‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 163 sur 191 · LIVRE iV · texte numérisé non relu

LIVRE iV

ne s'y réclame de Yercingetorix ; ce sont toujours les lattclaves et les toges, toujours des origines sénatoriales controuvées ou dérisoires; toujours une vanité de parvenus. Dans les Gaules^ tout était sénat depuis les grands municipes d'Arles ou de Trêves, jusqu'aux plus minces bourgades des Aquitaines ou des Narbonnaises.

Dans cette société d'emprunt , les usages étaient calqués sur la métropole avec une pédanterie qui ressort vivement des lettres de Sidoine Apollinaire. Il y avait dans cette vie une puérilité , un apprêt , inhérents à toutes les imitations locales des grands sièj^ d'activité. Certes , il y aurait eu plaisir à retrouver quelques vestiges de la vieille lutte soutenue contre César ; mais quand on voit lés Gaulois ne songer qu'à renier leur origine > et se traîner dans une copie impuissante, on ne prend aucune part à leurs superbes mépris pour la race aux cheveux ardents ramenés sur le front, pour les visages rasés net à l'exception d'une longue moustaehe, pour les habits de toile blanche , ornés d'un baudrier et d'une épée suspendue à un cuir noir. Les railleries de ces provinciaux sont froides et tristes ! Qu'ils s'épouvantent à l'aspect de la francique à deux tranchants, que sur les ruines fumantes de Trêves, ils se remettent à table et redemandent les jeux du cirque! Pourquoi nous associer aux étonnements, aux peurs, aux repu-

gnances de ces hommes dont tout était faux , les noms , les titres , la toge et la pourpre et la chevelure ? Trop oublieux des Gaulois leurs ancôtres , ils croyaient parler la langue de Virgile et s'imaginaient retrouver des Scipion dans leurs AproDculus» leurs Injuriosus, leurs FastidiosuSi voyaient des Sénateurs de la tribu Fabienne dans les citsuliiis de leurs municipalités caduques, singes de la ville» qui ne les avait point portés dans son sein, et qu'à grand tort ils appelaient leur mère; peaple des amphithéâtres, des bains et des prostibales, sauvé par les évoques , châtié par les barbares. Rien n'est plus plaisant que d'entendre Grégoire de Tours appeler famille sénatoriale les bourgeois d'Autnn ou de Garpentras. Cependant ils n'étaient pas toujours dupes de leurs propres illusions, malgré leur adoration pour Tétemité de leur aristocratie municipale, un cri de détresse leur est échappé quelquefois (4).

(1) « Sedéiuii^pervci^aiMireotMa

Igiiaras colimus leges, sanctuinque putamua Rex yeterem per damna seqoi, portavimus umbram Imperii, geoens conteati féne veiusti Et vitia^ et solitam yestiri murice geatem

More niagis quàm jure pati . »

(Sidoine Apollinaire. Panégyrique d'Avitus.)

Maî8 tandis que sar la ptfote de nos alesx dow

cultivons des lois faibles, que nous croyons sacré de suivre à travers le péril une cbose ancienne, nous soutenons Tombre de l'empire , satisfaits de supporter les vices d'une Tîeille domina-

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