PROLÉGOMÈNES . LIX
des premiers rois Francs. Qaant à tout le reste^noosle rejetons absolument, et nous dirons pourquoi.
Mais en nous bornant aux témoignages dont nous avons reconnu la sincëriié, nous devons relever dès à présent, quelques unes deserreurssyslématiquesqui se sont glissées dans les commentateurs et les traducteurs.
On lit au second livre de THistoire Ecclésiastique de Grégoire « Ferunt etiam tune Chlogionem , utileni ac nobilissimum în gente su&, regem Francorum fuisse. Apud Dispargnm castrum habilabat, quod est in termino Thorin-
gorum De hujus stirpe quidam Meroveum Regem fuisse
adseruni, cujus fuit filius Chtidericus. » Les historiens et les traducteurs modernes ont vu lù un doute jeté par Tévèque de Tours sur la filiation mérovingienne de Childéric ; ils y ont vu aussi une preuve de réfection. Grégoire de Tours pe prononce pas ce mot. Il dit : « Chlogionem regem francorum fuisse. » Chlodion /u / roi, et non pas /u/ «7u des Francs. Rien dans son récit n'imprime à son assertion le caractère problématique qu'on lui a donné. Il dit simplement feriury an raconte^ an rapparie.
Dans la qualité de Regales (les royaux) donnée à Mar comir et à Suonon par Grégoire de Tours ^ ses nouveaux traducteurs ont vu des petits rois, des roitelets; mais cette traduction est contraire au texte même, car non seulement Grégoire exprime un doute (cette fois, bien positif sur le caractère royal de ces chefs), mais Tépithète de suhreguli qu'il leur donne plus bas, éclaircit tout. Les subreguU (sousrrois ou vice-rois) ne sont que des délégués, des commandants de troupes et non des chefs de tribus ; des coudotlieri et non des rois. D'ailleurs Sulpicius Alexander distingue formellement ces vice-rois, ces chefs, ces délégués
Lx prolegomànbs.
des véritables rois des Francs dont il reconnaît Teilstence sans nous donner lenrs noms : « lierum hic reUetU tàm dueihuê quàm regalibu»^ aperte francos reges habere
regnum désignât, liojosque nomen praéiermittens •
(Greg. Tur. Lib. II). Si les traducteurs, en mettantrv^ate «im^^u/f pour rois (1), se sont référés comme ils Tindiquent , à Grégoire de Tours , on peut observer que dans le langage de Torgueil romain , les rois barbares n'étaient désignés que comme des lieutenants de Tempire. Ici la traduction est évidemment systématique. Je n'en dirai pas davantage, il me suffit d'avoir signalé ces exemples.
Quant à la loi salique, il est bien reconnu qu'aucune de ses prescriptions, pour la plupart d'ailleurs d'un ordre entièrement différent, n'a trait à l'hérédité royale.
(1) Bq général, la traduction de MM. Goadel et Taranne» est aussi élégante que fidèle, mais ici une préoccupa tien regrettable les a détournés de leur exactitude habituelle. Ils rendent le mot laUn r9^U9^tupèe9dê roù. Nous pensons que même dans la plus basse latinité, il faut chercher dans ce mot une délégation et non un exercice de Tautorité royale; Grégoire de Tours lui-même appellerait un petit roi, non r0gaiis, mais reguims. JUgaili n'exprimerait qu'un lieutenant du roi , un général d'armée, ou, pour parier plus exactement, un chef. Une preuve que Génobande, Marcomir et Sonnon n'étaient pas rois , c'est que Sulpicius Alexander, cité par Grégoire de Tours, les nomme Dmoes,.,. £0101^ pore GenobaudCf Mareomere et Sunmme dudbuSt Frand in Gtrmjamam prorupere. Greg. Tur. Ub. II, cap. 9. Ce qui ne me semble pas deioir être traduit, comme l'ont h\i MM. Guadet et Taranne, par le titre de duc, mais^ar celui de chefs. Sans doute ils se croient autorisés a traduire regaiee, espèces de rois, par la phrase suivante de Grégoire de Tours : «c Gum autem eos regales vocet, nescius ultrnm
reges fuerint an vices tenuerint regum » Mais indépendamment
du doute même de Grégoire de Tours, tout est éclairci quelques lignes plus bas : « Arbogastes, Sunnonem et Marcomerem subregulos Francorum gentilibus odiis insectans. «>
PROLEGOMSNBS. LXI
Il faut dôDC remonter jusqu'à Tacite et surtout à ee passage : « Reges ex nobilitate, duceaex virtute snnunt. »
Montesqiûeti s'est étouoé d'un « gouvernement dans lequel une nation gui a un roi, élit celui qui doit exercer la puissance royale » (1). Il a interprété le passage de Tacite par la situation réciproque des rois fainéants et des maires du palais; mais cet état de choses est postérieur à l'établissement méroTingien dans les Gaules, il date de Cloiaire II, et on ne peut y trouver aucune analogie avec répoqae antérieure à la conquête. Gommait Tacite aurait^il deviné à la fin du premier siècle, ^éligibilité des maires dn palais qui pour la première fois eut lieu dans le septième? Au surplus, le premier membre de cette phrase célèbre constate l'hérédité royale. Reste à concilier cet avea formel avec des notions contradictoires, du moins en apparence.
