LIVRE lY
mes les moins hosUles. Pendant ses trente ans de règne, H avait favorisé Tintroduotion d*un élément nouveau dans le clergé, il avait rompu sans violence l'aristocratie ecclésiastique , en associant aux familles qui depuis longtemps étaient en possession de Fépiscopat , non seulement des membres du bas dergé Gaulois, mais des Francs convertis. Le monopole aristocratique de Tépiscopat gaulois avait déjà été sourdement attaqué dans son principe ; mais l'adroit Glovis lui porta un coup funeste en ayant Tair de lui créer un privilège. On lit dans le quatrième canon du concile d'Orléans : « Il est défendu de donner les ordres sacrés à aucun séculier sans le consentement du roi ou de son délégué, à Texception de ceux dont les ancêtres avaient déjà appartenu au clergé; ceux-là resteront sous la puissance des Evoques (i). » Les prélats de race sacerdotale pu* rent s'applaudir d'un privilège qui semblait les placer au dessus du droit commun ; mais en les distinguant, ce privilège les isolait. Par la multiplicité des ordinations, tant dans la race gauloise
(t) « DeordinaiMMiibiig dericomm IdobservaDdum essedecre- Yimu9, ttt nalltts sseculàrium ad dericaïus offlcium praesamat accedere , nisi aut cum Régis jussione , aiit cum judicia yo- Itttttate ; ita ut filii dericomin , id est patram , avonim ac proa- YoniDi, quoa in aupradictoordine parenium constat obserralioni sttijiinctos y in Episcoporam potestate ac districtione consistant. (Canon. IV) Abbalibus ^ Presbyteris^ omnique ^clero , vel in reli-
que dans les tribus franques» la Royauté détruisait Taristocratie épiscopale en l'absorbant, et se rendait désormais maîtresse des élections ecclésiastiques, ou, ce qui revient au môme, du clergé tout entier. Elle y parvînt également par rétablissement des tribunaux ecclésiastiques , qui semblaient un privilège, mais en réalité , ne Pétaient pas. En multipliant les conciles à Timitation des Eglises d'Orient , en y attirant les évèques hors de leurs circonscriptions particulières, les rois les privèrent de leur influence locale et détruisirent des unités puissantes devenues nulles, depuis qu'elles s'étaient fondues dans les assemblées générales. Appelé à Orléans, par exemple, l'évoque d'Arles ou d'Autun y était réduit à sa propre voix. Le grand propriétaire territorial , le chef né d'une commune, d'une province, disparaissait entièrement, et l'évéque jugé par ses pairs ^ restait soumis, à la seule autorité qui pût l'atteindre, puisqu'il 'échappait par sa puissance personnelle à toutes les autorités locales. Clovis dans l'exercice de son pouvoir, était-il vassal de l'empire d'Orient? D'après une opi*
gionis professioDe yiyeiitibus, sine discnssioDe vel eoiamendaiione Episcoporum, pro petendis beneficiis ad Domnos yenire son lioeat. Qu6d si quisqaam praesumpserit, tam diu locî sui honore eicommunioDe privetur, donec per pœDitentiam plenam ejas sa- Ustaclionem Sacerdos aodpiat. » (Canon VU.) Le CoimU, Annales Ecdesiasiici Francorum. T. I, Auno 511, cap. IX^.Xil , in-folio , Parisiis, 1665.