LIVRE r
mix Anlooins. Alexandre Sévère n'ayant pa& voulu se prêter à cette fiction , finit par avoir les prétoiriens contre lui. I4us tard, comme nous le verrons , les conditions changent , les idées orientales pénétrent à la fois dans le prétoire et dans le sénat, devenus moins étrangers Tun à l'autre, depuis <)ue le préfet est choisi parmi les sénateurs, mais qui, par cela même se touchent de plus près et entrent dans des rivalités plus intimes. Par une réaction assez commune entre deux cwps rivaux, ils se réconcilient et se défèrent mutuellement l'honneur d'élire le prince.
Lorsque l'ambition s'emparait des préfets du préKÂre et qu'ils élevaient leurs vues jusqu'au irôoe, ils étaient immédiatement abandonnée et désavoués par les soldats. Que ce préfet se nomme Séjan,.Macron, Perennis, Cléandre ou Plautien, c'est toujours le même fait sous des noms différents. Cette inclination monarchique ou^ s'il était permis de le dire, cette opinion royalUte de la garde des Césars, pouvaitaussi tenir à sa composition: il y avait là beaucoup de Germains, de Belges, de Francs, imbus des idées royales et dynastiques.
L'armée voulait une famille impériale hérédi* taire; l'interruption de cette hérédité ne fut jamais que lecrime des Césars eux-mêmes. Un discours de Tacite jette sur ce fait une vive clarté. Qu'il ait clé composé par cet historien ou textuellement
rapporté, il n'en est pas moins dicté par Tesprii du temps et de la sitoatioo. Couvert de gloire mi« litaire , mais déji arriiré i Tâge du repos, Yespasieo hésite à se jeter dans les hasards el peut-être dans les périls d'une compétition impériale. Mucianus, Tun des chefs de Tarmée, le premier après lui, épuise tous les arguments pour rengager à se déclarer, et termine par le plus puissant , le plus décisif de tous : le nombre de ses fils qui assure l'hérédité dans sa famille. Beaucoup d'ornements de style amènent et développent cette idée, mais voilà je fond (1).
La monarchie imparfaite des empereurs ne pouvait donc s'empêcher d'opposer le prétoire au sénat; mais quel appui qu'un corps militaire qui dans un moment de colère et d'ivresse se saisit de Pem* pire comme d'un butin et le met i l'encan r..«
Un autre motif encore armait les Césars contre le sénat ; ce corps pouvait réclamer la dignité des souvenirs et la majesté des siècles. Les empereurs au contraire ne leur empruntaient rien ; la mémoire d'une vie privée, souvent honteuse et mesquine^ s'interposait entre le peuple et le prince fabriqué à la hftte. Chacune de ses actions était re* portée par la mémoire publique & des époques d'égalité et souvent d'infériorité sociale. I^e point de
(1) «Ta» doDiui triomphale nomen, duo juvenes, capax jaoi (c imperii aller » etc. Tacit. Hist. II, S7.