CULTIVÉS DANS LES JARDINS ET LES PÉPINIÈRES
III. I\oslER A CENT FEUILLES. Rosa centifolia. Ce Rosier, qui serait mieux appelé Rosier à cent pétales, occupe le premier rang dans les Jardins. C’est principalement à ses fleurs arrondies , brillantes et parfumées que les poètes ont adressé leurs nombreux éloges ; ce sont elles que les peintres ont choisies pour modèle, et que les fleuristes, ou fabricans de fleurs artificielles , imitent avec une si grande perfection , que l’œil peut souvent s’y méprendre.
Un jour la Rose artificielle "Voulant sur l’autre avoir le pas ,
Lui disait : je suis aussi belle ,
Mais un jour ne me flétrit pas.
La beauté me prend pour parure ,
Je sers à relever ses dons ;
J’imite si bien la Nature ,
Que j’ai trompé des papillons.
Ah ! dit la Rose naturelle,
Si ma fraîcheur passe en un jour t
Ün seul bouton me renouvelle,
De ce boulon qui vient d’éclore ,
Tu n’imites pas les couleurs ;
On n’a pas vu la tendre Aurore ,
Sur tou trépas verser des pleurs.
Le Rosier à cent feuilles s’élève h 6 ou 8 pieds ; il fleurit au printemps et donne quelcjuefois des fleurs en automne. Les variétés de ce Rosier sont d’autant plus nombreuses que la culture en donne chaque jour de nouvelles; il serait donc superflu de citer toutes celles qui ont été remarquées et qu’on ne rencontrerait peut être plus , et je vais indiquer , seulement, les variétés qui se reproduisent communément.
— Rosier de Hollande. Rosa Hollandica centifolia. Fleurs très-grandes , mais qui, en s’épanouissant , ne conservent pas la forme arrondie; feuilles ordinairement rougeâtres à leurs bords.
Rosier cent feuilles à fleurs simples.
Rosa centifolia. simplex. Fleurs larges , d’un rose vif; feuilles d’un vert plus tendre que dans l’espèce commune. Cependant ce Rosier est rarement tout à fait simple.
— Rosier des peintres. Rosa centifolia semi plena. Fleurs pleines, dont les pétales du centre sont d’un incarnat très-vif, disposées trois à
quatre sur le même corymbe ; feuilles non rougeâtres en leurs bases, grandes , fermes, pâles en dessous.
— Rosier couleur chair ou Rosier vilmorin.
Rosa centifolia carnea. Tiges hérissées , fleurs moyennes, d’un rose couleur chair; feuilles d’un vert clair et un peu cotonneuses en dessous.
— Rosier unique. Rosa centifolia mutabilis.
Boutons teints à l’extérieur du rose le plus vif, ce qui donne à croire que la fleur épanouie sera intérieurement de la même couleur, tandis quelle est du blanc le plus pur. Ce Rosier, publié par Dupont , a été trouvé dans une ferme , où il était cultivé depuis long-temps , par Greenvood, pépiniériste à Kensingtpn. On le greffe sur l’églantier.
— Rosier multi/lore ou petite Hollandaise hâtive des jardins. Rosa centifolia multijlora. Rameaux feuilles, fleurs moyennes,, très-doubles , d’un beau rouge et en grand nombre.
— Rosier mousseuæ. Rosa centifolia mus-, cosa. Fleurs grandes, doubles et qui répandent une odeur suave; extrémités des rameaux et des calices couvertes d’épines molles, ramifiées, d’un vert brunâtre, longues, odorantes, et qui ressemblent à la mousse. O 11 le greffe souvent sur l’églantier. Il y a une sous-variété
à petites fleurs. Miller est le premier qui ait Cultivé le Rosier mousseux: en 1727, et c’est à Madame de Genlis qu’on doit le premier qu’on a vu à Paris.
En Allemagne et près de Berlin, ce Rosier s’élève à la hauteur de quelques arhres. J’en ai Vu de très-grands dans le jardin de Madame la marquise de Gontaut-Biron , à Pau.
