‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 135 sur 191 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

ocoiiper l'antique capitale du monde; il se contenta de lui donner ce que l'empire et lui méprisaient le plus : Un empereur romain. « 0 Rome, disait le petit*fil8 d'AlariCy « le' seul péché de notre aïeul, € le seul nuage qui obscurcisse sa gloire, c'est d'ài voir osé te prendre (1). »

Déjà sous Auguste, Horace avait chanté les Gètes, nom latin des Goths; il avait décrit leurs chariots , qu'il appelle des maisons vagues , roulant au milieu de plaines sans limites, cultivées par des mains libres; l'instinct nomade de ces tribus ne lui avait point échappé. Passé un an, ditil , la culture d'un même terrain leur déplait (2). Issus de la famille asiatique du Caucase, les Goths vivaient en deçà du Danube^ sur les PaTus Méotides. L'empire les connaissait bien , mais ils connaissaient encore mieux l'empire. Ils précédèrent tous les peuples asiatiques sur son territoire, et de bonne heure ils furent mêlés à ses destinées. Ils

(1) « TestofyRoma, tuam nobis venerabile numen.... Me paoemjMrvare tibi , vd velle.abolere Qoae noster peccavit avos y quem foscat id uBum Quod te Roma capit. » Sidon. Avit. Paoegyr.

(9) « Campestres melius Scylb»

Quorum plaustra vagas rite trabunt domos , Vivant y et rigidi Geta :

Immatata quibos jugera libéras Fmges et Ccrerem ferunt :

Nec cuUara placet longîor annua. » Garni. 111 y 24.

avaient paru sur la frontière romaine dès le siècle des Antonins. Défaits par Garacalla, payés par Alexandre Sévère, ils montèrent an pouvoir a^ec Maximin, puis après cet essai» du Capitole ib redescendirent en rase campagne et tinrent lèle è sept empereurs (1). Claude II, par quelques victoires passagères, acquit le surnom de Gothique^ mieux mérité par Aurélien, qui rejeta les Goths au delà du Danube; leur audace avait franchi cette barrière* Limités par le fleuve , ils n*en furent pas moins la plus puissante des peuplades barbares; toutefois ils n'attentèrent point immédiatement à la paix du monde. Traités par Dioclétien , Constantin, Constantius et Julien, en alliés ou plutôt en tributaires , ils se formèrent dans cet intervalle à la connaissance , à Tusage, à l'admiration des mo&iirs romaines. Longtemps ils purent se maintenir sur la rive orientale du Danube; quelques tribus ennemies furent aisément vaincues , mais les Huns étaient plus redoutables. A rapproche de cette horde si terrible même aux barbares , les Goihs demandèrent à Valens le libre passage du Danube et un asyle dans la Thrace; ils parurent en suppliants sur la rive gauche de Tlster , ils promirent à Tempereur une fidélité sans bornes ; enfin , ils acceptérent du maitre non seulement le vivre et l'abri, mais la foi.

(1) Balbîii y Gordien , Philippe , Gallus , Valerienel Gallîeo.

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