‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 122 sur 191 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

tés de Léon^le-Grandjy protestèrent expressément contre la résolution du concile de Ghalcédoine, qui, dans ce système , donnait à révêché de Gonstantinople le second rang après celui de Rome (1); il écrivit avec force dans le même sens, & l'empereur Arcadins et à sa sœur Pulchérie. Les £giises de Jérusalem, d'Alexandrie et d'Antioche» étaient lésées par l'élévation du siège de Gonstantinopleà la primatie sur l'Eglise Orientale. En défenr dant la prérogative surannée et déchue de cestrpis villes métropolitaines , Léon-le-Grand sut se garantir de la périlleuse concurrence du patriarche de Gonstantinople et semer la désunion entre les divers sièges de TOrient, qui seul pouvait inquiéter Rome, exempte de toute concurrence sérieuse en Occident. Il y avait bien quelques velléités d'opposition dans les Gaules, saint Hilaire de Poitiers tint tète à saint Léon; mais ses tentatives n'eurent aucun résultat, si ce n'est de doubler la force de son adversaire. Placé sur ce terrain favorable Léon-le-Grand donna le premier à sa cause l'appui d'une science positive et d'une politique profonde, il y appliqua les fé* condes ressources d'un esprit subtil et d'un caractère persistant. Jusqu'alors les papes n'avaient pas

(1) CoDC. Chalced. XX. Can. ^ Fleury, hist. eccl. XXVIII, 30- 33. — ^ OrsiSt. Jules, T. XXVill, p. 149 (édit. in-lS de Venise, 1S96). -- Neander, Jtt«4Kti0eH|td^t<. T. 111; p. 73«.

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élé boiBines d'nn génie supérieur et une cireoBsiMce si défoforable {>our tout autre établissement avait favorisé cette Rome à qui tout réussit toujours. La droiture, la simplicité d'esprit des premiers pontifes les tint presque continuelleilieDt éloignés des luttes théologiques Où des intelligences du premier ordre s'illustraient Souvent et se déconsidéraient quelquefois. Rome n'entrait point en controverse , elle ne paraissait guère dans le Dombat^ ou ne paraissait que pour la décision, c'est à dire pour la victoire. Le pape fut de bonne heure le président de l'assemblée des fidèles. Il ne délibérait pas ; il résumait et fixait les questions. Tandis que- les défauts de caractère .et même les qualités les plus brillantes de Tesprit se réunissaient pour précipiter les églises rivales dans le* cris et le tumulte de l'école, tandis que chaque concile devenait une arène souvent sanglant^; une parfaite imilé , dans la croyance régnait à Rome, même au milieu des désordres puMicsw Un Damase et un Ursin se dispu* taieni le siège épiscopal de la nlle , mais ila n'op* posaient l'un à l'autre aucune diversité de dogmes, aucune dissidence religieuse^ Damase aurait communié de la main d'Ursi» qui aurait pu donner à Damase les dernières consolations réclamées par les mourants. Rome seule présentait l'exempte de l'unité dans le trouble et de la paix dans le combat.

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