‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 152 sur 191 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

jours savants, les Goths ne le seront januiis; en revanche, les Goths pourront toujours se défendre contre les Romains sans erainte de représailles* CW ainsi qu'on verra régner dans un empire composé d'éléments si dissemblables une tranquil* lité jusqu'alors inconnue. » Ainsi, par la sagesse et le pouvoir du Roi, la prudence romaniefia rémie à la valeur goMque(l). Il ne faut pas oublier cette phrase officielle, elle est la clef de voûte du système de Théodorie. On la voit reproduite sans relâche et sous toutes les formes dans le recueil de Casaiodore. a A vous les plaisirs, disait le roi au sénat de Rome, à moi les travaux » , en d'autres termes : « je vous promets le loisir et la rhétorique, mais je vous interdis la pensée n (3)«

Un tel système était inexécutable : il y avait là un ordre apparent et un désordre réel, de la symétrie et pas d'unité, Théodorie s'en aperçut* Pour y obvier il fit les Goths et les Romains justiciables des mômes lois. Cette mesure compléta l'égalité déjà établie entre les deux peuples/en les soumettant sans distinction déclasses, au même impôt ter-

(1) «Ot 6C Romanoram virliiteiii ctpereBlec pmdeDtiâm gentimi poisidereDt. » Theod. ad Collotseam. Csm. Ym. III, 9S.

(9) Tliéodoriccondamue en masse ses sujets romains à ce qu'on appelle aujourd'hui en Italie : la vie de eafi , et ses sojets goths à œ qu'on nomme partout la vie de gfamitim. Entre ces deux oisivetés, il ne laisse de place à rien.

ritorial ; c'est dans cet esprit que fut dirigée Tordonnance si connue sous le nom d'édit Théodoricien (1). Jusqu'à la publication de cette charte fa* meuse, chacun des deux peuples gouverné par ses lois particulières avait ses juges» et dans un procès entre Goths et Romains ^ un tribunal mixte prononçait (2). L'application de cette première loi était devenue malaisée* Au difficile, Théodorio sabslitoa l'impossible. Gomment concevoir une légtsbtion uniforme pour un peuple dont un tiers est armé et dont les deux autres sont sans défense ? Avec des conditions d'existence si différentes, si opposées, l'uniformité de la législation n'est qu'un embarras de plus. Les Romains et les Goths protestèrent également. Entre eux il ne pouvait y avoir de commun que la plainte (3). '

Les sénateurs et les' patriciens se sentaient indignés d'être assujettis à l'impôt territorial ; Théodoric avait beau leur dire qu'étant la source et la règle de la loi, ils devaient en donner Texemple, que nommés pères delà patrie, dès les premiers temps de la république, ils devaient avoir pour le peuple

(1) Edtct. Theod. R. ad finem, apad Walt^, Corpus Jorisgermanici anti<iiii> T.I,p. 413. — Le texte de l'édit dans le recueil de Walter est très préférable à celui qu'eu ont publié PiUiou^ Lindenbrog et Canciani.

{«) Cass. Var. VII, 3.

(3) Cass. Var. II, 94, 25.

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