LIVRE IV
nion (1) souteiiue par des recherches savaotes avec une extrême habileté dans Tari de tronquer et de iprouper les textes, Clovis régna sur les Gaules par une délégation impériale. L'empereur, s'il faut en croire l'abbé Dubos et ses copistes, était le souve^ rain, Glovîs un lieutenant, un vicer-roi, sans autorité qui lui fût propre; la sienne ne résultait point de l'action combinée de la royauté et de la conquête ; ce n'était qu'une concession de la cour de Gonstantinople, et on en donne pour preuve essentielle, le consulat accordé à Clovis par l'empereur Anastase. Riende moins décisif que cette preuve, rien de plus obscur que ce consulat. Grégoire de Tours l'atteste ; Fredegaire n'en parle point ; l'auteur des Gesta, Hincmar, Flodoard,la chronique de saint Bénigne, enfin tous les écrivainsde l'école carlovingienne ajoutent leur témoignage à celui des contemporains, mais ils sont si suspects, le consulat de Clovis entrait si bien dans leur système, que leur adhésion serait plutôt une occasion de doute. Quoi qu'il en soit, Grégoire de Tours l'a dit, et nous devons le croire , du moins devons-nous tOBJours creiro à sa bonne fol ; cependant le vague, l'obscurité de son style, n'en sont pas moins constatés; à en juger seulement par A)n
(1) Mémoires de rAcadémie Royale des Inscriptions et Belles Lettres, T. XX , Paris , 1753 , in-4* v. î. f. Î8l.
rècii, sans l'opposer à d'autres narralioiis (i), on j trouve une contradiction évidente. Clons reçoit les ornements consulaires : un vêtement de pourpre (3). Ce n'était point là le costume des oonsulsi c'était celui des triomphateurs » des empereurs ; d'ailleurs , on ne voit pas son nom marquer l'année dans les fitstes oonsahires ; qu'é«tait-ce donc que le consulat de Ckovis ? A propre* ment parler , il ne fut créé ni consul ni patriëe , peut-être fut-il nommé imperaior ? Le successeur tf AnastasOf l'empereur Justin donna le même titre à un petit souverain d'Asie , Zathius, roi des Lazes; le grec Théophane, en racontant ce fiait, nous montre Zathius se pavanait dans une robe Manche , qui n'était pas plus b robe d^Mperoior que la pourpre de Glovis n'était le vàtement consulaire. Il firat conclure de toutes ces diM^rences , qu'il n'y avait rien de sérieux dan& les titres con* férés par la cour de Gonstantinople aux rois bar» bar es, que ces imperia , ces consulats^ ne basaient point partie intégrante de la biérarohie palatine; qu'enfin , les Byzantins y voyaient des concessions temporairement utiles, mais iHusoires et sans
nulle conséquence. Peut*ètre même brouillait-on
(1) Prosp. AquiUn. Cassiod. Marius Aventicensis.
(9) Tunicam Malteam. ~ Voir la disserution du dac de NiTeroois dans les Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles- Lettres.