LIVRE III. 2S
a trouvé plus de science et des remèdes plus efficaces i Rome que partout ailleurs, s'il les a reucontrés dans révêque placé naturellement à la tète des hôpitaux et de tout ce qui se rapporte à la guérison de Thomme, il devait en être logiquement ainsi.
Ces donations qui s'étendirent jusqu'en Grèce, en Sicile et en Afrique, formèrent de bonne heure un immense patrimoine au Saint-Siège. De telles richesses devinrent aisément l'objet de l'ambition d'une aristocratie puissante; quelques grandes familles tentèrent de la rendre héréditaire. Mar* celiin et Jean Mercure étaient l'un et Tautre fils de ProjectuSi ce qui au surplus n'est point un nom de famille, mais saint Agapet et son petit fils saint Grégoire-le-Grand étaient positivement l'un et l'autre de l'illustre maison des Gordiens (1).
Les principales autorités de Rome, à cette époque, étaient constituées ainsi : le sénat héréditaire. — Le préfet de Rome, chef de l'administration, premier juge de la commune; sa juridiction s'étendait en droit même sur les sénateurs. Nous verrons combien ce droit était illusoire dans l'exécution. — Le vicaire de Rome, sous les ordres duquel était placé le préfet de l'Annone, magistrat préposé aux vivres. — Le préfet des veilles ou commandant de la place. — Le comte de Rome,
(1) Voir le présent ouvrage, livre V, T. 11, p> U.
28i UISTOKŒ DE LA ROYAUTÉ.
c'est à dire rinspeetcur des monuments publics. — Le comte du port, des acqueducs; et€. Tous ces pouvoirs étaient impuissants ; presque toujours divisés par des querelles intestines y ils joignaient à cette cause de faiblesse une dépendance et une crainte perpétuelle des nom* breux événements qui se jouaient alors de la destinée humaine. Au milieu d'une instabilité générale^ il n'y. avait de stable dans Rome que le sénat et l'évoque, son représentant immédiat. Dès qu'une cause grave, dès qu'un péril imminent exigeait une intervention supérieure à celle des autorités officielles, le peuple recourait au sénat9 qui déléguait ses pouvoirs au pape; c'est ainsi qu'au nom des sénateurs de Rome, saint Léon négocia avec deux chefs barbares, Attila et Genséric. Mais le négociateur était plus puissant quele corps dont il semblait l'interprète; aussi, dansquelques bulles postérieures, le nom de sénat est-il attribué hardiment au clergé de Rome (i).
Depuis Constantin elle était devenue sous le nom de république , titre qu'elle ne perdit jamais , une sorte de ville libre que je comparerai, pour éclaircir ma pensée , aux villes anséatiques du nord de l'Allemagne, s'il est possible d'assimiler des résultats analogues, amenés par des causes ab
(1) Greg. P. I. Bull. ad. Brunech. Reg.