‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 100 sur 191 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

ragea par son exemple ; mais Tibère avait cbercbé à la réprimer. Dans de nombreux passages , Tacite nous montre les capitaux resserrés et cachés pendant la règne des empereurs. Sous Galigula il n'y a^ait plus d'argent. Cette pénurie d'espèces monnayées contribua squs doute à exciter l'avidité des Césars et ^ leur dicter de continuelles proscrJp* tions. Leurs penchants monstrqeux , leur luxe ef* fréné , ne pouyaient se satisfaire que par la confiscation ; le manque absolu de commerce et de mou- .Tement du numéraire les rejetait sur la vente souwnt forcée d'objets mobiliers j estimés et recbei^bés des Romains , par le prix de la matière ou la valeur de l'art , tandis que les terres , les biens fonds^ ne popvairat plus trouver d'acheteurs. Tant que dura le régime oppresseur de la famille Julienne, l'aristocratie de Rome flotta entre le luxe et la misère, entre la peur qui enfouit pour ne pas perdre, et la crainte qui dépense pour n'être pas suspecte. Si Montesquieu borne son observation à .cet état transitoire, elle est assez fondée ; mais à partir de la domination des Plaviens et des Ântonins, période heureuse dont une dissonnance accidentelle y le règne de Commode, interrompit seul l'harmonie^ la condition des citoyens de la classe élevée changea tout à coup d'aspect. Alors, il fut permis aux sénateurs d'acquérir dans l'Italie entière et bientôt dans tout l'empire.

Mj&sous les ji>remiers Césars, malgré la rapacité de ces princes, raristocratie avait retr'ôavé utie compensation snffisanle dans la perte d'un pritilège: celui de donner des jeux an pienple. Rottaéio sous la république par ce dangereux honneur qui, du moins, menait alors aux plus hautes magisthttuires, elle dut bénir Taffront qui l'en exemptiit. Les empereurs voulaient s^uls se donner auprès dil peuple le mm te de Tamuser et de le corrompre. QùelqueFois^ leur avarice fit taire teul* défiance ci remit ce àoin à des citoyens opulente ; ibaiè en général les jeux publics devinrent une pirérd^tive impéria le déléguée soUventà des affranchis, et cette cause essentielle du dérangement deë fortunes, n'ekista plus pour le pàtriciat. Dès qu'une politique ombrageuse eut rompu le lien qui seul attachait au peuple de la capitale Tétite de ses grands, ils cherchèrent, comme toutes les aristocraties déchues, une ressource et un asyle dans l'exploitation de leur forlUne rurale et de leui'S imolenses capitaux. A la flii de la république!, au commencement de l'empiré, l'Italie n'était qu'ud jardin : partout des arbi^es rares, des palais de inarbre, dés statues grecques, nulle part un épi de blé. La Sicile, l^Afrique,nourrissaieAt l'Italie. Néron lôtnba, parce que la flotte de Sicile n'arrivait pas assez vite. Voilà l'Italie 150 ans après Jésus-Christ. Au sixième siècle^ l'Italie entière était cultivée, mal il

Page 1