‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 185 sur 191 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

dilaire, mais seulement dans la ligne mascaline (1). La constitution d*Âuthari (2) devint l'objet de l'émulation de tous les hommes libres de TOccident, tous les guerriers s'efforcèrent d'atteindre à ce modèle. C'est là, et non dans Tinterrègne après Klefi, qu'il faut chercher l'origine des fiefs en Europe; mais ne l'oublions pas, ce fut l'emploi et non la terre que dès lors on érigea en fief; ce fut l'inféodation non du duché, mais du gouverne* ment de ce duché. En effets comme toutes les distinctions entre les hommes n'étaient encore déri-» vées que de la délégation royale, ce fut naturellement cette délégation qu'on rendit immobile et héréditaire, avant de songer à immobiliser la terre elle-même.

Ce qui distingue les Lombards de tous les peu-» pies de la même origine» c'est le culte de la femme. Us n'y renoncèrent jamais. Une femme, dit-on, les avait conduits autrefois du fond de l'Asie; une femme fut encore leur reine et leur donna un roi.

Théodelinde est la plus gracieuse figure placée au péristyle du moyen âge. Paul Diacre nous a transmis sa mémoire sous' des traits nobles et charmants.

(1) « His dacibus orbes, domino supremo sibi reservaio , contiesBily qnas ad stirpem Tirilem transmitti voluit. » Gnido PanciroU Thés. Tariarum lectiouum utriusque juris. Lib. I, cap. 30.

(9) Gianoone. Lib. IV. Cap. !.— Sigon,de R. ital. Lib. L

Le roi Auihari avait fiaiit demaiider à Garibalde, roideBavière, une de ses filles en mariage; Garibalde lui promit Tbéodelinde. Les envoyés d'Authari étant retournés auprès de lui» il désira juger de sa fiancée par ses propres yeux. Suivi d'hommes en petit nombre, mais fidèles, il prit sans délai le chemin de la Bavière. U se mêla à sa propre ambassade, et le plus hardi de la troupe ayant été introduit selon Tusage, en présence de Garibalde , lui parla ainsi : « Non maître Authari c m'a envoyé exprès pour voir votre fille sa fian-

< cée, qui sera notre dame future, afin que je « puisse apprendre à mon dit maître avec plus de f certitude quels sont ses traits. » Le roi entendant ces paroles , ordonna qu'on amenftt sa fille. Gomme elle était d'un aspect gracieux, Authari la contempla avec une approbation secrète, bref elle lui plut assez (1). Alors il dit au roi : « Puisque la « personne de votre fille est telle que nous la dési* c rons à bon droit pour notre reine , nous aimeâ rions bien recevoir de sa main la coupe qui

< doit vous être présentée. » Le Roi y ayant consenti, Tbéodelinde ofifrit d'abord le breuvage au plus âgé, ensuite elle le présenta à Authari, qu'elle

(1) «GMmque rexhaecandieus filiam venire jussisset, camque Authari, at eratsatis elegantiforma tacito nuta conteiuplaiu8 esset, eique per omnia salis complacoisset, ait ad regem. v^Paul Diac. 111. lil, 32, apud Muratori Rer. Ilali.T. I, p. Ui.

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