I. Rosier parviflore. Rosa parvijlora
Originaire de l’Amérique Septentrionale. Ne s’élève qu’à la hauteur de douze à dix-huit pouces; ovaires légèrement aplatis; tiges armées de longs aiguillons presque droits ; feuilles ovales , lancéolées, d’un beau vert, portées sur des pétioles légèrement velus et souvent épineux; fleurs petites, rouges, assez odorantes, qui paraissent en juin et durent lout l’été.
On cultive , sous le nom de Rosier Caroline , une variété du Rosier à petites fleurs, remarquable parle grand nombre de ses fleurs, qui sont moyennes, d’un rose très-pâle sur les bords, mais plus vif dans le centre.
III. Rosier a feuilles ternées. Rosa ternata. Forme im buisson médiocre à épines recourbées, opposées et rouges comme l’écorce; feuilles persistantes, moyennes, lancéolées, luisantes et d’un vert foncé; fleurs moyennes , simples et blanches ; fruit gros, un peu rétréci vers la base et couvert, ainsi que les pédoncules, d’un grand nombre de poils roussâtres ,
roides, nou-glanduleux, mais effilés; divisions caliciaales simples. Cette espèce est cultivée dans les jardins de Caserle , près de Naples» où elle a été observée par M. le marquis de Dresnaj.
On cultive ce Rosier en France sous le nom de Rosier toujours vert de la Chine ; mais il fleurit rarement.
J’ignore si les trois espèces suivantes sont cultivées en France.
Rosier a longues feuilles. Tiges glabres, robustes et inermes; feuilles composées de cinq folioles ovales, glabres des deux côtés, bordées de dents simples ; pétioles couverts de poils glanduleux et garni d’une couple d’aiguillons recourbés; fleurs grandes comme la Rose des champs , disposées en corymbe et portées sur des pédoncules garnis de poils glanduleux.
Ce Rosier croît dans les Indes orientales.
Rosier des Indes. Cette espèce se distingue du Rosier à longues feuilles, par ses folioles plus courtes, cotonneuses en dessous et par ses pédoncules glabres. Le tube du calice est lisse.
Ce Rosier croît à la Chine.
I. Rosier a feuilles ridées. Rameaux cylindriques, un peu cotonneux, garnis d’aiguillons droits, plus ou moins grands; feuil-
les composées, d’ordinaire, dl neuf folioles ovales, dentées, obtuses, vertes et ridées en dessus, cotonneuses en dessous ; divisions du calice cotonneuses en dedans , velues en dehors; fruits globuleux , glabres, portés par des pédoncules chargés d’aiguillons. Cette espèce a du rapport avec le Rosier du Kamtschatka.
Ce Rosier, qui croît au Japon, a été décrit par Thumberg.
J’ajouterai aux espèces que je viens de décrire, et pour les botanistes seulement, les noms de celles qui sont indiquées à la fin du catalogue de M. de Promille , et qui sont en core peu connues.
RosA Montezamce , au Pérou, rapporté par Humboldt
— Nivea. Indes et Chine. Deccindolle.
— Taurica. Au Caucasse. Marschall.
— Cuspidata. Idem. Marschall.
■— Gemella. Amérique Septentrionale.
l'Vildenow.
— Frustrigrata, Dauphiné. Decandolle.
— Pigmea. Caucasse. Marschall.
— Pulrerulenta. Caucasse. Poiret.
— Caucassia. Tartarie Asiatique. Poiret.
— Pulchella. Pays natal inconnu. Poiret.
— Adenophylla. Idem. Poiret.
— Repens. flongrie. JVildenow.
HosA. Nankinensis. Chine. Poiret.
— Qlandulosa. Briançon. Poiret.
— Bibractea. Envirous d’Angers. Poiret.
— Micranthci. Près de Montpellier. Poiret.
— Ljonnii. Amérique septentrionale. Poiret.
•— Rubifolia. Idem. Poiret.
— Suaveolens. Amérique. Poiret.
— 'Florida . Idem. Poiret.
— Pollinaria. au Mont-Baldo. Poiret.
— Leucochroa. Environs de Poitiers. Decan tlolle.
L’homme , à toutes les époques de sa vie , exige qu’on le soigne : de cette exacte observation dépendent son développement, sa force, sa santé et une partie de ses agrémens. La plante/également, réclame une culture suivie; et sa beauté, son éclat, sont exclusivement attachés aux soins qu’on lui donne. Ce n’est qu’en se pénétrant de cette vérité que l’ama^ teur parviendra à embellir son parterre.
