‹ Histoire de la royauté considérée dans ses originesChapitre 34 sur 191 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Gicéron ftvail consacré un temple i la mémoire de sa fille Tullià ; et notre ignorance aciuelle des détails de la vie romaine nous empêche seule de justifier Texemple de l'orateur par des précédents. L'a*potbéose n'était après tout que la béatification des temps modernes ; la dédicace d'un temple à un mort déifié trouve son analogue parmi nous, dans la dédicace d'une chapelle à un saint* L'Eglise la* tine l'a bien entendu ainsi, puisqu'elle décerne à ses élus le surnom de IHvus qui est précisément celui des Césars après l'apothéose. Cette cérémonie, nous le répétons, n'éveillait point des ressentiments comparables à Taccusation de lèse- majesté. Sous un tel titre , la loi la plus douce , la plus indulgente eftt toujours indigné le sénat, qui ne reconnaissait en principe, i la puissance impériale nul droit d'ab* sorber la majesté du peuple et encore moins de défendreau nom des Dieux , sa propre autorité réputée illégitime.

La transmission héréditaire de cette autorité était donc l'objet principal de la haine du sénat. Les Césars le savaient bien. Aussi la guerre dave* nail^elle toujours inévitable, è la suite d'un lé* gne, car elle n*étaft jamais déclarée dès le débet. Tous les princes de la maison de César tenterait une conciliation; ils espérèrent l'amener à la reconnaissance de leur droit par le rétablissement du gouvernement d'Auguste. Néron dans son premier

discours au sénat, annonça formellement cette intention ; maïs raccord des deax principes était impossible. Le sénat ne connaissait point de milieu entre la domination et le servage. A la moindre lueur de liberté, il se -croyait redevenu maître 9 facilement «sclaves, les sénateurs ne pouvaient s'a* vouer sujets; préférant une abdication forcée à un dévouement volontaire^ ils subissaient un joug et ne pouvaient accepter un frein. Dans cet état de choses le César trouvait plus simple de se faire tyran, la force régnait sans partage ^ d'autant plus odieuse ' qu'elle gardait le masque de la légalité.

Par une conséquence des formes parkmenlaires de cette époque , le prince qui peut tout doit feindre de ne rien pouvoir. Ses décrets sont des projets, ses choix des propositions. Il désigne ; le sénat avise et nomme* Il rend compte de tout aux pères conscrits ; il attend d'eux des récompenses ; les grâces , les ovations , les triomphes, émanent de cette assemblée. Humble client, le prince sollicite et le malheureux sénat croit conserver les restes vénérés de la liberté antique dans ees formes menteuses , instruments de torture qui le contraignent non* seulement i servir en paix, mais à flatter sous la hache*

En descendant aux temps modernes, on rencontre un terme de comparaison : les Césars trailèrenl te sénat comme, quinze siècles plus tard ,

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