il y avait parmi les Germains une race royale, mats rien qui ressembiftt à une noblesse ou à un patriciat. Les rois germaniques, c'est à dire les princes, appelés ainsi par Tacite lui-même, conformément au protocole impérial, lesprvfM^M», étaient tels, non par élection, mais dès le berceu.
Ifingnés nobitituê^ aui magna pairum mérita^ prindfù dignaiîanem eliani adotesceniuUi aJsignani, C^mi robuêtknibuë ac jampridem probaiiê aggrêganiur : née rubar inter comité* adspioi. Gradue quinetiant etipee eomUaiue hahet, judieio ejae^ quem eeeian^ tmr : magnaque et camiium cemulaiio , quibue primue apud prineipem euum loeue; ei prineipuum , eut plu-
(I) Espr. des Lois, XXXI» 3.
tXU PRQUBGOliiNSS.
rnm et aeerrimi eomU$$. Hmo digniiaM^ km wiretj magno temper eleciorum juvemum gloto éirommémri^ in paàe deeus^ in bello prœiidium (Germ.XIIL ).
Un excellent iradacteur, interprète (1) ainsi le commen* cernent de ce passage' : • Une naissance illustre où les services éclatants d'un père donnent à quelques uns le rang de prince dès la plus tendre jeunesse. » Nous non» permettrons de proposer une version toute différente :• Lerangdê prince appartient même aua enfanté par le droiidenaie^ eanee ou parlée méritée dee aneitree. » Nous ne disons pas lee eervieee, mais lee miriiee. Il ne s*agit point de ruiililé de la race, mais de ses souvenirs héroïques, mythiques, surnaturels, divins. Dans leurs rois, les barbares n'honoraient point, comme les peuples civilisés, le souvenir des services, mais celui des traditions merveilleuses, telle que la descendance d*uu dieu de la mer, attribuée aux mérovîn-
giens. Ici le mot latin conservé encore dans son sens primitif par TËglise chrétienne, se rapproche de notre mot méritée j par lequel nous caractérisons la protection et l'intercession des saints.
Ainsi selon Tacite, une haute noblesse, Tiliustration des aïeux, coofëraicnt la qualité de chef) même à des enfants;
or, la noblesse, l'hérédité, la famille, étant concentrées dans I2» race souveraine, elle jouissait donc seule du privilège immense et tout monarchique d'arriver au commandement par droit de naissance , s'élevant non seulement ainsi au dessus du choix des hommes, mais du choix delà nature, dominant ainsi non seulement l'élection politique, mais la marche du temps, sauf un cas dont nous allons parier, et
(1) M. Bnrnouf.
PROLEGOMETiES. LXIII
qai suspend Taciion royale dans les étals les plus rëgulië* rement monarchiques.
Ces eufanis princes ou chefs n*éialent et ne pouTaieni être qu'une exception. Tacite l'aurait certainement affirmé, si, dans son allure elliptique, il ne franchissait d'un trait tons les intermédiaires de sa pensée; néanmoins, s'il nel*a pas dit il Ta indiqué. Après avoir parlé de ces chefs au berceau, de ces princes par droit de naissance, il en vient an reste delà jeunesse barbare, aux autres (ceteri) en un mot à la nation. Là se retrouve toute une hiérarchie monarchique; hors de la famille privilégiée, tout est à conquérir; les plus jeunes s'attachent aux plus forts; ils combattent et s'il le faut, meurent pour eux.
A la fin du chapitre Xir, ElingufUur in Uêdem eoft- MiU et prineipes qui jura per pagoiy vieotque reddutit. Ceniém singulit êx phhe eomitet, eoneiliutn timul et auctoriias adeunt est traduit de la manière suivante : • On choisit dansées mêmes assemblées des chefs qui ren« dent la justice dans les cantons et les villages. » Nous soumettrons au savant traducteur une autre version. Nous dirons sans prétendre à lutter de*précision avec Tacite : Dane ees oisembléei , on choint parmi le$ princes ceux qui sont destine's à rendre la justice de cantons en eantoftset de villages enjpUlages ; on leur donne pour tes accompagner^ pour les conseiller et pour appuyer tours arrêts , une^ centaine d'hommes e'ius dans la paptdation de chacun de ces cantons ou de ces villages.