Quoique le Rosier soit un des arbrisseaux qui s’accommodent le mieux des différens sols et des diverses températures, il prospère davantage dans certains terrains appropriés à sa nature , et demande aussi des égards si l’on désire se procurer de beaux individus. En général il lui faut une terre meuble, fraîche et même profonde ; ses racines aimant à se promener en tous sens ; il faut néanmoins avoir l’attention de ne pas les laisser trop s’étendre, et de donner de temps à autre un léger labour. Une exposition chaude et aérée convient à tous les Rosiers ; cependant un grand nombre supporte les gelées; mais d’autres, tels que
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les Rosiers Muscade, Multi flore, Macartney et du Bengale , doivent être garantis avec des paillassons s’ils sont contre un mur, et empaillés s’ils sont greffés, dans la crainte de perdre leurs têtes. Quant aux Rosiers d’orangerie, il suffît de les préserver de la gelée et de ne les priver ni d’air , ni de lumière.
Les Rosier s jaune très-épineux et de Meaux sont les premiers à perdre leurs feuilles. Lors, que l’hiver est doux , le Rosier à cent feuilles en conserve encore quelques unes au printems Suivant. Le Rosier de Damas conserve ordinairement les feuilles terminales. Le Rosier Musqué ne perd les siennes que fort tard j mais aussi la gelée attaque les rameaux et des tiges entières ; en revanche sa croissance est si rapide qu’il donne de nouvelles liges la même année , et répare en deux ou trois ans les ravages d’un hiver rigoureux. Les Rosiers de Provins conservent leur feuillage une partie de l’hiver quand ils sont exposés au midi.
On employait jadis le croissant pour tailler le Rosier ainsi que certains arbres, en boules , en pyramides , ou en d’autres formes ; mais , aujourd’hui , on se borne à l’usage du ciseaû et de la serpette , et l’on taille peu en boule , si ce n’est le Rosier de Meaux et celui d ’JL cosse a fleurs doubles blanches qui greffés sur
l ’Eglantier , et taillés de cette manière , produisent beaucoup d’effet , par la quantité de fleurs dont ils sont couverts à la fin du printemps. On doit tailler le Rosier au ciseau, aussitôt que la fleur est passée. Outre cette première coupe , la plupart des especes se taillent encore à la serpette , au mois de février , époque à laquelle elles entrent ordinairement en sève. On les débarrasse alors des bois morts , des branches qui sont tachées de blanc , et enfin de tout ce qui peut nuire à leur accroissement. Il ne faut point devancer le terme de cette taille , parce que la gelée pourrait entraîner à une nouvelle opération.
Les massifs de Rosiers ont succédé au palissage contre les murs ou des berceaux’; mais, en général, les Rosiers greffés à tige doivent être appuyés sur un treillage ou former palissade. Il en est de même pour les Rosiers sensibles au froid. Si l’on greffe des espèces sur le Rosier des haies , leurs têtes peuvent atteindre à une hauteur considérable en les adossant à un mur. Le Rosier musqué et celui des champs peuvent aussi couvrir des berceaux entiers. On doit tenir en buisson les espèces qu’on veut multiplier, parce que, de cette manière, les racines poussent plus de rejetons ; d’ailleurs , les Rosiers ainsi abandonnés à leur nature, sont plus beaux et plus durables.
Les fleurs du Rosier jaune soufré sont surjettes à crever dans l'épanouissement , et prennent souvent une mauvaise forme avant de s’ouvrir. Parkinson indique la précaution de couper une partie des boutons pour que les autres n’avortent pas. Ou dit encore que, pour faire mieux épanouir la fleur , il faut pencher le bouton et le retenir contre terre.
Il de vient souvent indispensable de renouveler les pieds des Rosiers , en coupantloutes les tiges rez-terre , et alors il faut aussi changer la terre autour de ces pieds. Il convient encore , lorsque les Rosiers végètent sur un mauvais terrain , de les transplanter tous les dix à douze ans. Cette transplantation n’a aucun inconvénient , quelque peu de racines qu’aient les Ro-. siers , lorsqu’elle a lieu au commencement de l’hiver.
Tous les procédés employés pour multiplier les autres végétaux conviennent aux Rosiers ; mais ils ne sont pas également applicables à chaque espèce ou à chaque variété en par-' ticulier , et tandis que les espèces à fleurs simples se reproduisent naturellement par la dispersion de leurs graines , il faut recourir à d’autres moyens pour la propagation des variétés à fleurs doubles qui donnent rarement des fruits , et pour celles à fleurs pleines qui n’en donnent jamais.
