Isle , l'armée navale du roi de France, qui se dirigeait assurément vers la Rochelle. Il en donna avis à M. Dehinsse et aux capitaines, et on jugea que les navires de guerre qu'on avait pour sûreté ne pourraient pas empêcher que le convoi ne tombât dans les mains de ceux qui vous bloquent. Ainsi, il revint en Angleterre. Nous vîmes aussitôt M. le duc de Buckingham et le chargeâmes de notre requête an conseil. Elle portait en somme que, si l'on ne se hâtait devons secourir, vous étiez perdus sans ressource. Cela leur donna à tous l'alarme bien chaude, et l'amirauté, mandée, assura que, dans six semaines , on pourrait équiper une flotte assez puissante pour aller choquer celle qui est dans vos rades. Cependant , comme vous êtes pressés par le besoin , on a résolu de charger en toute diligence des provisions sur de petits navires, pour vous les envoyer, à la faveur d'un bon vent, et les faire passer à la dérobée.

» M. le capitaine David , à qui nous remettons ces lettres, vous informera des progrès que nous avons pu faire jusqu'ici par nos instances. Il vous dira les bonnes paroles que nous avons eues de Sa Majesté , l'ayant mené avec nous lorsque nous allâmes à la Cour présenter notre requête. La seule chose dont nous doutions , c'est si la flotte pourra être prête au temps qu'on nous fait espérer. Mais nous croyons «pie, si VOUS

êtes raffraichis de vivres, vous patienterez bien encore quelques semaines. Il semble , par tout ce que nous voyons, qu'on veut nous sauver, et, comme il s'agit de fort grandes dépenses, on a résolu un parlement pour le 17 mars. On en espère beaucoup de bien pour nous. Toutefois, les fonds de l'armement qui doit vous aller secourir, sont faits. M. le duc espère beaucoup des lettres que vous écrivez aux Hollandais , et il nous assure que M. d'Olbières va leur être envoyé par Sa Majesté, pour les solliciter de s'unir à elle pour notre défense. M. Vincent, qui a déjà des habitudes en Hollande, accompagnera M. d'Olbières, afin d'intéresser plus vivement MM. les états en notre faveur.

» C'est pour nous un extrême et sensible déplaisir de ne pouvoir avancer davantage les affaires, mais nous rencontrons un double obstacle : l'un , la lenteur naturelle de ceux de ce climat; l'autre, la grande difficulté qu'il y a eu de trouver de l'argent ; non pas que ce pays n'en abonde , mais parce que l'on ne veut pas le chercher par les formes de ce gouvernement. Quant à la bonne disposition du peuple anglais envers nous , nous vous assurons qu'elle est telle que nous pouvons la désirer.

J. David , Ph. Vincent, J. Dehinsse.

»A Londres ? le 11 février 1628.»

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