‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 167 sur 191 · VRE IV · texte numérisé non relu

VRE IV

deux pouvoirs , liés par un intérêt commun , ne se portèrent un si fidèle respect, ne se traitèrent avec de tels (nénagements. Non seulement Clovis vénéra les évéques et se laissa prendre au charme de leurs vertus » à Tonction de leurs paroles ; il les admit dans sa familiarité, gouverna par leurs conseils, négocia par leur intervention. Entre le roi et le clergé des Gaules , nul débat de suprématie > aucun choc d'autorité. Un concile fut assemblé à Orléans pour faire, avec égalité, la part des clercs et celle du roi. Jamais harmonie si complète n'avait régné entre les deux pouvoirs; leur accord fut unanime; les limites de l'autorité civile et religieuse furent de part et d'autre posées avec une sagesse, une modération, une réserve, dignes des siècles les plus éclairés. Néanmoins, en examinant les canons du concile d'Orléans, on y reconnaît de loin le germe des déchirements futurs de l'Etat et de l'Eglise. Sans chercher à se combattre, sans penser môme à s'é- ' tayer dans Pavenir contre une rivalité probable , la Royauté et l'Eglise touchèrent par instinct à des points déjà sensibles et même douloureux. Déjà l'épiscopat avait paralysé l'hostilité du bas clergé en s'efforçant autant que possible de l'exclure des conciles. Il avait feit plus , il lui avait créé des rivaux dangereux dans les moines qui flottaient entre la hiérarchie ecclésiastique et la liberté civile;

n'apparieDant d'une manière précise ni au siècle abandonné par eux, ni à l'Egliseà laquelle ils étaient restés presque étrangers. Enrôler les oioines, les discipliner pour les opposer aux prêtres , quitte à les surveiller eux-mémea, ce fut donc une des préoccupations les plu» passionnées de l'épiscopat f surtout dans les Gaules. Sans nul doute , la sujétion du clergé régulier à Tordinaire , c'est à dire la subordination des monastères aux évèchés, fut une des garanties demandées à Glovis et peutêtre stipulées avec lui d'avance , pour prix d'un concours zélé et sincère. De quelque façon que l'épiscopal ait fait prévaloir ce vœu j il le réalisa dans ie synode d'Orléans. La juridiction des évoques sur les abbés y fut positivement recon*nue et solennellement sanctionnée. Le roi donna même une garantie contre les séductions de son propre pouvoir. Le concile défendit à tout ecclésiastique de solliciter les faveurs royales sans la permission de l'évoque; singulière précaution prise contre le roi en sa présence. Mais le simple énoncé d'une pareille clause en prouve l'inutilité, et quoique la royauté semblât humblement abdiquer sa prérogative, en autorisant l'expression d^une défiance injurieuse» sa déférence ne lui fai« sait rien perdre. Glovis assura sa position comme roi avec une habileté d'autant plus grande , que cette entreprise très hardie était revêtue des for-

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