Telle est du moins la seule explication possible de ce passage de Tacite, sur lequel plusieurs savants philologues, jurisconsultes ou historiens, ont essayé en vainderépandre quelque lumière. Nous n'espérons pas être plus heureux ;
. LXIV PROLBGOllàNBS .
notre seul désir esi de ne point faire dire à Tacite ce qu'il n*a pas dit, sans prétendre toutefois à lire pleinement dans sa pensée. Ce passage de la Germanie signifie , selon nons, que c*est dans la corporation des princes,pamii les membres de la famille royale qu'étaient ctioisis les membres de l'assemblée,, les commandants des cantons et des bourgades. Seulement, aux occasions importantes , ils étaient obligés de consulter les notables du lieu, portés par Tacite au nombre approximatif et probablement hasardé, de cent hommes.
' Cela établi, nous allons voir comment tous ces éléments divers pouvaient concourir à l'élection d'un chef de guerre sous les yeux d'un roinné.
On ne supposera pas qu^une élection semblable pût avoir lieu en présence d'un roi dans toute la force du pouvoir et de l'Age. Indépendamment de toutes les preuvesi maté-* rielles, qu'on se figure Théodoric ou Clovis les bras croisés, dans leur camp, tandis qu'un Leude élu entraînerait les homm<^s d'armes à la victoire.-
Il faut pour cela des rois fiiinéants, invalides ou mineurs.
On a abusé des exemples tirés des nations sauvages ; cependant c'est là qu'il en faut venir; il n*y a pas d'autre commentaire possible.
Dans les peuplades de l'Amérique du nord , le chef est toujours héréditaire; seulement la tribu des Follavoines(l) pousse si loin le scrupule du sang , qu'elle défère (oiyours le pouvoir non au fils du père, mais au filsatné de la soeur. La tribu des Chéroquees se compose de soixante mille
(1) Celte dépravttion da sentiment dynastique se retrouve cbes les rais de Syrie et d'Egypte. Pour ne pas Bélanger la race, les Seleucides et les Lagides avalent recours k l*inceste.
PROLEGOMENES. LXV
iDdividus et n'a que quinze à dix-huit familles de chefs, non pas élus, mais issus du Serpent ou de la Tortue, enfin d*origine mythique; et ces familles assistent seules aux conseils de la tribu (1).
Lorsque le chef héréditaire, soit enfance, soit vieillesse, ne peut guider une expédition et se voit contraint de rester sous sa hutte, le plus brave est élu chef de guerre, non pas pour toujours, mais seulement pour le cas présent. L'expédition foite, ce chef temporaire reprend sa place accoutumée et n'en tire aucun avantage, surtout dans sa postérité. L'usurpation serait facile, le respect du sang la rend sans exemple. C'est un brave, d'accord, mais il ne vient ni de la Tortue ni du Serpent.
Les textes contemporains les plus formels constatent l'hérédité de la couronne; ils sont si connus, que nous nous ferions quelque scrupule de les transcrire , si le sijyet que nous traitons Q'en exigeait impérieusement la reproduction, du moins partielle.
« Les Francs sont conduits par des rois chevelus qui, selon la coutume de ce peuple , se succèdent sans inter- ' niption. » Ainsi s'exprime Thistorien de Saint-Remi (2) ; et
(1) Baie Verte (entre le lac M ichigan et le Lac Supérieur). Je dois ces détails à M. de Gastelnau, jeune naturaliste et géologue plein de science et de courage» déjk connu par de nombreux travaux, qui, après avoir passé cinq ans, dans i'amérique du Nord, non seulement li Washington ou k New- York , mais dans les forêts , au milieu des héros de Gowper, y retourne avec une commission du gouvernement et de l'Académie des sciences.
(S) t Sob principibus crinitis juxta morem genlis subinde succe^
deutibos per Turingiam ad Belgise provincie Tornacum atque
Camaracam civitates aggressi sunt. A Kx vita S. Remig. in Duch. T. I, p. 5^.
hXVi PROLÉGOH iNBS.
telle était Tofriaioii des Gaulois, même avam rinvasioa dé* flilitive de la race coDqaérame.
Saiot Avitua de Yienne écrit à Clovla : « Voua rendrei « compte à vos ancêtres de votre roysnité terrestre, et vous « apprendrez à votre postérité que voua avez mérité la cen- « ronne du ciel (1).
