‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 170 sur 191 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

à plaisir les titres , les ornements et les diplômes d'honneur^ pour empêcher ces exemples de s'établir; Tun devint consul, l'autre mperaior; à celui«ci, l'éclat de la pourpre tyrienne, à celui-li la blancheur immaculée du lin de Peluse ; tous ces rois bart>ares, consuls, empereurs, comtes des domestiques ^ n'étaient pour les courtisans des Blaquernôs, que des impettslorei de hasard, des rois de circonstance et des comtes surnuméraires. Cette politique n'a jamais été abandonnée ; on la retrouve aux temps des erœsades, à la cour d'Alexis Gomnène. Clovis était créé consul comme un BohiBmond ou un Raymond, patriceetprotosébaste; c'était une concession temporaire, justifiée par Tintérôt du moment. Dans cette circonstance , Anastase tenait surtout à établir aux yeux des peuples d'Italie» son aversion pour Théodoric. Le Goth et le Franc étaient ennemis. En décorant le Mérovingien, leGreo attaquait l'Amale* Glovis ne mit point un prix exagéré à ce don de la munificence impériale; il ne revôtit point à perpétuité, comme Théodoric y les ornements impériaux ; il ne s'en para que l'espace d'une metinée (1).

(l)Ciovisfii don de cette poarpve inuiile au monastère de Saiolr Martin de Tours. L'empereur lui avait envoyé une couronne; Clovis la passa au pape : c'est , selon quelques uns y la première couronne du Trirègne. Rien n'est plus douteux que ce don delà couronne au souverain pontife. Les relations de Clovis avee Rome appartiennent, selon toute apparence, à la grande fabrique

11 suffit d'observer que le prétendu consulat fut déféré à Glovis seulement une année avant sa mort. C'est en 510, vingt-neuf ans après son avènement et vingt ans entiers depub le supplice de Syagrius» filsd'Egidius, dernier et unique défenseur de la puissance romaine dans les Gaules. Si Clovis avait su se passer dé l'attache impériale pendant un long règne , chargé de labeur et de victoires, qu'en aurait-il fait, puissant et respecté? Depuis qu'il a revêtu cette tunica blâma ^ a-t-il changé quelque chose à sa politique? Non, il est resté roi, et sa pourpre surnuméraire est ailée grossir le trésor poudreux du bienheureux évèque de Tours.

Qu'on récapitule en effet toute sa vie dans le sens de son indépendance à l'égard de l'empire. Il entre dans les Gaules, défait les Romains, force leur chef à se réfugier chez les Goths, le réclame impérieusement, l'obtient et Me tue. Ni plainte ni réclamation de la cour impériale. Les cités ro« maines lui ouvrent leurs portes par l'entremise des Evéques. Reims depuis cet événement ne compte plus dans les Gaules par les années des

cariovingienne. — Théodeberiy fils de Clovis, signifia à l'emperenr Justin la défense de prendre le tiire de Francique. — Plus de douze cents ans après , le traité d'Amiens renferme une clause analogue : Les rois d'Angleterre ne s'appelèrent plus rms de France.

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