Les Rosiers se multiplient par semences , par rejetons , par déchirement de vieux pieds, par marcottes , par boutures , par racines et par greffes.
Semis.
On 11e fait usage des semences que pour obtenir des fleurs doubles des espèces simples qui sont livrées à la culture , et pour avoir de nouvelles variétés. Les Rosiers sauvages les plus propres au semis sont : le Rosier des haies , le velu, le blanc , le rouillé, celui des chiens, celui des montagnes, et celui des collines. Il faut que les fruits aient atteint toute leur maturité , et pour cela qu’ils aient été frappés des premières gelées ; alors on les récolte pour les semer immédiatement , afin que les graines germent au printemps Suivant. Il arrive cependant , que la plupart ne commence à pousser que le deuxième printemps.
La terre employée pour le semis doit être légère et préparée à l’exposition du levant, ou , pour jouir plus promptement , on sème dans des terrains placés dans des couches à châssis. Les jeunes pousses ne doivent être repiquées qu’au bout de la deuxième année ; elles donneront des fleurs la cinquième ou sixième. Cette lenteur dans l’accroissement est cause
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qu’on n’emploie ce mode de reproduction comme je l’ai déjà dit plus haut , que pour se procurer de nouvelles variétés ou des fleurs doubles des espèces exotiques récemment cultivées.
Rejetons.
Les rejetons sont de jeunes tiges qu’on détache du pied de la plante. Ce moyen est trèssûr et très-facile : il suffit d’un ou deux chevelus pour que les rejetons reprennent racine lorsqu’ils sont transplantés à l’entrée de l’hiver; on en voit même qui en sont totalement dépourvus et qui végètent aussi promptement que les autres. Les rejets trop faibles pour être transportés immédiatement à la place qn’ils doivent occuper, sont mis provisoirement en pépinière, à deux pieds de distance; ceux qui sont vigoureux peuvent se transplanter en automne , et presque toujours ils donnent des fleurs au printemps suivant. Quelques espèces ne donnent point de rejetons , ou n’en fournissent qu’un très-petit nombre ; tels sont les- Rosiers Mousseuse , Musqué, Toujours fleuri et Multiflore.
Déchirement des vieuoc pieds.
Le déchirement des vieux pieds est la sépa-
ration de chacune des tiges du Rosier , avec une portion de racines. On peut pratiquer ce mode de multiplication pendant tout l’hiver, en ayant l’attention de rabaltre les tiges , en cas de vieillesse , à deux ou trois pouces de terre.
Marcottes.
Les marcottes sont des branches du Rosier qu’on couche en terre , afin quelles y prennent racine. On doit le faire au commencement du printemps, dans un terrain ombragé, et les arroser fréquemment pendant les fortes chaleurs. Ainsi disposées , elles peuvent être transplantées l’hiver suivant, et donner des fleurs au second printemps. Toutes les espèces se prêtent à la multiplication par marcottes. S’il arrive que quelques-unes poussent toujours des rejetons directs , on y remédie en plaçant une large pierre sur le pied dont les branches ont été couchées , et ligaturant ces branches avec du fil de laiton.
Boutures.
La bouture, quoique moyen très-simple en apparence, demande cependant des précautions et de la pratique pour réussir. Il s’agit d’arracher en talon, ou de couper au dessous d’un
nœud ou dïm bouton , mais horizontalement, net, et avec un instrument très-(ranchant et très-propre, soit une petite branche , soit un tronçon de tige , d’une longueur que doit déterminer la dimension du Rosier. On met aussitôt cette bouture dans une terre préalablement passée au crible de fer , et dans un endroit frais. On ne fait guère usage des boutures que pour les espèces d’orangerie , et alors on les place dans des pots, sur couches et sur châssis, à toutes les époques de l’année.
Racines.
Pour multiplier par le moyen des racines on enlève celles d’un vieux pied, on les coupe en tronçons de cinq à six pouces de long , et on les place dans des pots, sur couches et sous châssis , en ayant soin de laisser hors de terre quelques lignes du gros bout de chaque tronçon. On peut relever les plans dès l’hiver suivant.
Greffe.
