III. Rosier grand royal. Rosa bifera. Ce
Rosier a du rapport avec le Rosier cle Port~ land , mais ses rameaux sont moins touffus , moins tortueux et plus hérissés d’aiguillons ; ses folioles sont ovales , un peu arrondies à leur extrémité, et plus fortement dentées ; ses rameaux sont terminés par un corymbe de trois k six feuilles érigées et presque agglomérées ; les ovaires sont allongés sans aucun rétrécissement vers le calice , et leur base se confond avec le pédoncule qui est court et couvert d’aiguillons. Ce Rosier fleurit avant le damascena et refleurit en septembre.
III. Rosier Belgique. Rosa Belgica. Ce Rosier qu’on regarde communément comme une variété de celui de Damas , offre cependant des caractères suffisans pour le faire admettre comme espèce. Ses ovaires sont plus ouverts, n’ont point d’étranglement ; ils sont peu glanduleux; les folioles des calices sont presque toujours simples; les folioles de ses feuilles excèdent rarement le nombre de cinq; ses fleurs sont rouges ou blanches et répandent une odeur agréable.
J II. Rosier toujours vert. Rosa semper virens. Ce Rosier est ainsi appelé parce qu’il conserve son feuillage toute l’année, ce qui le rend propre à garnir un berceau ou un treillage. Fruit alongé ; tiges couvertes d’aiguillons recoui'-.
bés; feuilles composées de cinq folioles ovales terminées en pointes, d’un vert luisant en dessus, comme en dessous et subsistantes jusqu’à la pousse des nouvelles; fleurs blanches, finement musquées et naissant en grand nombre à l’extrémité des rameaux.
Le Rosier toujours vert , fleurit en juillet; la gelée lui étant quelquefois nuisible, il convient de l’exposer dans un endroit chaud, ou de l'abriter par le voisinage d’une haie. En général les Rosiers produisent un effet charmant lorsqu’on les dispose dans les haies qui servent de clôture à nos jardins paysagers. Cependant la fable suivante nous dira que la Rose s’est plaint de se trouver ainsi placée.
Une Rose croissait à l’abri d’un buisson ,
Et cette Rose , un peu coquette ,
N’aimait point son humble retraite;
C’était même, à l’entendre , une horrible prison.
Son gardien lui disait : « Patience , ma chère ,
» Profite de mon ombre, elle t’est salutaire :
» C’est elle du midi qui t’épargne les feux ;
k Grâce à mes dards épineux ,
» Des insectes rongeurs tu ne crains point l’outrage; j) Je te défends encor des vents et de l’orage;
» Chéris donc ton asile obscur :
» Il n’est pas beau , mais il est sur. »
La Rose est indignée, elle n’en veut rien croire;
Un bûcheron paraît; — Accours, dit-elle , ami ,
» Sois mon libérateur, fais tomber sous ta hache v Ce vilain buisson qui me cache »
Le manant empressé n’en fait pas à demi*
Il abat le buisson. Partant plus de tutelle.- La Rose de s’en réjouir :
Elle va donc s’épanouir,
Charmer tous les regards, attirer autour d’elle Le folâtre essaim des zépliirs....
Rose , on va l’appeler des Roses la plus belle.....
O fortuné destin ! 6 comble de plaisirs !.
Tandis que la jeune orgueilleuse Rcve ainsi le bonheur, et rit d’enchantement,
Voilà qu’une chenille hideuse A découvert sa tige, y grimpe lentement,
Et sur son bouton frais se traîne insolemment.
Un escargot, plus vil encore ,
Vient souiller ses appas naissans ;
Le soleil à son tour de ses rayons brûlans La frappe i elle se décolore.
Dans le chagrin qui la dévore Elle songe au buisson 1 , mais regrets superflus!
Ce doux abri n’existe plus.
Qu’arriva-t-il? la Rose
Se fane, tombe, meurt, hélas! à peine éclose.
Noubliez pas cette leçon,
Innocentes beautés , orgueil de vos familles :
Vos mamans , voilà le buisson ;
Croissez toujours à l’ombre, ou gare.... les chenilles.
Le Rosier toujours vert est originaire d’Italie ; mais il vient naturellement dans les provinces méridionales de la France , et même en Allemagne. On le greffe sur l 'églantier.
II. Rosier de Champagne, ou Rosier de Meaux. Rosa remensis. Ce Rosier offre un buisson rameux et épais; aux mois de juin et juillet , il se couvre de fleurs semblables à celles du Rosier pompon ; mais plus grandes et
d’un rouge vif. La variété à fleurs doubles est le Pompon des Alpes des jardiniers.
