LIVRE IV
tode pour les statues et les temples dégradés par des invasions fréquentes, il ordonna de les raccammoder (1) t La beauté admirable de ces monumentSy est-il dit dans les formules de Gassiodore, serait souillée par la vieillesse, si elle n'était pas promptement réparée, de même qu'il convient d'habiller le corps d'une seule couleur; ainsi une blancheur égale doit être répandue sur tous les membres d'un édifice ; témoin hi géométrie d'Euclide et d'Archiméde. Il est convenable (2) que l'honneur de l'architecture romaine soit confié à un gardien expérimenté, et que cette admirable forêt de murailles prenne, grâce à d'habiles reconstructions, une forme toute moderne (3).
(1) Napoléon disait que si Rome fût restée sous sa dominalion, elle serait sortie deses ruines : il se proposait de la nettoyer de tous ses décombres , de restaurer tout ce qui eût été possible.
Mémorial de Sainte Hélène, première partie— a De
a ces beaux bosquets de Versailles, disait l'empereur, je chassais Sautes ces nymphes de mauvais goût, ces ornements à la TVrcoa Têt, et je les remplaçais par des panoramas, en maçonnerie, de « toutes les capitales où nous étions entrés victorieux, de toutes «c les célèbres batailles qui avaient illustré nos armes. » Idem. Par bonheur pour Versailles et pour le bon goût^ une autre idée a prévalu , idée vraiment grande et nationale.
(J) Liv. VU, for : XV.
(3) « Quando pulchritudo illa mirabillls, si subinde non reficitur, senectute obrepente vitiatur Quia sicut décorum corpus uno convenit colore vestiri : ita nitor palatii similis débet per universa membra diCfundi » Cass. Var. VU, 5. — « Romanse fabricaedecus convenit peritum haberecustodem ; ut illa mirabilis silva mœnium diligentiâ subveniente servetur, et modcrna faciès operisaffabris dîspositionibus construatur. — Id. VII, 15.
Le séjour deThéodoric fut une fiMe de m mois; fôte brillante » mais fatale à Tltalie et à «on maître, La rencontre du roi et du peuple ne fut qu'un long malentendu. Tbéodoric recueillit des aoelamatioos et crut à de Tamour. Le sénat vit son roi, son en* pereur , plein de courtoisie et de déférence ; il reçut de sa bouche la promesse formelle de gouverner toujours avec les Pères Conscrits, de ne Jamais toucher à leurs privilèges ; le sénat se ernt une puissance politique» et se prit au sérieux. De sourds murmures retenus jusqu'alors s'échappèrent indistinctement; l'éloignemefit classique pour le nom de roi (i) l'aversion instinctive pour l'étranger, vivaient toujours refoulées au fond des cosurs. Cette aversion, avait augmenté la crainte; la haine dissipée , tout le reste se mit i poindre. Ter* rible de loin , ce pouvoir avait été vu et touché ; peut-êtr« , dans cette imitation de la grandeur romaine sur son propre terrain , y avait-il eu quel« que embarras, quelque maladresse. Le Romain est satyrique; Pasquin* n'est pas d'hier. Ce qui était bon à Ravenne au milieu des Goths, des eunuques et des courtisans, pouvait changer d'aspect à Rome ; le ridicule et le respect ne sont pas longtemps compatibles. Les détails caractéristiques de cet
(1) « Rex commuiiis avidos ezitii. » De Consolai. Ptiilosoph. L • * a Ad Ver6 régna regumque familiarilaa effioere polentem valent ? » Id. ill.