— Rosier mousseux a fleurs blanches. R os a centifolia muscosa alba. Feuilles glauques , peu dentées, fermes et un peu arrondies; fleurs blanches. Ce Rosier est moins mousseux que le précédent.
— Rosier prolifère ou Rosier folié. Rosa centifolia foliacea. Rameaux quelquefois triphylles ou monophylles à leur extrémité; fleurs solitaires à l’extrémité des rameaux, portant , communément, dans leur centre, le rudiment d’une autre Rose , laquelle, s’épanouissant à son tour, donne quelquefois une Rose aussi prolifère; on en a vu jusqu’à trois et quatre ainsi enfilées ; divisions calicinales se prolongeant en autant de feuilles profondément incisées.
—■ Rosier œillet. Rosa centifolia cariophyl lata. Fleurs dont les pétales contournés se disposent tellement quelles ont l’aspect de l’œillet. Cette singularité a fait donner encpre
à cette Rose le surnom de guenille. C’est err l’an 1800 que cette variété fut produite par un Rosier à cent feuilles qui avait dégénéré dans un jardin de Mantes. Son rapport avec l’œillet à fait croire aussi quelle en avait l’odeur.
— Rosier à feuilles de celéri. Rosa centifolia bipinnata. Feuilles remarquables par l’espèce de frisure de leurs divisions.
—- Rosier à feuilles de laitue-. Rosa centifolia bullata. Fleurs grandes et doubles; feuilles ondulées, contournées et remarquables par leur largeur.
— Rosier crénelé. Rosa centifolia crenata.
Feuilles crénelées; fleurit rarement et est peu connu.
— Rosier a feuilles de chêne vert. Rosa centifolia ilicifolia. Fleurs moyennes , doubles , de couleur rose ; feuilles semblables à celles du chêne vert.
— Rosier de Bordeaux , ou gros pompon.
Rosa centifolia burdigalensis. Ce Rosier ne diffère guères du cent jeuilles commun que par ses fleurs dont les pétales sont plus serrés les uns sur les autres.
— Rosier cent feuilles panaché. Rosa centifolia belgica, flore albo violacea. Tige fort peu garnie d’aiguillons courts; feuilles composées de cinq folioles épaisses, dentées, poin-
Jues , d’un vert un peu terne, blanchâtre en dessous; Heurs blanches de trois à quatre ensemble, grosses et si doubles, quelles ne peuvent parvenir à leur complet épanouissement ; l’intérieur est lavé d’une teinte violette.
■— Rosier anémone. Rosa centifolia anémones flora. Pétales intérieurs étroits, presque linéaires, roulés en dedans ; petales extérieurs au nombre de cinq, larges et d’un rouge moins foncé que dans le Rosier dHollande.
— Rosier incarnat ou la constance. Rosa centifolia incarnata. Pleurs très-grandes, doubles , blanches, légèrement carnées; pétales intérieurs lavés d’un rose tendre. Originaire d’Hollande.
— Rosier cramoisi. Rosa centifolia rubigijiosa. Fleurs grandes d’un rouge foncé , mais d’une odeur peu prononcée.
— Rosier aurore. Rosa centifolia purpurascens. Fleurs dont la couleur tire légèrement sur le jaune.
II. Rosier de Provins. Rosa gallica. Le Rosier gailique, originaire de Syrie, fut, dit-on, apporté à Provins, dans le temps des Croisades, par un comte de Brie. Selon M. Opoix , cette Rose est la même si connue à Rome sous le nom de Rose milésienne , parce qu’.on la tirait alors de la ville de Milet , dans l’Asie mineure. On appelle vulgairement les grands et
petits Provins , grands et petits St.-François.
Ce Rosier forme un buisson qui s’élève de deux à quatre pieds ; ses tiges, assez faibles , se divisent en rameaux nombreux armés d’aiguillons inégaux et presque droits ; le fruit est globuleux et d’un brun rougeâtre; les feuilles sont composées de cinq à sept folioles ovales , aiguës et d’un vert foncé ; les fleurs naissent à l’extrémité des rameaux, quelquefois solitaires, quelquefois au nombre de deux ou trois ; elles sont grandes, d’un rouge plus ou moins foncé, et presque inodores.