I. Rosier Canelle. Rosa cinnamomea. Il est originaire des Alpes, mais il croît naturellement en Allemagne et dans les bois de l’Auvergne. On l’appelle canelle parce que sa tige offre la couleur de cet aromate. On le nomme encore Rosier de mai , parce que ce mois est le temps de sa floraison ; et du Saint Sacrement , parce qu’il sert à parer les corbeilles employées dans les cérémonies religeuses. Il forme un buisson qui s’élève quelquefois jusqu’à huit pieds. Sa tige d’un rouge brun et garnie d’aiguillons, seulement à la base , se divise en rameaux ; les feuilles sont composées de sept folioles d’un vert foncé et glabre ; les fleurs sont doubles, rouges et rassemblées au sommet des jeunes rameaux où elles se succèdent pendant un mois environ.
Ce Rosier réussit très-bien dans un terrain frais. On le greffe sur l 'églantier. Il a une variété à fleurs doubles et une à fleurs panachées Rosa cinnamomea variegala.
III. Rosier MUSQUÉ, ou Rosier dAlexandrie. Rosa moschata. Originaire de barbarie, s’élève de six à huit pieds; liges armées d’aiguillons peu nombreux et recourbés; feuilles composées de cinq à sept folioles ovales, très-
aiguës, longues de plus d’un pouce, glabres sur les deux côtés, luisantes et d’un vert foncé eu dessus , glauques et tomenteuses en dessous ; pétioles très épineux ; fleurs moyennes , nombreuses , blanches, exhalant une odeur de musc très-agréable , et disposées en panicules allongés et terminaux; elles paraissent en juin et durent jusqu’au mois d’août.
Ce Rosier présente deux variétés : l’une à fleurs entièrement doubles et roses , l’autre, plus répandue, à fleurs semi-doubles.
La végétation de ce Rosier est si forte, qu’il convient de le placer contre un mur ou toute autre construction, mais à l’exposition du midi. S’il arrive qu’il perde ses tiges au milieu des hivers rigoureux, on ne doit pas pour cela cesser de le cultiver, attendu qu’il repousse toujours de ses racines, et que les bourgeons donnent ordinairement des fleurs dès la première année. On peut les garantir en couchant, après les avoir empaillées, les branches en terre pendant les gelées. La greffe sur Y églantier, rend ce rosier plus robuste. La variété à fleurs doubles étant très-délicate, il est indispensable de lui donner une terre légère et une exposition chaude.
C’est le Rosier musqué que le célèbre Olivier a vu formant des arbres de trente pieds
de haut dans les jardins du roi de Perse , â Ispahan.
III. Rosier du Bengaxe, ou Rosier toujours fleurissant. Rosa semper florens. Originaire de la Chine, d’où on l’a envoyé en Angleterre vers l’an 1771. Feuilles, disposées du reste comme celles des autres Rosiers , variant dans le nombre des folioles qui sont pointues, d’un vert tendre, bordées d’un rouge léger; branches donnant depuis un jusqu’à cinq et six boutons alongés et terminaux, soutenus sur dés pédoncules longs et nus ; ces boutons deviennent autant de fleurs d’une grande fraîcheur, légèrement odorantes, de couleur rose, presqu’aussifortes que celles du Cent feuilles de Bordeauou , mais moins doubles. Pour augmenter le nombre et prolonger la succession de ces fleurs, il faut couper à mesure celles qui se fanent. Le feuillage d’un vert agréable de cet arbrisseau , et le renouvellement successif de ses fleurs , le rendent extrêmement intéressant. Quelquefois la chaleur du jour le flétrit, mais la fraîcheur du soir lui rend promptement la sienne.
Chaque soir l’aile duzéphyre ,
De la Rose apaise les feux ,
Et les parfums qu’il y respire Embaument son souffle amoureux.
On compte huit variétés du Rosier du Bengale.
Rose Bengale a feuilles variables. Présente sur le même pied des feuilles simples , des feuilles ternées, et d’autres quinées.
— Rose Bengale à fleurs doubles violettes.
— Rose Bengale à feuilles de pécher , ou Rose Bengale a lanières. Est remarquable par la longueur de toutes ses parties. Ses feuilles ressemblent à celles du pêcher , et ses fleurs , qui du reste conservent la couleurde l’espèce, ont des pétales si étroits et si longs , qu’ils offrent la forme de lanières ou de demi-fleurons du soleil vivace.
— Rose Bengale pompon. Fleurs petites , doubles , pourpres ; folioles petites , ovales , aiguës et dentées.
— Rose Bengale blanche. Fleur d’abord un peu lavées de rose , et qui deviennent blanches dans leur parfait développement.
— Rose Bengale inerme. Sans aiguillons; corymbe de deux à trois fleurs pourpres.
— Rose Bengale à bouquets. Fleurs de trois h cinq ensemble , blanches , un peu carnées et très-doubles.
—— Rose Bengale bichonne. Fleurs d’un rouge foncé, panachées de nuances plus pâles, avec des pétales frisés et d’un charmant effet; elles
exhalent un parfum très-fort , extrêmement agréable. C’est M. Noisette qui possède cette variété , on la cultive dans la Bâche, en terre de bruyère.