Nous ne rappellerons pas les témoignages d'Agatbiaset du pape saint 6régoire*Ie-Grand. En Orient, dans rOccident, à Byzance, à Rome, partout la même opinion.
Clovis, selon Aimoin, succéda à son père par droit béié* taire (2).
En demandant Glotilde en mariage, Glovis disait : « Mon « Âge exige la société d'une noble épouse , de qui sortira « une race royale pour gouverner le royaume après ma « mort (8). ■
Dans le Proemium de ses lois, Rothari s'intitule le soixante-dixième roi de sa dynastie, t^aul Diacre donne la même généalogie, et indique que tous les rois Balthes, Agilulphiens, Amaies, eic«, étaient d'une seule race, celle desAdalinges.
En supposant fa royauté élective dans une nation guerrière, choisîrait-elle des infirmes et des enfants? Taversion des barbares pour les difformités physiques
(1) ir R^tjoiltfcjtfà prôavis (|Qod fégdatis in sascolo; tostîtaitis poMero» 4u6d regnsrtiâ îri Gceio. » Atrrt. epîst. 41. Sirmdn'd. T. H, p. 84.
()) « HeHSditsHio jQrei patri svccessit. » Aim. I, ta.
(3) « Tempus mese xuUs exigit ut socfetur mihi ttiof riôbilis de <fna procédât proies tegia, ^egn1lln p<tet dbftunk ïneuni gabémainra.» Titfr S. GlotSld. Act. SS. B, Saefr. I. ^ Voir Vertot, FoDceiùagne, HMfi. ût FAead. des niscrfp. Datt^ ces derniers temps on les a Xfop d éda i gnés ou trop peu consultés.
PKOLBQOMBIfBt. LXYII
étail eitrème. Un des rois fraoe» (1) vdoaii frappé à l'œil d'ui msU subit et terrible^ qa^àucini médecin n'avait pu guérir ni soulager. • Tous les remèdes, dit Flodoardi étant épuisés » la déplorable maladie d'un seul œil tirait des larmes d'Un grand nombre d'yeux^ parmi le peuple. De son cAté l'esprit du roi était th>tiblé de TÎTes inquiétudes ; il craignait de perdre l'œlli et s'effrayait de la difformité qui en serait la suite ; car il savait que û^ serait aux yeux du peuple un grand désbonnear ^«e d'avoir un roi borgne. »
Comment après cel témoignages, le sysiètne de l'éligibilité des roisA*ancs avant Qotâire II, peat4l être admis un seul instant?
Après avoir observé cheK les Francs les noms de famillOi bornés à la famille royale, un historien (I) très favorable aux idées antidynastiques a été vivement frappé de ce iiit ; on lit dans son histoire de France : La dUtînotl^n iwnmiêMênee H^avak JP autre uim^ chez eux que de U" miter à ufie eeule race^ Vélwthn de ieure roi$^ Bien n'est pins vrai , sauf le mot &iéleeHon qui dans ce eas n'a plus aucun senè, ainsi que le démontre l'historien luimême (1) lorsqu'il dit: Lee Fratiei auraient cru eem" mettre une if 9 justice ^ s'ils avaient dépouille' le fi /s d*un roi du titre de roi^ et d'une autorité égale sur ses compagnons dnrmcs : mais des quils ne voulaient plus de eeprinèe^ ils le fmsaieHt nwurir^ pour né pas lé réduire àthumMiation d^ù;$te condition privée. Sans relever Tin-
(1) thienr, filsâeCtOvià.
(S) M. de SismoDdi.
C3)HisUdesF^.T.l•^
LXVIII PROLEGOMENES.
etaciUade du mol prince , et celle du sens ailribuë m titre de raij nous prenons acte de cet aveu.
Si la royauté n'avait pas été héréditaire, comment y aurait-il eu des rois ftgés de 16 ans, de 2 ans, de k mois ? Comment la régence aurait-elle été déférée aux reinesmères ? Comment aurail-on obéi à un roi paralytique ?
Au surplus 9 pour fixer tous les doutes à cet égard, il suffit de jeter les yeux sur les premières pages de notre histoire nationale. Qu'on relise dans Grégoire de Tours l'aventure de Childeric. Que peut«on conclure d'une anecdote si connue? Le fait est évident, il ne demande ni explication ingénieuse ni recherche subtile. Si la royauté n'avait pas été héréditaire en droit, qu'auraient fait les Francs ?ils auraient choisi un des leurs, ils l'auraient pris du moins dans la race royale ? Que font-ils au contraire? Contre tous les usages des peuples barbares, ils prennent un Romain, c'est à. dire un roi provisoire, une sorte d'en e€u royal; ils n'excluent pas le roi véritable, ils l'ajournent. Puni, amendé, pénitent, Childeric revient ; la vraie royauté revient avec lui, et fait disparaître comme un rêve la royauté fictive. Le vrai roi n'avait pu être remplacé un moment que par la royauté improvisée d'Egidius , d*un romain.
