‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 117 sur 191 · LIVRE · texte numérisé non relu

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solument différentes. Dans la Hanse-Teutonique, raristocratîe naquit du commerce; à Rome, elle se maintint et se fortifia par la propriété territoriale. Nous y avons bien vu un préfet ou un comte; mais, ainsi que nous l'avons dit, ce magistral était sans autorité réelle, à peine était-il en état depoui'voir à Tordre matériel ou à Papprovisionnement de la cité. Peut-être lorsque deux partis trouvaient en présence, ces préfets ou comtes pouvaient- ils donner de la force à l'un d'eux , en lui apportant l'appoint de l'autorité impériale; mais plussouvent leur adhésion frappait d'impopularité la faction qu'ils adoptaient. Dans tous les cas , ils n'avaient aucune influence sur les passions et les démarches des partis.

Les troubles qui précédèrent et suivirent l'élection du pape Damase, présentent un tableau animé de cette situation. A Jules P' avait succédé Libère, sous le règne de Constantius fils de Constantin. La vie de <^e pape n'avait été qu'unesuite d'infortunes et de contradictions, un mélange de force et de faiblesse. Défenseur de saint Athanase, persécuté par un empereur arien, Libère était l'élu de l'aristocratie romaine. Les matrones surtout lui étaient dévouées ; elles avaient favorisé son avènement, car les grandes dames de Rome prenaient la part la plus, vive aux élections pontificales. Dans

la crainte d^uDeémeule, il fallut enlever, de nuit, le pape en secret, et l'envoyer à Milan. Constant! os s'y trouvait alors. Après des offres insidieuses de la part de ce prince et une résistance noblement obstinée de Libère, le pape fut exilé à Bérée en Bythinie. Toute la haute aristocratie de Rome se ressentit de cet événement^ elle éprouva des persécutions ou du moins des craintes ; tes matrones se cachèrent dans leurs villas , les satellites de Gonstantius por-térent l'effroi dans les* demeures patriciennes. En l'absence de Libère , le prêtre Félix fut installé pape, par rescrit impérial ; cet intérim dura trots ans.

L'empereur s'apaisa enfin ; comment Libère parvint-ii à le fléchir ? les opinions sont diverses. On croit généralement qu'il regretta Rome et faiblit ; mais soil qu'il ait signé un formulaire arien ou semi-arien, soit qu'il ait souscrit au premier ou au second concile de Sirmium ; passons vite , sur la dure accusation de saint Jérôme (1) ; il n'y a nul plaisir à charger un pape d'hérésie.

Rome, privée de son pontife^ s'était divisée en deux factions. Il y eut alors pour la première fois depuis la chute de la république, un parti popu-

(1) « Liberius uedio victus exilii et in hereiîcam pravitaiem subscribens, Romam quasi victorintraverat. nHierony. Chron. ad Euseb.

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