Ainsi que le Rosier à cent feuilles, le Rosier de Provins offre des variétés sans nombre et établies sur la couleur , les nuances et les dimensions de la fleur. Un hollandais, amateur de fleurs , possédait dans son jardin quatre cents variétés de ce seul Rosier. M. de Pronville , dans sa nomenclature raisonnée des espèces variétés et sous-variétés du genre Rosier, a divisé, en cinq sections, les variétés du Rosier de Provins.
I re Section. LES POURPRES.
— Rose pourpre semi-double. Fleurs grandes, d’un rouge clair, assez vif. C’est elle que l’on cultive arec profusion aux environs de
Paris et de Provins, pour l’usage des pharmaciens et des confiseurs.
— Rose pourpre ponceau. Est plus double que la précédente. Fleurs grandes, d’un rouge foncé très-vif.
— Rose gallique ou la Junon. Fleurs trèsdoubles , d’un rouge clair et égal. Ce Rosier végète rapidement et forme de belles têtes lorsqu’il est greffé.
— Rose le roi des pourpres. A du rapport avec la précédente. Fleurs plus doubles et plus grandes , même intensité de couleur.
— Rose à grand cramoisi de Trianon.
Fleur peu double , mais régulière et d’une couleur égale. C’est la plus foncée d’entre les pourpres.
II me Section. LES ROSES.
— Rose l'ornement de parade. C’est une des plus belles variétés. Les fleurs, entièrement épanouies , ont trois pouces de diamètre et quelquefois davantage.
— Rose grandesse royale , Pivoine des hollandais ou lustre d'église. Fleurs globuleuses , même dans leur développement , et d’un rose tirant sur Yhortensia.
— Rose panachée. Rosa gallica varie gala.
Remarquable par ses fleurs blanches panachées et jaspées de rose, qui la couvrent entièrement en juillet ; mais ces fleurs durent peu.
Rose pivoine ou nouvelle Pivoine , appelée encore Grand triomphe , par Godefroy .
C’est peut-être la plus belle variété du Rosier de Provins. La fleur est très grande, double, d’un rose tendre, mais plus vif dans le centre.
— Rose mauve ou ancienne Pivoine des jardiniers. Fleurs grandes, semi-doubles, d’une forme régulière ; pétales striés ou jaspés en rose sur un fond pâle , elles se succèdent jusqu’au mois d’août, ce qui est un avantage dans ce genre.
— Rose aimable rouge , appelée cent feuilles Æ Angleterre par M. Noisette , et Rose hortensia par M. Godefroy , est remarquable par sa couleur d’un beau rose hortensia, se teignant en blanc vers le bord des pétales.
III me Section. LES VIOLETTES.
— Rose pourpre belle violette. Fleurs très doubles et d’un pourpre violet clair égal.
— Rose évêque ou Manteau d’évêque.
Fleurs grandes , doubles , de couleur violette un peu striée , piquetée quelquefois de petits points blancs. Cette Rose a une sous-variété
nommée Grand Alexandre par Godefroy.
— Rose Manteau pourpre. Fleurs grandes, à pétales très-larges et d’un pourpre violet éclatant. Cette Rose est moins double que la précédente , mais d’une végétation aussi forte.
— Rose de la reine. Rosa reginæ dicta.
■Fleurs de moyenne grandeur, d’un beau violet clair , pétales à bords blancs.
•— Rose noire de Hollande. Fleurs peu doubles , mais remarquables par leur couleur, d’un violet tirant sur le noir.
!Y me Section. LES VELOUTÉES.
M. de Pronville appelle veloutées, les Roses de Provins dont les pétales donnent un reflet lorsqu’ils sont exposés à une grande lumière.