Pour nous résumer, la royauté était héréditaire , non toutefois par ordre de primogéniture , quoique le domaine primitif de famille fût en général spécialement affecté à l'atné; ainsi, Thierry, l'atné des fils de Clovis, eut pour son partage le pays occupé par les Francs avant leur entrée dans les Gaules. Ce qui constituait essentiellement la royauté chez les Barbares, ce n'était ni le droit de primogéniture , ni la descendance masculine au préjudice des mâles, ni -
PROLÉGOMBIIB6. hXlX
aneuDe de ces lois qui varient selon les localités ou les coutumes i c'était avant tout, la possession par la naissance, par le sang (1).
Telle était aussi la royauté asiatique : Tune et l'antre héréditaires.
Il ne faudrait pourtant pas en conclure qu^aucun roi oriental ou barbare n'a été élu ; les dynasties d'Egypte opposeraient à ce sophisme un éclatant démenti. Oui sans doute, cette royauté a été pins d'une fois ^/ne, mais jamais élective.
Dans quelques monarchies, une longue suite de princesse succèdent de père en fils , et cependant le tr6ne y est électif; c'est que l'élection y est principe et l'hérédité accident. (Saint empire romain, sous les Hapsbourg ; Polognesous les Jagellonset les Wasa; Danemark jusqu'à Frédéric III, etc.)
D'autres états, malgré le changement dans la succession, sont foncièrement héréditaires, puisque après une mutation, Thérédité y est immédiatement rétablie. (Angleterre, sous les Tork, lesLancastrc , les Stuarts et les Brunswick ;
(1) Le choix d'an Romain i>our roi des Francs n'en reste pas moins un éTènementbien singulier. S*il était possible de contrôler Grégoire de Tours par d'autres monuments contemporalus, peut-être reconnaîtrait-on quelque erreur, soit dans le fait même exposé par le saint évêque, soit, du moins, dans son dédain pour les coutumes barbares, qu'en sa qualité de Gallo-Franc et de sénateur romain il ne connaissait peut-être que d'une manière générale et vague. Grégoire a pu confondre aisément l'autorité royale (regnum), et le caractère royal (rex). Peut-être Egidius ne futr-il appelé qu'k l'exercice de Tautorité des rois sans en prendre le titre? Quoi qu'il en soit V Histoire £cclétiartiquc de Grégoire est une source non seulement respectable, mais unique. Il faut donc suiyre aveuglément ses indications. Hors de Grégoire de Tours, tout <«t ténèbres. C'est le seul témoignage historique que les falsifications carlovinglennes aient respecté. No Toublions jamais.
hXX FUe&HGOMBlIBS.
Etpugoe 80US les reyes viesfoê et nuwos Ntples , soi» les Angevins et les Aragoneîs, ele.)
La royanié asiailco-germanique apparierait k eette s«oonde catégorie.
Dans la langae politique Slu et électif ne jont pas synonymes.
LE POWOni ET LA JVRZDICTIOH.
IHins l'iniq^igife l^iblio^i/èqa^ qui, ^e^M^ t,roiii i^^ècle^, ^cpmpo^^niqiieiiiefLt 4'^^ init^iss^l^ coq(r41e ^vir Qc^ire hi^^^U^ ii^MpQ^le, la qt^esUpA |;a pins débattue, a été celle-ci : Lepouvpi^ des rois francs é^it-il al^spluoii limité?
Ne pouvant donner une réppnse précise, nous. iio\is s^nrétons d'antaiit i]M>ius k, çe/f hypothèses, ^^e nous nous sommes propo^ de traiter Qon d*t|ne sprte ^e rpy auté, mais 4e la royauté eu général.
|1 nous a suffi, d'établir qu'aucune asse^it|lée des grands oq do peaple p'éiait pé<<e9$aîrç pour élire, le rpi» et qu'elle ^ bornait ^ le recoqnattre ou ^ taeçlaifriçr. Nous çroypns (iu'9 en était ainsi d.e§ ^s^mblées nationales. Le roi barbare t poor éçbai^Ier l'ardeur ou la convoitise de ses homines, avait sans doute besoin de les intéresser au succès de ses espérances ; il était nécessaire de leur représenter par des paroles vives et frappantes, la fertilité du sot qu'ils