‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 32 sur 191 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

départ était toujours visible, et les disparates d'une existence si contrastée ajoutaient le ridicule d'une médiocrité native aux souillures d'une domination criminelle. Les Romains ne pouvaient s'empêcher de rire , quand il|i voyaient marcher d'un pas grave et majestueux, ou s'avancer enveloppé dans sa pourpre sur un coursier royal (1), ce même ViieHins qui jadis avait étrillé en casaque de la faction bleue les chevaux destinés aux courses publiques. Lorsque chargé de luxure et de viande , il montait au Capitole, suivi de la garde prétorienne, Tui qui ne pouvait naguère se montrer dans la me, crainte de rencontrer quelqu'un de ses innombrables créanciers , et lorsque les sénateurs baisaient les mains de cette créature immonde dont nul n'aurait voulu jadis approcher sa joue , le peuple ne pouvait mettre un frein à sa bruyante et juste gallé. Btle n'était point partagée par les malheureux créanciers de Vitelfius, qui se mouraient de la peur de perdre leur tôte, après avoir perdu leur argent. Le banqueroutier au laurier d'or s'était dit quitte, en leur laissant la vie (2).

Peut-être ne faut -il rien conclure d'un tel exemple; l'ignoble Titellius, né sur la pourpre^ n'en aurait pas moins été la risée du genre humain.

(t) «lincov SflwtXix^. D Dans Dion et dans son traducteur Xylandre : eqaus regins.

*(S)Dk>.LXV,6.

Vespasien, Tun des plus grands empereursde Rome, mais d'une naissance si obscure que sa femme Do*» mitilla fut contrainte de prouver en justice qu'elle était de condition libre; Vespasien ne put se soustraire à isette fatalité du passé* a Nous lui pardonnons , » criait un jour le peuple mécontent ^ < ce n*est pas son métier d'être prince* » Seule dans l'empire Romain , la maison des Jules pendant la durée de sa puissance aurait pu représenter quelque ombre de dynastie. Elle ne comptait point des siècles de domination héréditaire , mais elle avait dos fables pour génâilogie et surtout César pour ancêtre. Eh bien 1 cette famille eUe-même ne put jamais s'envelopper du prestige héréditaire et dynastique. Caligula massacra Ploiémée, jaloux de l'effist que son costume royal et la mémoire de sa race avaient produit dans un spectacle. « il n'y a qu'un maître « il n'y a qu'un roi, » exdamaii le monstre en imposant silence à des dynastes d'Asie qui se disputaient sur la grandeur de leur cri-* gine (1). Les plus illustres maisons de Rome se croyant supérieures aux héritiers des Césars , le témoignaient quand elles l'osaient (2), et les Césars eux-mêmes étaient importunés de ces souci) Suelôn. Calig. XXli.

(9)« Sed» Piso praBler.patemos spiritas^ Qioris ^ooqiiePlaDdB» Bobilitateet opibos aocendebalur : vix Tiberioooâoedere; libéras ejiasutmQliùDi infraidespecuire. » Tac. Ann. Il, 43.

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