— Rose maheca simple. Cette rose est le type des roses veloutées qu’on peut considérer comme des sous-variétés. Ses pétales sont d’un rouge foncé, nuancé vers le centre.
— Rose le velours pourpre. Fleurs très-doubles, moyennes, cramoisies, tirant sur le violet , nuancées d’un pourpre plus clair vers le centre.
Rose la superbe en brun. Fleurs d’un cramoisi très-foncé , pétales maculés de taches brunes très-remarquables, surtout avant l’entier développement de la fleur.
— Rose le pourpre charmant. Fleurs trèsdoubles , moyennes, nombreuses, d’un pourpre éclatant, égal et velouté.
— Rose la renoncule. Fleurs moyennes, trèsdoubles , cramoisies , pétales courts, serrés , couchés en dehors dans l’épanouissement; quelquefois ces fleurs sont prolifères et perdent alors leur éclat.
—- Rose la renoncule noirâtre. Fleurs moyennes, très-doubles, nuancées du pourpre clair au violet foncé et très veloutées.
— Rose cramoisi brillant. Rosa cramosissimo amplo. Fleurs grandes, très-doubles , cramoisies et nuancées jusqu’au centre du carmin le plus éclatant.
— Rose le velours noir. Fleurs grandes , doubles, veloutées, d’un cramoisi très-foncé , presque de couleur puce. Elle se voit à Lille, chez MM. Mieller et Cardon , et dans le jardin fleuriste du roi, à Sèvres.
V me Section. LES POMPONS.
— Rose Saint-François. Rosa gallicaminor.
Cette Rose qu’on trouve à Trianon et dans plusieurs pépinières, ressemble absolument à la Rose gallique dont elle a tous les caractères. C’est le plus petit des pompons ; on ne le con-
naît que double; sa fleur est d’un pourpre violet. Greffé sur l’ églantier , il forme une jolie tête qui se couvre de fleurs en juillet.
Voici d’autres variétés de la Rose Je Provins qui ne sont point encore classées dans la division précédente.
— Rose multijlore. Fleurs grandes, nombreuses, d’une odeur agréable; la corolle, semidouble , se compose de six à sept rangs de pétales de couleur rose.
— Rose argentée. La corolle bien double est blanche sur les bords et d’une belle couleur de chair dans le cœur. La fleur répand une odeur suave, mais faible.
— Rose mère gigogne. Fleurs grandes , inodores ; corolle formée de plusieurs rangs de pétales d’un rouge cramoisi.
Enfin , viennent à la suite , la Rose pintade , la Rose belle veloutée pourpre , la Rose couleur cerise, la Rose terminale , la Rose la merveilleuse , la Rose grand pompadour , la Rose bizarre triomphant , la Riose entreprise première , la Rose porcelaine à bords blancs, la Rose l’aigle noir à fleurs simples , et la Rose à rameaux inclinés , provenant des semis de M Charpentier , jardinier en chef du Luxembourg.
Le Rosier de Provins est cultivé avec d’au-
tant plus de profusion, qu’il est le moins susceptible pour l’exposition et le terrain. Néanmoins, il donne des fleurs en plus grande abondance et plus colorées , dans une terre légère et chaude.
III. Rosier pompon. Rosa paiyijlora. Ce rosier appelé encore de Bourgogne , fut rencontré par hasard en iy55, sur une montagne près de Dijon. Ses fleurs devinrent pleines par la culture, et depuis on a multiplié à l’infini cet arbuste charmant. Il ne s’élève pas au delà de trois pieds ; ses feuilles on t cinq ou sept folioles; elles sont petites et velues en dessus, les rameaux sont droits et se décorent au mois de, mai d’un grand nombre de petites fleurs très doubles, rouges au centre et d’une nuance qui s’éclaircit à mesure quelle approche des bords.
Rien d’élégant comme une branche du Rosier pompon , surtout lorsqu’elle se balance sur le sein d’une jolie femme.
