LIVR£ IV
aotre Mérovée, celui de noire histoire, svitii Aétius aux champs Catalaouiques; iqus deux dé^ fendirent Tempire bravemeni et sans arriére pen* sée. Seul parmi les Francs , Arbogaste inH*igua comme un Grée du Bas^Empire ou comme un Goih auxiliaire; mais ses menées ne furent point approuvées dans sa trilMi, deux chefo , ses compatriotes, se soulevèrent contre lui : Maroomire et Sunnon combattirent noo l'empire, mais Arbofasté ) c*étaft ^une guerre civile, une rivalité entre deux tribus (i); les peuplades Flanques n'attaquèrent ^i»mais l'empire, elles ne songèrent jamais à le renverser ; leurs rébellions n'étaient que des émeutes passagères dont la cause était toujours dans quelque noble sentiment. Ainsi les Francs se révoltèrent contre Gratien parce qu'il voulait les confondre avec des recrues Scythes et Tartares. Encore vit-on le chef de la tribu rester Adèle à l'empereur, s'associer à sa détresse et mourir à ses côtés.
Les Francs ne furent donc ni ingrats ni perfides envers Rome , ils attendirent sa chute et ne remplacèrent que le néant. Voilà les principaux traits des deux peuples qui se partagèrent l'empire romain. Partis de deux points si différents, ils ne durent point appliquer à leurs conquêtes les mômes
recoDDaUre nos vieux Mérovées^ chose plus vraisemblable que prouvée.
(1) Regales, vice-rois et non petits rois. Voir sur ce passage de Grégoire de TonrS; nos Proligomêneê,
maximes; chacun d'eux à celte époque exiraordi* oaire, fut représenté par un grand homme : Théodoric , Glovis. Théodoric réalisa la plus haute expression du génie des Goths , Glovis résuma dans sa personne les traits distinctifs du Sicambre. Tous deux agirent dans des circonstances analogues, et à peu près sur le même terrain. Des parties si senblables d'un vaste empire, l'Italie et la Gaule réunies jusqu'alors par le lien des mœurs et des lois , subirent une fortune bien diverse par la dissemblance profonde de leur« conquérants.
THEODORIC.
Théodoric^ fils de Théodemir était issu de la race des Amales restée royale parce qu'elle n'avait pu atteindre la terre de l'empire, où par le contact seul s'évanouissait la royauté. Elle était héréditaire dans cette famille depuis Gapt (1)> per<*
(1) Jor« XtV. Choeteus remonte plas haot^ il fait descendre les Amales et les Balthes du Phrygien Dardanus, p. 6f 7.— « VitaTheo>
346 HI«TeiIlE DÉ LA ROYAUTÉ.
sonnage que Joroandès lai-mème reconnatt pour fabuleux^ mais dont il déduit la filiation jusqu'à Théodoric, le plus grand des Amales et de tous les Ases. En accordant à la critique moderne assez de données pour relever des erreurs dans celte généalogie, il suffiit d*y voir la prétention avouée d*une descendance directe et surtout d'an sang royal, transmis de génération en génération. Proclamée depuis en plein sénat par Cassiodore (1^, cette descendance vraie ou fausse dut être universellement reçue, ce qui suffit pour constater le principe. Pendant la longue durée de son règne^ Théodoric n'oublia jamais de se dire un des Amales; partout il s'en fit un titre^ un honneur et un droit. Il naquit, dit-on, d'une concubine. Ce fait n'est point prouvé, mais, fût-il démontré jusqu'à l'évidence, il n'infirme point le droit héréditaire du roi des Goths. Alors, la légitimité des mariages n'était pas appuyée sur des engagements authentiques ; la promiscuité des- femmes, l'instabilité du nœud conjugal est poussée chez lés rois barbares jusqu'à une sorte de polygamie avouée. Dans la guerre d'invasion qui précéda la conquête
de l'Italie» la mère de Théodoric demeura toujours
* dorici. Régi» O$irogoilioriuii et Itali» , audore Joanas Cochitto
Germano, corn additamentis et anootalioDibus^ quae Sveo-Gotho-
rumexScandia expeditiones et conmercia iliustrant; operâJohau-
iiis Peringskiaeld. » Iii-4^ Stockhoiiniae, A. Cbr. M. D€. XCIX.
(l) Cas, Var. VlH, «, cdilion de Rouen, 1779, T. H, 124.