LIVRE IV
iDstanl, mais depuis Theudis (i) qui n'était point de race royale jusqu'à Athanagilde il n'y eut dans ee pays qu'élections sanglantes et couronnes décernées au gré du hasard.
En Italie comme en Espagne la royauté devint décidément élective. Heldibaid, Evaric, Totila, Theia, étaient étrangers i la race des Amales ou aux Bal thés. Les Goths ne gagnèrent rien à cet emprunt fait par un peuple barbare à un peuple dégénéré.
En abrogeant à l'imitation de Rome, le maintien du pouvoir suprême dans une famille privilégiée, les Goths renoncèrent au seul principe de vie qui pût soutenir un corps en défaillance ; aussi les conséquences de cette malhabile et funeste îmitation ne se 'firent pas longtemps attendre. L'in- Testiture impériale donnée à Alaulphe reparut, stigmate indélébile sur le front de tous ses successeurs. Les Balthes et les Âmales avaient brillé quelque temps encore sur les trônes de Toulouse, de Tolède et de Ravenne; Euric, les deux Théodoric, rois des Visigoths de Galice et d^Espagne^ le grand Théodoric, roi d'Italie, portèrent avec fierté le diadème héréditaire des Ases (2); mais Théodoric mort, il n*y eut plus du Tibre au Bétis,
(1) Procop.— Casa.— Jor.— Isid. Chron. — Frédeg.— Mariana. — Aschbach.
(t) De 419 à 526.
438 HISTOIBE DE LA BOTAUTÉ.^
que confasion el désordre. La fille du noble roi d'Italie expire abandonnée dans une tie sauvage, au milieu d'un lac. Des tyrans élus se suivent pour suceomber honteusement sous des Grecs du Bas-Empire. Seul, Totila, vainqueur de Bélisaire, soutient TeSort de Narsès et ne cède que mort (1); mais il emporte avec lui le nom et la puissance éphémère du royaume gothique d'Italie. Théîa successeur de Totila est le dernier roi de celte tribu ; il ne trouve pas d'autre moyen de gouverner que le massacre du Sénat ; le sang coule, les ruinessont amoncelées, et l'Italie ne se range sous les lois des successeurs de Constantin que pour retomber quelques années plus tardi sous le )oug plus pesant encore des. Lombards.
Les rois Francs se trouvaient dans Tétrange alternative de violer Phérédité royale ou de ne point réaliser l'unité du royaume, qui, cependant, était devenue depuis Glovis, la passion dominante de chacun d'eux. Si le principe de l'hérédité n'avait pas été moins sacré pour nos pères » si l'élection leur avait semblé possible, il n'aurait tenu qu'à eux d'élire un souverain dans toute la race royale et d'exclure le reste, mais ils n'eurent cette pensée que très tard, lorsqu'ils avaient pour ainsi dire,
(1) Quelques généalogisles s'éuienl avisés de faire descendra Napoléon de Totila.