Belle et charmante mignature ,
Petite Rose de l’amour,
Enfant gâté de la nature 1 Viens ouvrir ton joli bouton ;
Sois chez moi toujours souveraine ;
En voyant la Rose pompon ,
Tes soeurs ont proclamé leur reine.
fi
ïl y a des pompons a fleurs blanches et à fleurs pourpres. Ce Rosier se multiplie de boutures.
III. Rosier de Damas. Rosa damascena. On le nomme vulgairement : Rosier de deux fois l'an , Rosier des quatre saisons , et Rosier de tous les mois. Il forme un buisson touffu qui s’élève de cinq à six pieds ; branches nombreuses j garnies d’aiguillons épars , rouges et recourbés; feuilles à sept folioles ovales , aiguës, d’un vert pâle en dessus , légèrement velues en dessous ; fleurs ramassées en paquets de douze et quelquefois vingt; leur couleur varie du rouge au blanc ; elles se voient les premières , se renouvellent à l’automne , et durent souvent jusqu’aux gelées, surtout si l’on a soin au mois de juillet, de tailler et effeuiller cet arbrisseau , qu’il faut arroser pendant les sécheresses.
Ne laissez jamais se flétrir,
Faute d’une utile rosée,
L’arbrisseau qui doit vous offrit Cette fleur justement prisée.
Trop d’oau peut aussi l’affaiblir:
Petit à petit qu’on l’arrose,
A l’œil vous verrez s’embellir Le charmant boulon de la Rose.
Ce Rosier a plusieurs variétés.
— Rosier d’Yorck et de Lancaster. Rosa
damascena versicolor. Fleurs panachées. Le même pied porte souvent des fleurs toutes blanches et d’autres tout à fait rouges. Ce Rosier a une sous-variété appelée la félicité.
— Rosier couleur de chair , ou Rose gracieuse. Rosa damascena carnea. Fleurs grandes , mais d’une odeur faible.
— Rosier de Cels. R.osa damascena mutabilis. Ce Rosier doit son nom à M. Cels qui l’a découvert. Ce charmant arbrisseau est remarquable par ses rameaux qui portent, à la fois , des fleurs blanches et des fleurs roses sur le même corymbe.
— Rosier argenté. Rosa damascena argentea. Fleurs moyennes , blanches et lavées de rose dans le milieu.
— Riosier de Damas rouge. Rosa damascena multiflora. Corymbes composés de dix à douze fleurs moyennes , Roses portées sur de longs pédoncules écartés, qui couvrent cet aibrisseau de bouquets nombreux. Ce Rosier a deux sous-variétés, la Rose fausse unique ; et la Rose à bouquets couleur de chair.
— Rosier de Portland. Piosa portlandica bifera. Fleurs grandes , d’une odeur faible , corolle composée de deux à trois rangs de pétales ; étamines nombreuses ; styles longs d’une ligne et réunis en un seul faisceau ;
folioles d’un vert tendre , plus arrondies que celles du Damas ordinaire. Ce Rosier fleurit en juin , juillet, septembre et octobre.
On peut encore regarder comme une variété du Rosier de Damas , le Rosa Pesti de Virgile , qui , selon lui , fleurit deux fois par an.
La ville de Pestum, qui n’est plus aujourd’hui qu’un modeste village de la Calabre , fut jadis célèbre par ses belles Roses qui fleurissaient deux fois l’an.
Le Rosier de Damas est un des plus communs de nos parterres ; il répand une odeur agréable ; mais ses fleurs se fanent et s’effeuillent facilement.
De toutes parts des fleurs écloses ,
Pour te parer viennent s’offrir;
Mais, quand tu vois partout des Roses,
Tu négliges de les cueillir :
Sophie , il en est temps encore ,
Qu’on ne voit plus la Rose éclore Quand viennent les derniers beaux jours.
Cueillons la Rose, ma Sophie,
Dès que nous la voyons fleurir;
Demain, peut-être , la prairie De ses débris va se couvrir ;
D’un rien son éclat se compose ;
Un rien le détruit sans retour ;
Le premier beau jour de la Rose Est souvent son dernier beau jour.