LIVRE
romaines ; jamais lois plus sages et plus généreuses ne semblèrent donner tant.de garantie aux droits,
pensaîefH du service effectif; 9® les personnes d'un rang élevé étrangères à la carie et que le sénat y faisait entrer dans llntérét de sa propre vah^ on de celle du nouveau membre. Les décurions en exercice sont ainsi classés; d'abord les anciens fonctionnaires par ordre de rang, ceux du même rang par ordre d'ancienneté; ceux qui n'ont encore rempH aucune fonction , par .ordre d'aneiennelé dans le curie. Quand la cité n'avait pas de magistrats, l'ancienneté marquait le rang des décurions et désignait le président du sénat (principalis). L'album de la cité de Canusrarn, de l'an S93 après J.-C., qui s'est conservé jusqu'à nous, explique et confirme ces règles. Les décurions y sont tous nommés da^ns l'ordre suivant :
90 patroni, C. C. V. V. (c'est à dire darissimi vin, sénateurs romains.)
9 patroniE. E. Q. Q. R. R. (équités romani.)
7 quinquennalicii.
4 allectiinter quinquennales.
99 duumviraliciî.
19 aBdilicii.
0 qucstoridi.
91 pedeni. S4 praetextati.
14S (Savipy. Hist. du droit rom. T. I, ch. II, p. 64.)
Lesdécurions du texte de M. de Savigny et les dOpatrom de l'album de Canusium ressemblent beaucoup aux patriciens de l'abbé Dubos. M. de Savigny achève la ressemblance en établissant que l'ancienne noblesse gauloise , si riche et si puissante, se conservait dans les curies. Il y a longtemps qu'on a fait justice des hypothèses ingénieuses de l'abbé Dubos, mais trop souvent les auteurs français sont traités ailleurs de légers et de frivoles. Ils ne se voilent pas de nuages qui laissent un champ libre à toutes les interprétations ; ils sont trop saisissables par leur clarté même. L'obscurité n'est pas toujours un mérite ni l'ennui une dignité..
256 HISTOIRE DK LA ROTÀUTÉ.
au biëtt être et à la sûreté des peuples, Pirtout, là souveraineté populaire ^it reo<mnue ; leafomndM législatives la rappelaient sans cesse, et ces mômes lois n'en étaient que la perpétuelle application* 'Rien ne se décidait que dans les assemblées , à la pluralité des voix; le corps municipal choisi pv lqi:mâme , renouvelé dans son .propre sein.» s'aj^* puyait sur la volonté générale , et, tout en satisfaisant à la liberté, donnait à Tordre public la sauvegarde de la propriété. Po«ir être ouriale , il fallait posséder vingt-cinq arpents. C'était asses pour une garantie et trop peu pour un privilège. Le problème des temps modernes paraissait donc résolu dès lors. Le cens électoral n'était pris ni trop haut ni trop bas; il comprenait, à peu de choses près, la généralité des hommes libres.
Ainsit qui Taurait cru? le modèle d'une aociété, telle que la conçoivent aujourd'hui des oprnions très avancées,, existait dans l'empire romain^ ^du deuxième au quatrième siècle ; et; ce qui est plus étrange, c'est que le despotisme et ensuite l'oli* garchie ont seuls profité de ce qui paraissaib devoir tpomblér les vœux de la démocratieia plus exigeante. Provinceij, cités, muoicipes, s^administraieot euxmêmes; le corps entier des hommes libres présentait à son propre choix une vaste pépinière de magistrats et d'administrateurs. Conoourir au ser* vice public, était à la fois un devoir et une obliga-