LIVRE IIK
taire à côté du patriciat ; l'empereur Gonslantius Mutlfit ce parli dont le pape ou anti-pape Félix II {rEglise n'a pas prononcé) est évidemment Texpression. Ce Félix, propriétaire d'une mauvaise petite métairie auprès d'Osde sortait probablement de race plébéienne (1); son rival au contraire était l'élu de la noblesse. En le renvoyant i Rome, Gonstantius avait cédé aux vœux des patriciens et surtout aux prières des dames. Après la défaite de Magnence, le fils de Constantin jusqu'alors étranger dans sa capitale, y vint pour la première fois; il s'y montra dans un appareil ridiculement fastueux ; une foule d'eunuques suivaient son char de triomphe , l'or et les diamants brillaient sur ses habits. A peine avait-il passé les portes , qu'il vit venir à sa rencontre une troupe de femmes plus nombreuse que sa suite impériale et plus parée que lui-même ; leurs maris n'avaient osé ni les suppléer ni môme les accompagner. Revêtues de leurs pins superbes atours, ces filles des Scipions et des Gracqnes, belles sans doute et imposantes, venaient redemander leur évêque à cet empereur si petit devant eHes et devant Rome. Constantius balbutia Tapolegie de Févêque intrus; mais la majesté de ces Gornélies chrétiennes le dompta. Il leur promit le ' retour de leur pasteur et leur tint parole ; Félix II
(1) « Félix depositus de episcopatu habitavit in Pnediolo suo, via portnensi. » Lib. Pontif. in Liberio.
fut écarté. 11 chercha pourtaot à sedéfeadre et reparut même par la suite; raristocratie victorieuse le repoussa vigoureusement. L'influence des femmes sur les élections pontificales probablement contemporaine des premiers siècles, existait alors dans toute sa force; elle était tellement inhérente aux mœurs, aux usages, aux souvenirs mêmes du peuple Romain , que nous la verrons traverser les Ages pour ne s'éteindre qu'au dixième siècle étouffée par ses propres excès, et parvenue à ce degré d'audace, à ce comble d'abus qui fait crouler les institutions les plus anciennes alors môme qu'elles semblent solides et triomphantes. La puissance patricienne représentée par les femmes avait donc ramené à Rome le pape légitime et suspendu la lutte entre les deux factions. Cette lutte néanmoins survécut à Libère, et l'élection de Damase I" son successeur, en présenta un exemple plus frappant encore. Le diacre Damase, selon ses apologistes, avait été un ami fidèle et dévoué du dernier pape (1), selon d'autres (2) il abandonna et tra* hit son maître. Ces obscurités sont impénétrables, on peut cependant conjecturer sur ces mâmes don» nées , que Damase fut un homme de parti, courageux et habile^ et non un humble prêtre étranger, aux choses du monde. Le bruit ne l'étonnait point; et
(1) Hier. £p. 50, ad Pam. c. 7.
(9) Marceil. Prof, libel., p. 9-3.
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sans ajouter foi à ses ennemis , il est difficile de ne point reconnaître dans cet évéque le chef et l'organe d'une opinion puissante. La lumière n'apparaît point tout à coup , dans ces annales si confuses ; c'est un faible rayon qui luit sans éclairer, au fond de quelque sombre labyrinthe; mais enfin, si le fil est presque invisible, peut-être n'est-il point perdu : nous y consacrerons tous nos efforts , avec succès nous l'ignorons , mais certes , avec une conscience scrupuleuse et une entière bonne foi.
Libère mort, deux concurrents Ursiu et Damase se disputèrent sa succession ; tous deux s'accusèrent réciproquement d'avoir abandonné Libère pour suivre l'antipape Félix. Les factions se partagèrent y les dames romaines se déclarèrent pour Damase, candidat de l'aristocratie. Son rival conduit par quelques diacres dans un coin obscur de la basilique de Sicine, depuis Sainte-Marie-Ma* jeure , fut consacré par l'évèque de Tivoli , contrairement à l'usage des élections aristocratiques , qui déférait cet honneur à l'évèque d'Ostie (1). Le oboix de l'évèque rural de Tivoli , semble indiquer l'influence des hommes de la campagne romaine opposée au parti intérieur de la ville , et peut-être aussi la protection de quelques familles dominantes dans les montagnes. Peut-être y avait-il rivalité entre une aristocratie toute nouvelle, sortie
(1) Hier. Chr. an. 307.
du peuple et le vieux patriebl séuatorial. E^e nom même du eandidal populaire ne seiablecaitril pM forlifier une telle ooiqeclure el daos cel anlipsifM^ Ursin , sacré hors de renceinte de Rome, uepowr9^l-*on pas recoonallre le premier des Orsîni (4)?
Quoiqu'il en soit, i celte nouveU^ inopinée Damase ramassa en toute hA^e de^ bpmmes propres i un coup de main : des spadassins, des esclaves, des cochers du cirque, enfin toute cette race déterminée, mercenaire, courageuse, qioi servait au plaisirs, du public et k la défensç des classeï riches, clientelie domestique encore nombreuse à la sifite de Taristocratie romaine ; re^te de bandits qui n'étaient plus des gladiateurs, saps être enccm des sbires. Damase les arma de bâtons et d*épées et les envoya s'emparer de la basilique dq Jules. HbJ^ gré sa vieillesse, car il avait soixante ans, il marcha lui-mf^e i leur tôte. Après un^ combat el des massacres, il fut proclamé év^ue de Rome. Tiel est du moina le récit du parti oppœé; il. a été rcilpté ps^, les amis de Damage ; c'est au lecteur à juger si des détails ans^ précwf . pcAveQt fttra entièrejqeut inventés.
Une chose qerfatne, c'e«t qu'il y eut schisme et que le. désordre, fui extrême. Pair une anomalie sipgulièr/e, l^Si- n\a|^strat$ étaient pttens* GeUe
(i) Noos ii'igoorons pas que la généalogie officielle de la maison des Ursins, ne se rapporte nullement à cette coafecuire.