LIVRE 1V
Celte manie <rifttitaiiaD pMsa bientôt des morarft aux loi». La législation romaine conserva son auto* rite, ei la tète des Gotbs se courba, non sous tes prières des évèques^ mais soiiè lès vieilles formulée d'Ulpien et de Gaina*
Euric avait réuni dans un recueil particulier les lois et les coutumes de sa nation ; ce code peu répandu ne nous est point parvenu ; mais les Golbs furent longtemps gouvernés par le code appelé AfAeiif d'Ânianus son rédacteur, ou Breviarium Alaricianumj du nom d'Alaric 11, celui des rois de la Gaule qui en ordonna la rédaction. Ce Breviarium n'est pourtant, en grande partie, qu'une compilation du code théodosfen chargé de commentaires et d'extraits des plus anciens jurisconsultes romains (1). La législation des Bourguignons porte également une empreinte toute romaine; la loi Gambette j code national, est remplie de dispositions empruntées au droit romain, et ce recueil retrouvé au seizième siècle par Cujas, publié sous le nom des Réponses de Papien n'est qu'une compilation semblable au Breviarium, et selon toute apparence, imité du code compulsé par Âlaric.
Il ne faut pas oublier que Jornandès parle ainsi d'après Cassiodore, dont il n'est que Tabréviateur.
(1) On se borne à indiquer iei ee que MM. Guizot et Savigiiy ont bi admirablement dévetoppé.
340 HISTOIRE Dfi LA ROTAOTE.
Ainsi, la nation gothique était devenue toute romaine, sinon dans ses mœurs réelles , du moins
dans celles qu'elle prétendait avoir ; elle avait été façonnée à l'imitation par l'admiration et préparée à l'admiration par la servitude. En outre , l'arianisme lui avait donné une grande faculté de dogmatisme et d'abstraction, qui la rendait susceptible de s'identifier avec le mouvement général des esprits. Tour à tour esclaves et tyrans de Rome, les Goths avaient contracté dans ces coutumes si disparates, quelque chose de factice et d'impuissant. Ils s'étaient complu à fomenter, à envenimer la décadeûcc de l'empire. Les derniers empereurs furent les créatures du Goth Ricimer; le Burgonde Gondebaut fut Barbare pour les Romains , Romain pour les Barbares. Us ne pouvaient venir en aide ni au présent ni à l'avenir et n'apportaient point au milieu d'un monde vieilli un élément fécond et nouveau ; épris de la décadence romaine, ils en étaient les soutiens et les continuateurs.
Tels n'étaient pas les Francs (1). Horace dans son
(1) Nous n'examineroDS pas si les Francs n'éiaient qu'une confédéralion de plusieurs peuplades. Quoique accréditée, celte opinion n'est pas la nôtre. Le soepticisme est permis lorsqu'on peut s'appuyer Sur une grande autorité : celle de M. de CbÂteaubriand. Malgré quelques mots assez obscurs de Fredegaire(Multiejusdeui gentisFrancorura nomen assumpit), l'illusire historien a raison de din£ que c'est une opinion sans preuve, (Etudes. Analyse. Pre-