‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 126 sur 191 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

cupé de 869 visioDS célestes» absorbé par la vue de Dieu et par la mélodie ineffable des anges , le bon Martin avait eotièrement oublié la terre ; il n'avait pas pris garde qu'on était à la veille d'une bataille. ' Chrétien, tuaspeurltlui ditJulien. « Qu'on m'dte < demain mon épée, et que, désarmé, on me mette « au front de l'armée » , répond l'intrépidesoldat, «au Cl nom de Notre-Seigneur Jésus*Christ, protégé par « la er<^x mieux que par le bouclier ou le casque, « j'eafonoerai les bataillons ennemis. » Depuis ce oftoment, sa vie ^ traversée par les persécutions païenne et hérétique, ne fut qu'un perpétuel exercice de charité et d'humilité chrétienne.

Saint Martin transplanta le premier dans les Gaules la vie monastique déjà florissante en Oriant, et dont saint Atbanase avait apporté la théorie aux: Occidentaux. Le monastère de Ligugé s'éleva par ses mains dans le voisinage de Poitiers; il devint, en nos contrées , le premier exemple démette solitude en commun , la gloire et le salut de l'Europe au moyen Age. Quoique saint Hilaire de Poitiers paraisse avoir protégé les premiers pas de saint IfarUn^ aoA entreprise était généralement odieuse à l'épiscopat des .Gaules, ennemi des innovations asiatiques. Déjà, dans le quatrième siècle, il avait feit descendre de sa colonne un nouveau Siméon , un homme d'origine barbare, nomïpé Wulfalaik (1)

(1) Greg.Tur.

dos HISTOIRE DE LA KOYAUTÉ.

qui essayait de renouveler en nos humides climals^ des merveilles i p9ine vraisemblables sous le soleil de la Syrie ou de l'Egypte. Apporté dans les Gaules par le soldat Fannonlen, le monachismc fut reçu comme le sont toutes les tentatives nouvelles; le mécontentement desévèques ne connot plus de mesure, lorsque le cri public porta le solitaire au siège de Tours.

L'exemple était dangereux, la brigue électorale ordinaire n'avait eu aucune part à ce choix, c'était le résultat d'une sorte de conspiration publique. Saint Martin habitait toujours son monastère el n'en sortait jamais ; le tirer de sa retraite n'était

pas aisé. Pour en venir à bout, un homme nommé Ruricins se jeta à ses genoux, pour le supplier de venir guérir sa femme qu'il disait très malade. Martin se rendit à sa prière. Aussitôt une population nombreuse qui s'était tenue en embuscade sur la route, se saisit du saint abbé et l'emmena en triomphe à Tours, où une foule innombrable était accourue, même des villes voisines. Un cri unanime le portait & l'épiscopat; quelques personnes en petit nombre, parmi lesquelles des évèques (1), s'y opposèrent et eurent, d'après l'expression de saint Sulpice Sévère, l'impiété de lui reprocher une mine basse, une chevelure négligée , des vêtements^ales et vulgaires. Le peuple se moqua de leurs reproches

(1) «Pâoci tamen etnonnalli ex epiaeopis iuqûè repofnalMiiit. »

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