LIVRE III
doot les Gotbt sont infeelés. La passioo politique remporte sur la ferveur religieuse, tant il est vrai que la politique est Tame de ces pages terribles. A en croire Salvien» t c'est aux Barbares seuls qu'on peut encore se confier : Dieu les a marqués de son sceau; ils grandissent et Rome tombe ! Saûl maudit et déchu, voilà Rome ! Da*vid béni et triomphant, voilà les Barbares I Quelle différence de leurs mœurs à celles des Romains ! d'un c6té, quelle impudieilé monstrueuse, de l'autre, quel respect pour b foi conjugale, quel éloignement de tout désordre et de tous vices. Ils sont hérétiques, dites-vous, mais ils ne le savent pas, car ils sont tellement convaincus de leur orthodoxie qu'ils nous flétrissent nousmêmes de ce titre infamant. Ce qu'ils sont pour nous, nous le sommes pour eux. » Salvien fait plus. 11 se sert même d'un argument bien singulier dans un prêtre et dans un prêlre du cinquième siècle, il excuse les hérétiques sur leur intention (1). « Notre culte est le véritable; mais ils regardent leur
(1) « Nos eo8 injuriam divin» geDerationi facere cerli somut, quod minorem pâtre flliam dicant. lUi nos injuriosos patri exisli* mant quia sqoales esse credamas. Yeritas apud nos est, sed illi apnd se esse praesnmunt. Honor Dei apud nos est, sed illl hot arbilrantur honorem divinitatis esse quod credunt. Inofllciosi sunt , Sed illis hoc est summum religionis officium. Iropii sunt, sed hoc veram putant esse pietatem. Errant ergo, sed bono aniiiio errant, non odio, sedaffecCu Dei honorare se Dominum atque amare credentés. Quamvis nonhabeant rectam tidem, illi tauieo hoc perfee-
< croyance comme le culle de la Divinité, Us igno* « rent les devoirs de la vie chréliaiine, mais c'est € en cela qu'ils font consister le premier devoir de « la religion. Ils sont impies, mais ils pensenl prac tiquer ainsi la piété véritable. Ils se trompent
< donc, mais c'est de bcmnefoi* Les Barbares prati- « quent ce qu'ils croient bon , et les chrétiens ce c qu'ils savent être mauvais. Et c'est par un juge- « ment équitable que la patience de Dieu les sup- « porte^ pendant qu'elle nous châtie avec rigueur,
< car on peut jusqu'à un certain point excuser
< l'ignorance, mais le mépris ne mérite pas de « pardon, i
Que devient ici le péché originel, que devient la grâce ? Mais la doctrine de saint Augustin rencon* tra plus d'un adversaire dans le clergé , et d'aiU. leurs, répétons-le, la question théologique est entièrement subordonnée par Salvien à la situation
Um Dei estimant caritatem. Qualiter pro hoc ipso ùilsae opinionls errore in die judicii puniendi sint nnlluspolest scire DÎsijadex. Intérim idcirco eis, utreor, patientiam Deusoommodat, quia yidei eos, et si non recte credere, affecta tamen piae opinionis errare : maxime cum sciât eos ea facere qiiae nesdoiity nostros antem negligere quod credunt: ac per hoc iUos magistrorum peocare vitiOy nostros suo : illos ignorantes, nostros scientes : illos id Cioere quod patent recTtum, nostros quod sciant esse penrersum. El ide6 justo judicio illos patienlia Dei sustinet, ei nos animadversîooe castigat : quia ignosci aliquatenùs ignorantiae potest, contemplas veniam non mereuir. Sic enim scriptum est : Senm ^ ne^eU vo» IwUaUm domtm mi, et non facit eam, vapulalntpaMcisi gmi ontemscit, »