‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 156 sur 191 · LIVRE iv · texte numérisé non relu

LIVRE iv

Placée près de ia met , Ravenne ftivorisait la fuite^ mais le brave Théodoric ne songeait pas à fuir* Des motifs plus élevés ont dû déterminer cette préférence. Cette ville avait été le séjour de la famille de Tbéodose; le long régne d'Honorius en Occident avait coïncidé avec le règne d'Arcadius en Orient. Deux gouvernements de femmes : Placidie et Pulchérie présentaient le même parallélisme. Yalentinien III avait succédé à Placidie sa mère. On trou* vait là un ensemble dynastique et héréditaire, unique dans l'empire Romain; c'en était du moins l'exemple le plus palpable, surtout le plus récent. Le palais de Ravenne conservait encore cette empreinte. Là , Théodoric pouvait se croire l'héritier direci du grand Théodose. Ravenne représentait la monarchie, Rome l'anarchie. La trace d'empereurs éphémères et de conquérants barbares y était encore trop visible , le passé n'y était représenté que par l'aristocratie affaiblie et décimée, mais toujours maîtresse, du sol. Odoacre en avait fait l'épreuve. Son gouvernement ne fut point méprisable , il ne différa guère du régime établi depuis par Théodoric; mais Odoacre habita Rome, il se trouva dans un contact immédiat et continuel avec sa * population, il blessa l'orgueil du sénat dont la haine devint sa perte. Le roi des Goths ne s'y fixa donc pas , toutefois il voulut voir cette ville fameuse et lui rendre hommage dans une visite solennelle;

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Sans perler le titre impérial^ Tliéodorîc parut à Rome comme empereur* Dana cette occafioii le oérémoniaU rétiqueUe, le costume furent em* pruntéa aux Césars. Il n'entreprit même ce tojage qu'a|Mrès atoir obtenu d'Anaatase le retour des ornemenis augustaux envoyés à GonstantÎM^ par Odoacro} offrande d'un iraincu eu d'un rival vindicatif, soit qu'Odoacre ait essayé d'attendrir la eour d'Orient par cette marque de vasselage^ smt qu'il voulût ravir 4 Théodwic on appareil frivole, mais inestimable i ses yeux. Tout le sénat se rendit au devant du roi, hors des portes, ainsi qu'il était d'usage pour les successeurs d'Auguste. In* trodbit dans le sein de la Curie , il y fut harangué. Boêce, comme un autre Pline, prononça le panégyrique du nouveau Trajan. Boëce était de la maison Anicienne« Nous avons vu quelle était la popularité de cette famille dans toute l'Italie. Elle s'y était conservée inlacte; les barbares euxHnémes lui ren*» daient hommage. On raconte que le roi des Bour»* guignons Gondebaud, gendre de Tbéodoric étant venu voir son beau-père à Ravenne ne s'était rendu i Rome que pour visiter Boéce. Homme universel, initié à toute science de son époque : niécanlque> physique^ astronomie, philosophie, rhétorique , rien ne lui avait échappé. Ses vertus, probablement aimables et conciliantes , n'avaient pas moins d'attraits que son savoir. Comblé des premières

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