‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 166 sur 191 · LIVRE lY · texte numérisé non relu

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meiy mais uoe résolulion tacite de se renfermer dans les bornes d'une modération réciproque. Satisfaits de leur partage , la royauté et Tépiscopat ne portaient pas leurs vues au delà, et demeuraient unis de bonne foi ; cette union était leur force , ils le savaient , et , sûrs de ne pouvoir rien conserver par la discorde , ils n'en firent pas Fessai. Les évoques surtout comprirent bien cette situation , leur prudence contint le vainqueur; ils. se rendirent à la fois agréables, commodes et nécessaires; le mal qu'aurait causé à la conquête une défection, du corps épiscopal résidait bien plus dans la menace que dans l'action; arme émoussée sur le champ de bataille, aiguisée dans l'arsenal. La moindre hostilité de l'épiscopal eût réveillé l'instinct assoupi de la conquête , et dans cette lutte inégale l'esprit aurait assurément cédé à la force matérielle. Les évoques furent toujours les alliés savamment fidèles de Glovis. Abandonnés par l'empire , trahis par le clergé inférieur, ils avaient demandé appui à la royauté barbare , parce . qu'il n'y avait plus de choix possible entre sa protection et ses outrages. Leur adhésion fut donc sincère , du moins dans le premier moment. Placés entre les dernières ruines de Fempire et la ligue simultanée de l'arianisme et du clergé inférieur, ils n'avaient point de condition meilleure à conquérir ou à attendre. Sans doute la royauté dans sa sève et sa vigueur

native opposait quelques obstacles au libre exercice d'une aristocratie hiératique ; mais de tous les inconvénients d'une situation compliquée, celuilà était assurément le moindre.

Ce n'était pas vendre trop cher un appui moral, dont après tout, Glovis pouvait se passer ; il Pau* rait dédaigné en effet, s'il avait été ce chef de hordes sauvages qu'on nous montre dans nos modernés histoires p*l n'aurait pas même compris l'utilité d'-un tel secours. Le vrai Clovis en connut tout le prix. Je dirai plus, sa pensée fut ingénieuse et sa conduite délicate. Dût cette expression sembler un anachronisme bizarre, elle est justifiée par des faits. Soit qu'il fût supérieur à son siècle, soit qu'à tout prendre, certaines intelligences n'appartiennent à aucune époque en particulier, la politique de Clovis envers le clergé , fut remarquable par une grande recherche de soins et même un raffinemaat de courtoisie. Le Barbare, puisqu'on le nomme ainsi, n'oublia jamais qu'il s'adressait à des esprits gracieux, raffinés^ élégants, trempés à ces sources littéraires qu'il ignorait sans doute, mais qu'un instinct divinateur et l'habitude des traditions romaines lui avaient appris à honorer. Nous l'avons vu près de saint Rémi. Nous avons vu la framée du Sicambre s'abaisser devant la bénédiction du pasteur de Reims. Jamais Glovis ne fit sentir aux clercs le poids de cette arme redoutable , jamais

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