La greffe est une opération par laquelle on unit une partie d’un Rosier à un autre Rosier, pour l’y faire croître comme sur son pied naturel , en formant, par celte réunion,, un tout de la tige et des racines d’une espèce avec la
tête d’une autre espèce. Ce moyen de multiplication est le plus répandu aujourd’hui.
La greffe en écusson est celle qu’on emploie communément pour les Rosiers. Elle se fait en deux saisons : au printemps, lors de l’ascension de la sève; c’est l’écusson à œil poussant , et en été, lorsque la première sève est arretée ; c’est l’écusson à œil dormant , qui ne doit se développer qu’au printemps suivant. Pour la première de ces greffes on emploie des branches de l’année précédente , et pour la seconde des branches de l’année même. On enlève à ces branches une portion de chaque feuille, de manière qu’il n’en reste qu’un cinquième environ après les pétioles , et cette préparation achevée, on procède comme il suit pour obtenir les écussons. La branche se prend de la main gauche; elle se tient avec le pouce et £ index, et les doigts majeur et annulaire servent de, point d’appui pendant l’opération. U œil de l’écusson doit être bien aoûté et bien nourri ; on place le tranchant du greffoir quatre ou six ligues au-dessus de cet œil, suivant la grosseur de la branche ; on l’enfonce obliquement en descendant jusqu’à ce qu’on ait entamé l'aubier , et l’on continue à le faire descendre verticalement jusqu’à ce que l’œil soit dépassé de quelques lignes; alors on allonge encore tant
soit peu 1 écusson , mais en obliquant légèrement le tranchant du greffoir du côté de l’écorce , afin de la détacher. Si par cas on avait enlevé une trop grande portion d'aubier , on en retrancherait à l’aide de l’instrument, mais en observant de ne pas offenser l’œil et le germe qu’il contient. Cet écusson se tient à la bouche, en plaçant entre les lèvres l’extrémité du pétiole, pendant qu’on dispose le sujet. On fait à celui-ci, dans la partie où l’écorce est bien unie et sans nœuds , une incision horizontale jusqu’à l’aubier , un peu plus large que la greffe, et au milieu de cette incision, on en fait une seconde verticale de la longueur de l’écusson qu’on a choisi. Quand on écussonne au printemps, la réunion de ces deux incisions doit présenter la forme d’un j, renversé , parce que l’incision verticale se fait au dessus de l’horizontale, et après la sève au contraire, la forme est celle d’un T droit, parce que l’incision verticale a lieu au dessous de l’autre. Avec l’ivoire du greffoir on soulève légèrement les côtés de l’écorce dans l’endroit où les incisions ont été pratiquées, de manière à pouvoir introduire l’écusson dont on laisse seulement à peu près une ligne en dehors; alors on applique le tranchant de l’instrument dans une direction semblable à l’incisiori horizontale, et l’on coupe
la portion de l’écusson qui n’est pas insérée sous l’écorce , et entre dans l’incision horizontale, on rapproche ensuite la greffe de cette incision, pour que son écorce touche celle du sujet dans cette partie, et l’on appuie sur l'écusson avec le plat de l’ivoire , pour l’appliquer plus immédiatement sur l'aubier. On termine l’opération en entourant tout l’écusson, à l’exceplion de l’œil , avec une ligature de laine non tordue. On emploie encore des lanières de plomb , peintes en blanc, et dont l’épaisseur est relative à celle des branches. Alors on entoure , avec le milieu de la lanière, la fente de l'écusson au dessous de l’œil , et on réunit les deux extrémités de l’autre côté, en donnant une légère torsion. On met aussi une autre lanière au dessus de l'œil. À mesure que la branche grossit, la torsion diminue, et il arrive souvent que la lanière tombe au moment où elle cesse d’étre utile. Quand on écussonne à œil poussant , on coupe de suite la tête du sujet.
On doit visiter fréquemment les greffes pour réparer le dérangement qui pourrait avoir lieu dans la ligature, et l’on est assuré du succès de l’opération quand le pétiole se détache naturellement et promptement. On a l’attention de relâcher la ligature à mesure que le sujet
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grossit, et lorsqu’il est bien repris on fen débarrasse aussitôt, soit après la pousse pour les. écussons du printemps, soit à l'entrée du printemps pour ceux à œil dormant. S’il se développe plusieurs bourgeons, on n’en laisse aucuns aux sujets nains, et un, ou deux seulement à ceux à tige, afin d’attirer la sève des racines, jusqu’à ce que la greffe ait poussé un scion garni de trois ou quatre feuilles, alors on détruit entièrement les bourgeons.
