‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 177 sur 191 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

Elle lui fit y sans la lui déclarer, une guerre législative.

Si ce n'est pas Tunique motif qui dicta le recueil général des lois romaines, on ne peut s'empêcher de mettre au premier rang le désir d'oppo^ ser une agression morale à la domination matérielle des barbares. En suivant de prés, la politique des empereurs d'Orient à cette époque, il est difficile de n^y pas reconnaître ce caractère, depuis les règnes de Zenon et d'Anastase. Dès lors, une opposition perpétuelle fut systématiquement établie. Tandis que Tbéodoric aggravait l'esclavage en Italie et l'introduisait parmi les Grotbs, qui jusque-là n'avaient connu que ia captivité temporaire, imposée par la fortune des armes ; tandis qu'il renouvelait, dans toute leur antique folie, les jeux de l'Hippodrome, et qu'il écrasait d'impôts Goths et Romains, vaincus et vainqueurs, l'empereur grec Anastase abolissait un impôt onéreux nommé cbysargire (1) qui portait principalement sur les pauvres ; il défendait les combats des hommes avec les animaux fëroces, et libérait les esclaves de la servitude personnelle, à charge de ne jamais quitter la terre et de la cultiver comme propriétaires , en payant une rente annuelle à leurs maîtres. La réforme législative avait précédé Justinien , mais seul il en

(1) LeBeao.Histoiredu Bas Empire. Ann. 601.

eul tout rboAoeur pour V^voir continuée , aocomplie et consacrée.

Plus on y réfléchit, plus on asi convaincu que sans la publication des codes gothiques, jamais le Digeste n^aurait existé. C'est une lutte de l'enipire avec la royauté; lutte impuissante dans Taveoir, car l'empire romain ne pouvait pins vivre, mais imposante et sérieuse, et qai, dans ce cas spécial, fut couronnée d'un plein succès.

Le gouvernement des rois Goths d'Italie sentait de loin le coup qui lui était porté. Fermer la Péninsule aux nouveaux codes devint sa première pensée, sa plus vive préoccupation. Grâce à ses soins, les volumes empoisonnés ne franchirent point rillyrie qui était somnise à l'Empire (1); mais quelques miasmes s'en échappèrent sans doute et Airent portés sur les vents de l'AcMatique. Tant de précautions indiquent d'ailleurs suffisamment combien elles étaient vaines. Si même la lettre de ces lois n'a pénétré en Italie qu^À la suite de la domination bysantine, quel dut être refiiel produit porr la nouvelle de leur publication ! Que devinrent tontes ces tètes possédées du souvenir de la république romaine et menacées par le four<* reau jamais vide et toujours suspendu des vainqueurs, lorsqu'elles apprirent qu'au milieu d'une

(1) Le Beau. HiM. du Bus Empire. XLIIl, 9.

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