LIVRE IV
pompe auguste, Justinieii le César, TAùguste, L'AUTOCRATOR, couvert de la pourpre impériaie y s'était rendu au sénat pour lui remettre le reeveîl de la législation romaine , le résumé de la sagesse imperturbable ei de la félické constante du peuple-roi! Le jour des Douie Tables était revenu, et la Grèce, pour la seconde fois, apportait la justice àriialiel Quelle joie, quel orgueil, quelles espéran^ ces!.... Un cri éclatant s'était élevé, répété par tous les échos des Alpes aux Apennins, et du Tibre an Bosphore ; cri refoulé bientôl dans les cœurs par l'épée barbare. Mais vainement, la force de la conquête fut employée à repousser cette agression iiitellectaeUe, le coup était portéj la puissance des Cbolbs ne put s'en relever ; Justinien l'avait frappée au cœur. Bélisaire et Narsès ne firent qu'achever la yictime. Us entrèrent en Italie , et la rapidité de leurs Yicloîres ne fut entravée que par leurs dissentiments extérieurs.
L'Eglise romaine toujours unie au parti sénatorial, seconda le mouvement des Grecs. Il y eut bien quelques papes de race gothique ou partisans des Goths, élus sous l'influence immédiate des rois, malgré la résistance du clergé et du sénat ; il y en eut d'autres, forcés d'aller traiter de la paix à Gonstantinople sans pouvoir ou sans vouloir y réussir ; d'autres encore que la reconnaissance ou l'esprit de parti rangèrentouvertemeni du côté des
conquérants; mais leurs efforts contraints ou volon* taires, furent également impuissants, et après la mort violente ou Yexil des papes attachés aux étrangers, raristocratie romaine d'accord avec Tarmée impériale, élut des évéques qui appartenaient au parti national. Cette époque fut un moment d'éclipse pour la papauté. Arrêtée dans sa marche ascendante, elle ne gagna rien au rétablissement de l'empire en Italie, car les délégués des Césars de Byzance conservèrent soigneusement dans le butin conquis sur les Goths, le droit de surveiller et même de prescrire le choix du pontife romain (i).
La royauté héréditaire implantée en Italie par Théodoric avait été compromise par Amalazonie et avilie par Théodahat Les Goths s'en prirent a l'institution elle-même. Us élevèrent au trône un guerrier d'obscure origine, Yitigès, en lui imposant toutefois, la main de Mathazonte, fille d'Àma • lazonte et petite-fille du grand Théodoric; des violations plus complètes suivirent aussitôt cette première atteinte au droit de la race royale.
Les Goths d'Espagne avaient déjà donné c^ exemple à leurs frères d^Italîe.
Après Théodose lé Grand qui gouvernait les deux royaumes^ son petit-fils Amalaric régna un
(1) Vigile, Pelage I, Jean III, Benoit Bonose, Pelage U.