Quoique destinés à ne se développer que le printemps suivant, on peut forcer les écussons à œil dormant à pousser de suite, en coupant la tête du sujet au dessus de l’écusson après, avoir greffé , au lieu d’attendre la fin de l’hiver comme on fait ordinairement; mais celte pousse trop hâtée peut courir des dangers pendant les grands froids.
On peut garder plusieurs jours, les branches qu’on a coupées et préparées pour former des greffes, en ayant le soin de les envelopper dans plusieurs linges mouillés; mais pour les conserver plus long-temps , ou les faire voyager,, il faut les enduire de miel ou les placer dans un vase qui en soit rempli. Il suffit, lorsqu’on veut en faire usage, de les plonger dans de l’eau tiède pour enlever le miel.
On emploie aussi pour les Rosiers, mais
bien rarement, la greffe en fente qui se fait à la première sève du printemps. Elle se pratique de la manière suivante : on coupe sur les espèces qu’on veut multiplier, de petits rameaux destinés à porter des fleurs dans l’année ; on les tailles très-nets en biseau , par leur base , à commencer d’un œil et de manière que l’écorce , laissée seulement du côté de cet œil „ puisse se bien ajuster avec celle du sujet que l’on a coupé préalablement et horizontalement, à la hauteur convenable; on fend ensuite perpendiculairement celui-ci par le milieu et suffisamment pour y introduire la greffe qui s’enfonce jusqu’à l’endroit où commence le biseau ; on recouvre ensuite le haut du sujet , ses fentes et le bas de la greffe, d’une sorte de mastic composé de deux tiers de colophane, et d’un tiers de cire jaune, fondues et mêlées ensemble. Ce mastic doit être assez chaud pour bien tenir, mais pas assez pour dessécher les parties qu’il doit garantir du contact de l’air.
Beaucoup d’amateurs se plaisent à greffer différentes espèces sur le même sujet; mais rarement ils jouissent long-temps de l’agrément qu’ils se sont procuré, et l’espèce la plus vigoureuse attirant à elle toute la sève fait bientôt périr les autres.
Pline indique pour moyen , quand on
veut se procurer des Roses précoces, de creuser la terre au pied du Rosier et l’arroser avec de l’eau chaude.
Pour avoir des roses pendant l’hiver , il faut retrancher au printemps tous les bourgeons qui commencent à pousser, ou transplanter les Rosiers à la même epoque pour rendre leur végétation plus tardive. On place encore de jeunes pieds dans la serre et sur couche , et les espèces qn’on choisit de préférence sont le Rosier des quatre saisons et le Pompon. Lorsqu’ils sont fleuris , on en décore les appartenions.
Maladies des Bosiers.
Les Rosiers sont exposés à diverses maladies plus ou moins dangereuses; mais celle dont la contagion est la plus à redouter pour eux est la rouille , produite par une espèce d’uredo qui couvre de taches toutes leurs feuilles. Uœcidium , autre plante parasite , produit sur eux un effet non moins pernicieux. Le remède le meilleur à employer est de couper rez-de-terre les tiges affectées au commencement de l’été , c’est-à-dire, avant la maturité des semences de ïuredo et de ïœcidium.
On peut considérer comme une espèce de maladie , le séjour de certains insectes sur les
Rosiers. Leurs boutons naissans sont souvent couverts de pucerons dont il est très-difficile de les débarrasser. On dit, cependant, qu’il faut asperger les parties attaquées avec une forte infusion de sureau. Un cultivateur de Sibérie assure que huit ou dix gouttes d’huile de baleine , versées au pied des plantes attaquées par les pucerons, suffisent pour les détruire. Enfin , on se borne quelquefois à les faire tomber à terre, au moyen d’une petite brosse , pour les y écraser ensuite , ou bien on détache ces pucerons avec les doitgs, en pressant légèrement les endroits qui en sont couv erts.
Le Bèdéguar, excroissance du Rosier, dont j’ai déjà parié, renferme les larves de deux espèces de diplolepe , d’un cinips et d’un ichneumon qui attaquent ensuite d’autres parties de la plante. On s’oppose à leurs ravages , en enlevant les bédéguars avant la métamorphose des larves , ou en tuant les insectes dès qu’ils se montrent.
Enfin , la tenthrède du Rosier , la cétoine èméraudine et plusieurs espèces de cerambiæ , détruisent en plus ou moins grande quantité , les feuilles ou les fleurs du Rosier.