‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 120 sur 191 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

bla cependanl l'abandonner ; les violences de ses sicaires l'avaient personnellement rendu odieux. Ces lattes de deuxévéques chrétiens amusaient les polythéistes. On se rappelle ce passage si souvent cité d' Amroien qui s'indigne de l'ardeur ambitieuse d'Ursin et de Damase ; il avoue cependant qu^à en juger par te faste qui accompagne Tépiscopat ro-, main 9 il semble digne d'être convoité à tout prix. « Là, rien ne manque, dit-il, ni les pffrandes des matrones, ni les chars pompeux, ni les vêtements magnifiques; les tables des évêques de Rome sont splendidement couvertes et somptueusement servies, leur luxe l'emporte sur les tables royales (i).» Cette révolution intime du pontificat ne tarda pas à se manifester par un changement extérieur. Ammien Poppose à l'humilité des évoques de province, modestes et pauvres, contents d'habits grossiers et d'une table frugale; à l'en croire, le prétexte qu'ils allèguent , est la grandeur du nom de Rome. Mais Ammien se trompe, ce n'est pas un prétexte. L'évéque de Rome n^était plus un apôtre chaussé de sandales d'écorce et marchant dans la poussière des sentiers, un bâton blanc à là main. C'était désormais un patricien, un Pontàfex

(1) a Cvln id adepUy futoii sint iu aecori, at ditentnr obiatloiiibas malroiianini^ procedantque vehkidisiiuidentescirciijnspecte. yestiti^ epulas curantes profusas, adeo ut eorum oonvivia regales sapèrent mensas. v Anim. Marcell. XXVII.

294 HISTOIRE DB LA hOYADTÉ.

Uaximu», un prince du sénat, un chef férifabledc çette.capitalcdu mon^e délaissée par les empereurs. Il exerçait réellement le pouvoir dont un consul , un préfet du prétoire, n'avaient plus quQ le pom; aussi l'un de ces hauts dignitaires^ rîllqsfre Preiextatus ^ disait-il à p^pia^e Igi-nuèine : $ Fais-ipoi évèque de Rome, et je ine ferai chrétien (!)• » Baronius et tant d'autres écriyaîqs^ qui eherchept à infirmer v^nenient le témoignage d'Amipien , ne comprei^nent ni l'époque ni la situation. En niant ce luxe de la papauté , ils pi^nt le pouvoir réel dont elle était l'embiéme. Toutes ce^ phrases convenues sur l'humilité pontificale peuvent prouver place dans le langage de l'ascétisme , mais elles n'appartiennent point au vocabulaire de l'histoire. Avec la simplicité des apôtres, les papes n'auraiept pas civilisé et , pendant quelques siècles , gouverné le monde. Des dehors imposants n'étaifsnt donc que le symbole extérieur d'une position doublement fofte. Appuyée sur l'aristocratie dont elle était issue, la papauté all^jt droit au pouvoir suprême* L'abdication du grand pontificat par les empereurs fut , qous l'avoiis vu, le poiq( de départ de çet^e luf rche s\9cendante.

A partir de Libère et surtout de Damase, chaque im deytqt uit progrès. Injqocent I*% l'un dias successeurs de Damase, se constitua le juge sévère des

(I) Hicrony. £p.

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