‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 123 sur 191 · LIVRE IJI · texte numérisé non relu

LIVRE IJI

Le titre d'évéque très multiplié dans la chrétienté avait Alors une signification à la foie »upé* rieiire et inférieure à celle qu'on lui attribue de nosjojurs. te métropolitain de Constaniinople ou d'Antioche remportait infiniment sur Tarefaevôque actuel de Paris ou de Tolède ; c'était une existence ionte djfi&rente , une place bien autrement élevée dans la cité et dans TEtat. Edile , sénateur , juge , arbitre, membre intégrant quoique supérieur de la commune et du corps municipal, il avait une grandeur, une variété d'attributions dont n'approche pas de nos jours, un cardinal légal trônant dans Bologne ou dans Perrâre. Mois, le chef spirituel d'une pauvre bourgade de Syrie ou d'Afrique, jeté au milieu des montagnes ou des sables , vivant de dattes et de figues, tribut de la charité des femm6sArabes,n'étaitaufondqu'uncuré,un vicaire decampagne et par le fait, malgré la ressemblance et la communauté du titre, n'appartenait pas à la classe puissante des évéques. IlyBurait sans doute quelque chose d'exagéré, de trop systématique, à séparer les ecclésiastiques de ces trois siècles en deux classes absolument distinctes) mais il y aurait m<»ns d'exactitude encore à les confondre, comme on le Eût trop souvent, sous la dénomination commune'de clergé* La distinction du haut et du bas clergé se retrouve assurément dès cette époque, moins tranchée à quelques égards qu'à des époques très pos*

térieureSy mais sous d'autres rapports plus sensiUe encore et plus profonde. Etablir une différence de classe entre Tévêque et le prêtre du quatrième ou du cinquième siècle, c'est donner à une observation vraie, je ne sais quelle fausseté de teinte qui la dénature et Taltère. Il faut bien reconnaître que le prêtre vieilli dans les emplois subalternes du diaconat et du sacerdoce inférieur, devenait parfois évêque à son tour ; mais ne point rechercher la différence de ces deux modes d'élévation à Tépiscopat, les mêler, les confondre, méconnaître surtout la différence radicale entre le prêtre plébéien et l'évêque aristocratique, c'est mentir à F histoire, c'est négliger un point d'autant plus essentiel à éclaircir qu'il se rattache puissamment au grand fait de Tinyasion germanique et à l'établissement de la royauté barbare. Il faut donc l'examiner en conscience et à fond.

L'organisation monastique, on l'a remarqué^ avec raison, n'appartient point par son origine à la hiérarchie du clergé chrétien; le monachisme n'est pas même une branche du culte nouveau. Né dans l'Inde, transplanté en Orient, il a précédé le christianisme, il en est la conquête et non le produit. Sans remonter à des origines ténébreuses, qui ne sont pas de notre sujet, nous nous bornerons à constater que les premiers solitaires, les premiers ascètes chrétiens n'ont pas précédé le

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